L'ICHNEUMON
mêmes, la chenille ne doit pas mourir avant qu'elles aient atteint leur développement complet. Au dernier moment seulement les organes seront dévorés à leur tour, la chenille mourra ; mais les larves seront parvenues au terme de leur existence de larves. Mort de l'une, développement complet des autres, sont deux faits simultanés ; provisions et abri, tout a disparu en même temps, lorsque l'un et l'autre n'étaient plus nécessaires.
Si les actes de l'ichneumon pouvaient à la grande rigueur passer pour intelligents, on ne saurait accorder aux larves l'intelligence profonde, l'expérience, le savoir que suppose leur manière de vivre et d'agir. Il y a là un instinct des plus bizarre s et des plus curieux, immuable, parfait, propre à l'ichneumon, etauquelcet animal est inévitablement soumis par le fait de son organisation, puisqu'il possède un oviducte qui est en même temps un aiguillon .
Tous les ichneumons ne procèdent pas de même : Uophion dépose ses œufs à la surface même du corps des chenilles, à laquelle ils restent fixés par un appendice visqueux comme de petits grelots suspendus. Au moment de leur naissance, les larves restent à demi engagées dans l'œuf, et ne sortent guère que la tête, juste assez pour pouvoir ronger à même la chenille sans se déranger.
Un autre ichneumon, Véphialtès^ découvre avec une sûreté surprenante, et peut-être au moyen d'un flair subtil, les larves cachées dans l'épaisseur du tronc des arbres. Celles-ci se croyaient bien en sûreté et rien ne semblait trahir leur présence.
Mais l'éphialtès court sur l'écorce, frappant à coups redoublés à l'aide de sa tarière ; il sonde, il ausculte le tronc.
Tout à coup il s'arrête ; il a reconnu l'existence d'une larve, et alors, à travers une fente invisible à nos yeux, il insinue son aiguillon et atteint la larve qui paraissait si bien abritée.
Femelle da fœnc lancier (voisin des ichneumons ).
La tarière n'est pas de même longueur pour tous ces insectes; or chacun vit sur les arbres dont l'écorce a une épaisseur proportionnée à la longueur de sa tarière. Dira-t-on que l'animal Ta voulu ainsi? Ne voit-on pas au contraire, dans cette adaptation des organes aux fonctions, un caractère évident de l'instinct?