DE QUELQUES ARTICULÉS
LES ARAIGNEES
L'araignée vulgaire sera l'objet de notre premier examen. La ménagera ne voit pas sans ennui ces toiles tendues dans les angles des plafonds ou le long
L'araignée des jardins.
des corniches, mais le naturaliste et l'artiste admirent l'habileté du petit animal qui construit avec beaucoup d'art son fragile édifice. Le corps des arachnides, on le sait, se compose de deux parties, la
première se compose de la tête et de la poitrine réunies (céphalothorax), la seconde est l'abdomen. Elles possèdent quatre paires de pattes et huit yeux disséminés sur la' tête. A l'extrémité inférieure de l'abdomen on peut voir les filières, sortes de petites mamelles d'où sort le liquide épais et visqueux. qui devient un fil soyeux en se séchant au contact de l'air.
Ce fil, d'une grande finesse, est formé d'un grand nombre d'autres fils incomparablement plus déliés et que le microscope seul permet de voir. Le liquide est filtré à travers de nombreux trous microscopiques comme l'eau à travers les trous de la pomme d'un arrosoir, pjiis ces divers jets se rassemblent avant de sortir par l'ouverture unique de la mamelle.
L'araignée dévide pour ainsi dire son fil, et jette d'abord quelques brins destinés à former une sorte de charpente qui encadrera la toile proprement dite. Elle fixe à ce cadre les extrémités des fils équidistants qui viennent comme autant de rayons se réunir à un centre. Elle unit ensuite ces rayons par des fils transverses qui forment les côtés de polygones concentriques équidistants ; le réseau est terminé. — Si un rayon de soleil vient se jouer dans ce filet élégant, régulier et léger, la lumière blanche, en se heurtant contre les fils, se décompose en nombreux arcs-en-ciel, dont les brillantes couleurs se montrent successivement par groupes variés selon l'inclinaison ou l'étendue des rayons de la toile.