‹ De l'instinct et de l'intelligence des animaux (volume 2)Chapitre 66 sur 170 · Médecin espagnol qui écrivait vers le milieu du seizième · texte numérisé non relu

Médecin espagnol qui écrivait vers le milieu du seizième

Le système des bêtes-machines tient à toute la philosophie de Deécartes.

Descartes lisait très peu : très probablement,' il n’avait pas lu Pereira.

Ce qui, d’ailleurs, est tout à fait neuf dans ' Descartes, ce n’est pas le système ; c’est le grand ordre d’idées d’où il a fait sortir le système.

Je trouve des traces du système des bêtesmachines jusque chez les anciens. Plutarque le réfutait déjà, et à sa manière, o’est-à-dire avec autant de bon sens que d’esprit.

« Et quant à ceux, dit Plutarque, qui parlent « de cela si lourdement et si impertinemment « que de dire que les animaux ne se réjouissent,

« ni ne se courroucent, ni ne craignent point ;

« que l’arondelle ne fait point de provisions et « que l’abeille n’a point de mémoire, mais qu’il « semble seulement que l’arondelle use de pré- « voyance, que le lioh semble se courroucer, et

la biche trembler de peur, je ne sais pas ce qu’ils « répondroyent à ceux qui leur mettroÿeni en « avant qu’il faudroit donc aussi dire qu’ils ne « voyent et qu’ils n’oyent point, et qu’ils n’ont « point de voix , mais seulement qu’il semble

siùcle. Voyez son livre intitulé (du nom de son père et de ta mère) Antoniana-Margariia.

« qu’ils voyent et qu’ils oyent et qu’ils ont voix, « et brief qu’ils ne vivent pas, mais qu’il semble « qu’ils vivent. Car dire l’un ne seroit pas plus « contre toute manifeste évidence que l’autre*.»

H y a sur le système des bêtes -machines uu Dialogue de Fénelon, où je remarque plus d’une critique très fine. Je parle du Dialogue intitulé : Aristote et Descartes.

Descartes, voulant expliquer la poursuite du lièvre par le chien, suppose, dans le chien, des ressorts très délicats, qui, touchée par les corpuscules du lièvre, tirent le chien vers le lièvre.

« Mais (répond Aristote), quand le chien est en « défaut, et que les corpuscules ne viennent plus « lui frapper le nez, qu’estrce qui fhitque ce chien « cherche de tous côtés jusqu’à ce qu’il ait re- « trouvé la voie? »

On ne peut s’occuper des animaux, surtout de leur intelligence, de leurs habitudes, de leur instinct, et oublier La Fontaine.

Qui ne connaît cette fable où le bonhomme , si grand philosophe, expose, avec tant d’esprit, le système des bêtes-machines î

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