LES ICHNEUMONS
L'insecte de proie. -♦• Auxiliaire de l'homme. — L'inoculation.
L'auscultation.
Le jardinier voit avec terreur les chenilles de la piéride qui dévorent ses choux. Il n'en restera bientôt plus de ces feuilles larges et plantureuses : le petit animal broute constamment et ne cessera de brouter que lorsqu'il aura atteint son développement complet de larve. Tout à coup on aperçoit au-dessus du plant un insecte assez gracieux : sa tête fine est
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rehaussée par d'élégantos antennes, délicates, souples, déliées, d'une mobilité extrême; ses petitsyeux sont vifs, sa taille est svelte, son abdomen un peu lourd. Il plane en imprimant un rapide mouvement vibratoire à ses ailes légères et brillantes. Observez l'extrémité du corps ces longues soies fines mai?
résistantes, l'une d'elles est creuse comme un tube et pointue comme une aiguille, par là sortent les œufs de l'animal : Cet insecte est un ichne.umon
{microgaster).
L'ichneumon plane au-dessus des choux comme un oiseau de proie, et dès qu'il aperçoit une chenille, il fond sur elle, l'étreint de ses six pattes, et, recourbant son abdomen, il plonge son aiguille dans le corps de la chenille. En même temps, un œuf glisse dans le conduit et pénètre par la blessure dans le corps de la chenille. Il vient à la
charge à plusieurs reprises et chaque fois dépose un nouvel œuf. C'est là, on en conviendra, un singulier instinct. Si l'on ohserve avec attenlion le manège de l'animal, on s'aperçoit, ^on sans étonnement, que l'ichneumon pond un nombre d'œufs proportionné au.corps de la chenille. Aussi la ponte, commencée dans le corps d'une chenille, s'achève quelquefois dans le coi'ps d'une autre. L'ichneumon vise-t-il un but, ou plutôt voit-il le but qu'il atteint en mesurant ainsi le nombre de ses œufs au corps de sa victime? On pourrait le croire, car la chair de
la chenille est destinée à servir de pâture aux larves ou vers qui vont sortir des œufs. Il faut donc des provisions en quantité suffisante pour que les larves ne meurent pas de faim.
En admettant que l'ichneumon agisse avec connaissance de cause, un n'en saurait dire autant des larves, qui en dévorant la chenille ne touchent pas d'abord aux organes essentiels, dont la perte entraînerait celle de l'animal lui-même. Elles ont soin de contourner ces organes, de ne pas entamer la peau qui doit leur servir d'abri. Dans l'intérêt des larves