‹ De l'instinct et de l'intelligenceChapitre 18 sur 46 · DISTRIBUTION DES INSTINCTS · texte numérisé non relu

DISTRIBUTION DES INSTINCTS

nous empêcher d'éprouver un sentiment de défiance. (( L'instinct n'apparaît, dit M. Henri Joly, que lorsque apparaît un mouvement qui n'est plus la continuation d'un mouvement antérieur. î>Mais qu'en sait-on? Ne croyait-on pas, avant les récentes expériences de M. Paul Bert, à un mouvement spontané des plantes? Qui saîl si l'on ne découvrira pas la cause extérieure des instincts? Où voit-on l'origine des attractions et des répulsions magnétiques ou électriques? Dans les frottements qui ont précédé, dira-ton. Eh bien, la vie du nouvel être a aussi son origine, son point de départ dans l'être qui lui a donné naissance. En un mot, la vie ne naît-elle pas de la vie? La graine ou l'œuf ne contiennent-ils pas cette puissance, sorte de mouvement condensé, qui assure leur développement dans un ordre déterminé? 11 n'est pas exact de dire que l'animal introduit dans le monde un mouvement nouveau dont la cause immédiate est en lui-même. La cause est transmise par la chaîne des êtres qui se transmettent la vie. L'échange et la transformation des mouvements ne se manifestent pas seulement dans la nature inorganique.

D'ailleurs, quelque surprise qu'on éprouve de ces. similitudes entre les trois règnes, sommes-nous moins surpris de voir les êtres les plus divers emprunter au même fonds les éléments matériels dont ils se composent, ou de voir une pierre, un arbre, un animal également soumis à l'influence de

la pesanteur? Un homme se laisse tomber, et une pierre tombe, bien que la vie et Tintelligence animent le premier et non la seconde. La pesanteur ne perd pas son empire sur la matière, même lorsque cette dernière est entraînée dans le tourbillon vital. L'attraction est dans le monde au même titre que la vie ; les phénomènes que nous attribuons à ces deux causes se^nèlent sans se confondre. Laissons de côté les dénominations, les étiquettes, qui nous troublent et qui ne font que déguiser notre ignorance des causes véritables; n'observons que les phénomènes, et alors les transmissions et les transformations de mouvements, quelles qu'elles soient, nous semblent possibles, et la simplicité relative des uns, la complexité des autres résultent de la diversité et de la multiplicité des conditions dans lesquelles ils se produisent.

N'oublions pas d'ailleurs que l'affinité varie selon les corps mis en présence, que tous les végétaux n'offrent pas les mêmes manifestations instinctives, et que chez les animaux on remarque une très grande diversité dans ces mêmes manifestations. Encore une fois, la variété des adaptations, des moyens et du but n'est pas ce qui importe ; nous devons nous attacher à examiner si partout l'instinct se montre avec ses caractères propres.

Aux actes instinctifs s'ajoutent, chez les animaux,

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