JùicLm
ET UE L’iNIELLIGENCË DES AfclMAUX. . \ 1
« voit toutefois que les mêmes n’en témoignent « point du tout en beaucoup d’autres : de façon « que ce qu'ils font mieux que nous ne prouve « pas qu’ils ont de l’esprit, car, à ce compte, ils « en auraient plus qu’aucun de nous, et feraient « mieux en toute autre chose ; mais plutôt qu’ils « n’en ont point, et que c’est la nature qui agit « en eux, selon la disposition de leurs organes « « ainsi qu’on voit qu’une horloge, qui n’est com- « posée quq de roues et de ressorts, peut compter « les heures et mesurer le temps plus justement « que nous avec notre prudence *. »
Descartes conclut donc, de ce que les bêtes ne parlent pas, qu’elles sont, sans intelligence. Et quand on comprend bien, en effet, ce que c’est que la parole 1 2 , cette expression, créée par l’homme,de l’intelligence de l’homme, on comprend bien aussi tout ce que la première preuve de Descartes a de force.
Sa seconde preuve estd’une sagacité non moins profonde. Ces industries singulières des animaux, ces choses qu’ils font mieux que nous, ne prouvent pas en effet pour leur intelligence, elles prouvent contre ; elles montrent, pour me servir des expressions heureuses de Descartes"lui-même, que,
« au lieu que la raison est un instrument uni-