‹ De l'instinct et de l'intelligence des animaux (volume 2)Chapitre 97 sur 170 · Quels animaux sont les plus ndvists · texte numérisé non relu

Quels animaux sont les plus ndvists

imagina de se servir, pour cela, d 'acide prussigue.

On versa donc quelques gouttes de cet acide dans de petits gâteaux. A la vue des gâteaux, les ours s’étaient dressés sur les pieds de derrière ; ils ouvraient la bouche : on réussit à faire tomber quelques gâteaux dans leur bouche ouverte} mais aussitôt ils les rejetèrent, et se mirent à fuir. On pouvait croire qu’ils ne seraient plus tentés d’y toucher.

Cependant, nous vîmes bientôt les deux ours pousser, avec leurs pattes, les gâteaux dans le bassin de leur fosse ; là, les agiter dans l'eau ; puis les flairer avec attention ; et, à mesure que le poison s’évaporait, s’empresser de les manger.

Ils mangèrent ainsi tous nos gâteaux très impunément : ils nous avaient montré trop d 'esprit pour que notre résolution ne fût point changée ; nous leur fîmes grâce.

Nous avons eu, dans ces dernières années, un jeune orang-outang. J’ai pu l’étudier, et il m’a souvent étonné par soû intelligence.

On se rappelle ce qu’a dit Buffon de Y orangoutang qu’il avait observé. « J’ai vu cet ani- « mal présenter sa main pour reconduire les « gens qui venaient le visiter, se promener gra- « veraent avec eux et comme de compagnie ; je « l'ai vu s’asseoir à table, déployer sa serviette.

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« s’en essuyer les lèvres, se servir de la cuiller « et de la fourchette pour porter à sa bouche, ver- « ser lui-même sa boisson dans un verre, le cho- « quer lorsqu'il y était invité, aller prendre une « tasse et une soucoupe, l’apporter sur la table, <* y mettre du sucre, y verser du thé, le laisser « refroidir pour le boire, et tout cela sans autre « instigation que les signes ou la parole de son « maître, et souvent de lui-même. Il ne faisait « du mal à personne, s’approchait même avec « circonspection, et se présentait comme pour « demander des caresses, etç . 1 »

Notre jeune orang-outang faisait toutes ces choses. Il était fort doux , aimait singulièrement les caresses, particulièrement celles des petits enfants, jouait avec eux, cherchait à imiter tout ce qu’on faisait devant lui, etc.

Il savait très bien prendre la clef de la chambre où il était logé, l’enfoncer dans la serrure, ouvrir la porte. On mettait quelquefois cette clef sur la cheminée, il grimpait alors sur la cheminée au moyen d’une corde suspendue au plancher, et qui lui servait ordinairement pour se balancer. On fit un nœud à cette corde pour la rendre plus courte ; il défit ce nœud.

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