L'IHSTIMCT DE CONSTRUCTION. — LE CASTOR
ses pattes postérieures palmées comme celles des canards, et, en général, des oiseaux aquatiques. Aussi est-il excellent nageur et plongeur, et habitet-il le bord des eaux.
Les castors \iverit de deux manières, selon les nécessités de la vie. Isolés pendant une partie de l'année, ils se réunissent vers le mois de juin au nombre de deux ou trois cents pour exécuter cer-
tains travaux destinés à maintenir constant le niveau des eaux dont ils habitent les bords. La profondeur doit être suffisante pour que l'eau ne se congèle qu'à la surface. Si le lac auprès duquel ils s'établissent est assez profond, ils se contentent de bâtir des huiles; dans le cas contraire, ils construisent un barrage. — Il importe en effet pour ces animaux de pouvoir abriter leurs provisions dans l'eau, car à l'air libre ou dans les terriers les fragments d'écorce ou de tendres rameaux ne se conscr-
veraient pas dans un état de fraîcheur convenable.
Après avoir choisi l'endroit où ils veulent s'établir, les castors se mettent en mesure d'élever un barrage; dans ce but ils cherchent, dit-on, en amont du cours d'eau, les arbres qu'ils se proposent d'utiliser, afiji qu'une fois abattus ces arbres soient transportés par le courant au point marqué où les dispositions sont prises pour les arrêter. Ils rongent les arbres à une petite hauteur au-dessus du sol et du côté qui est en regard du cours d'eau, de sorte que, manquant d'appui de ce côté, les arbres tombent dans le courant qui doit les transporter. Il y aurait là deux faits importants à signaler s'ils sont exacts : l'utilisation du courant comme moyen de transport et le mode d'abatage; ce ne seraient pas seulement des actes d'intelligence, mais d'une intelligence remarquable. — Poursuivons.
L'arbre abattu, on le dépouille de ses branches, puis on plante des pilotis. Tandis qu'un castor tient un pieu verticalement, d'autres creusent la terre au pied, enfoncent le pieu et l'enterrent en partie. Ils lient ensuite les pieux à l'aide de rameaux flexibles et enfin complètent leur travail en recouvrant le tout d'une sorte de mortier qui lui donne la solidité nécessaire.
On aurait remarqué que le bajTage est courbe et qu'il présente sa convexité au courant, ce qui diminue la pression exercée par les eaux; que la