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LES MOUVEMENTS DES PLANTES

cose, se forme et s'emmagasine daus le renflement; là elle appelle à elle Thumidité ou les liquides de la plante, s'en imbibe comme une éponge, et la tige devient rigide. Mais la glycose se décompose peu à peu, elle disparaît, et avec elle l'eau emmagasinée dans le renflement; alors les folioles redeviennent flasques.

C'est donc à la glycose que sont dus les mouvements si curieux de la plante; or, la glycose, à son tour, doit son existence à la lumière ; sous l'influence de la lumière, elle se forme; dans l'obscurité, elle se détruit. Donc pendant le jour, elle s'accumule peu à peu dans les renflements; il y a concentration de l'humidité et rigidité progressive des tiges. Ces phénomènes ont lieu graduellement et s'accentuent de plus en plus. Puis, vient la série des phénomènes inverses, et ainsi de suite, à intervalles réguliers et périodiques.

Et voilà comment ce merveilleux instinct, cette sensibilité apparente se transforme en une action chimique qui détermine une action mécanique.

La rotation exécutée par le tournesol,et quilui a valu son nom, les mouvements analogues d'autres plantes — l'héliotrope — dont les tiges suivent pour ainsi direlesoleil dans sa marche et seprésentent à lui sous une inclinaison constante, mouvements qui auraient

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pu passer pour instinctifs, proviennent d'une différence d'énergie entre les deux points opposés d'une même tige, dont l'un est frappé par le soleil tandis que l'autre est dans l'ombre, différence dont la première

cause est la formation de la glycose. De là résulte le mouvement, et comme le soleil tourne, les divers points du renflement sont successivement frappés par le soleil, et le mouvement se propj^e Je proche en proche dans tout le pourtour de la tige.

LES pi.antks sont-elles sensibles? 31

Les plantes sont-elles sensibles? — L'anestliésie des plantes. — Sensibilité générale. — Sensibilité spéciale. — Instinct général. — Instinct spécial.

On s'est demandé si la plante est insensible, si la douleur lui est étrangère, si l'on peut lui arracher la vie sans qu'elle en souffre. La question n'est pas indiscrète; toutefois défions-nous d'un mouvement de pitié provoqué par des apparences et qui tournerait à la sensiblerie.

L'expérience va nous prouver qu'il existe une sensibilité générale dans tous les corps vivants, sensibilité essentiellement différente de celte propriété de la matière nerveuse grâce à laquelle nous ressentons, et le plaisir, et la douleur. Tout être vivant, ou mieux encore toute substance vivante, est sensible, si l'on entend par sensibilité les modifications produites dans les êtres vivants par ce qu'on nomme des stimulants, c'est-à-dire par l'humidité, la chaleur, l'électricité, le son, la lumière. La matière vivante réagit sous l'influence des stimulants, et c'est là ce qui constitue la sensibilité commune aux plantes et aux animaux.

La première phase de la sensibilité est la même pour tous les êtres vivants, depuis le plus humble végétal jusqu'à l'homme. Ce* sont les modifications

de la msi^tière vivante produites par les stiraulants* Pour la plante, tout s'arrête là; pour Tanimal, il existe une seconde phase : c'est l'action produite comme conséquence ou par continuité sur le cerveau. Une corde vibre, par exemple : le mouvement vibratoire se transmet à diverses parties de l'oreille et gagne le nerf acoustique ; jusque-là, il n'y a qu'un mouvement d'une certaine nature et des changements produits dans le nerf sous l'influence de ce mouvement. Puis

L'impression se fait : le moyen, je i*ignore.

Nous entrons alors dans le domaine de la philosophie, devant le seuil duquel s'arrête le physiologiste bien avisé. L'œil est-ii frappé par les rayons lumineux, le nerf optique est modifié : c'est la sensibilité au point de vue du physiologiste. Puis la sensation se produit ; l'œil voit oixregarde : c'est alors la sensibilité dans sa véritable acception. 11 ne s'agit que de s'entendre et de ne pas confondre des phénomènes distincts sous une appellation unique.

Mais, même dans la première phase, la sensibilité est-elle identique chez tous les êtres vivants? Oui, dit Claude Bernard, il n'y a qu'une sorte de sensibilité, puisque plantes et animaux, soumis à l'action de l'éther, du chloroforme et, en général, de ce qu'on

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