RESSEMBLANCES ENTRE LES PLANTES ET LES ANIMAUX
les végétaux et les animaux ont plus de points communs qu'on n'est tout d'abord disposé à le croire? que la nature, avare de causes et prodigue d'effets, nous montre une grande variété de phénomènes dont le point de départ est unique? que ce n'est pas sans raison si certains faits de la vie végétale ou animale nous paraissent analogues?
Nous restons confondus lorsque nous voyons les algues pondre des graines animées qui se meuvent dans l'eau grâce à de nombreux appendices déliés (Thurel).La graine mobile finit par se fixer et donne alors naissance à une plante.
D'autre part, l'éponge, la méduse laissent échapper des œufs mobiles comme les graines de l'algue et qui se fixent pour donner naissance à un animal immobile.
Sur ces confins des deux règnes, la nature semble se plaire à les confondre et à ne pas tracer de ligne nette de démarcation : elle accorde le mouvement à la plante tandis qu'elle immobilise l'animal; elle leur donne des modes de reproduction identiques : l'animal et la plante se divisent pour se multiplier. Elle semble se dire en pétrissant la matière :
Sera-t-il dieu, table ou cuvette?
N'aurait-elle pas également attribué des instincts
communs aux êtres vivants? — Si le mouvement est possible sans l'aide des nerfs, il est involontaire et fatal, en un mot, instinctif. Or, la cause des mouvements de l'être dépourvu de nerfs est en dehors de lui; il y est soumis, il y obéit. Rien ne s'oppose donc à ce que l'animal exécute des mouvements provoqués par des causes extérieures. La graine se déplace sans volonté, l'animal se fixe de même. Les mouvements sont toujours involontaires ou instinctifs chez les plantes et chez certains animaux ; ils sont tantôt instinctifs, tantôt volontaires chez d'autres.
Similitudes. — Instinct ou propriété. — Unité d'instinct. — Manifestations diverses. — L'instinct chez les animaux. — Distribution des instincts. — Ordre suivi dans cette étude.
Nous avons beau chercher des différences, nous ne trouvons que des analogies entre ces phénomènes mystérieux et ceux qu'on rapporte à l'instinct dans le monde animal. Aucune réflexion, aucune volonté n'accompagnent ces actes du végétal absolument nécessaires à son existence et à l'existence de son espèce, qui s'accomplissent fatalement, mécaniquement, -avec une précision, une sûreté, une perfection que rien ne peut troubler. Le caractère nécessaire,, fatal et parfait de l'instinct se retrouve là comme chez l'animal; et comme chez l'animal,