‹ De l'instinct et de l'intelligence des animaux (volume 2)Chapitre 8 sur 170 · Œuvres de Descartes , tome VII, page · texte numérisé non relu

Œuvres de Descartes , tome VII, page

4. Il suppose un homme qui n'aurait jamais vu que des hommes, et qui aurait fabriqué lui-même des automates si parfaits que, sans les deux moyens indiqués plus haut (le manque de la parole et l'impossibilité de nous imiter en tout), « il se serait « trouvé empêché à discerner entre de vrais hommes ceux qui ■ n’en avaient que la ligure. » C'est cet homme qui, voyant ensuite les animaux qui sont parmi nous , jugerait que ce sont des automates, puisqu'ils manquent également de la parole, et qu'ils sont également dans [ impossibilité de nous imiter en tout.

« aucun vrai sentiment ni aucune vraie passion»

« comme en nous, mais seulement que ce se-* • « raienj des automates qui, étant composés -par « la nature, seraient incomparablement plus ac- « complis qu’aucun de ceux que l’homme fait « lui-même. » Voilà dono l'automatisme des bêtes posé d’une manière absolue.

Mais, dans une autre Lettre où il ne s’agit plus de ce que penserait un homme placé dans telle ou telle condition donnée, où il s’agit de sa propre pensée à lui, il dit : « Ibfaut pourtant re- « marquer que je parle de la pensée, non de la « vie ou du sentiment; car je n’ôte la vie à aucun « animal... Je ne leur refuse pas même le senti- * « ment autant qu’il dépend des organes du corps.

« Ainsi mon opinion n'est pas si cruelle aux ani- « maux... »

Ces paroles sont remarquables ; et, dans le fond, elles tranchent la question. Descartes n’ôte aux animaux ni la vie, ni le sentiment ; il ne leur ôte que la pensée. Ses automates sont donc des automates qui vivent, des automates qui sentent; ce ne sont donc pas de purs automates.

Ainsi donc, une fois le sentiment accordé aux * bêtes, la question change. Ce n’est plus la question du pur automatisme; c’est la question de ce

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