L'ICHNEUMON
Passons d'une étrangeté à une autre plus grande encore ; voici un ichneumon qui choisit, pour y pondre ses œufs, non l'intérieur ou la surface du corps, mais les œufs d'un autre insecte. Dans chaque œuf il en met un des siens qui,éclos avant l'autre, donne naissance à une larve qui mangera le premier œuf. De Geer, le Réaumur suédois, reçut un jour une feuille sur laquelle se trouvaient fixés un grand nombre d'œufs de papillon. Quel ne fut pas son étonnement lorsque, après un certain temps, de chacun des œufs sortit un petit ichneumon.
L'ichneumon serait-il doué d'une vive intelligence? Si, après avoir déposé un certain nombre d'œufs dans une chenille, il l'abandonne pour aller continuer sa ponte dans une autre, ne serait-ce pas parce qu'il rencontre une résistance et s'aperçoit qu'il n'y a plus de place pour de nouveaux œufs? — Si les larves n'attaquent les organes de la chenille qtu'au dernier moment, ne serait-ce pas parce qu'au débul «lies n'ont pas une mâchoire assez puissante pour dévorer les parties dures? — A-t-on vu des larves d'ichneumôn mourir de faim par suite d'un faux calcul de leur mère? —Voilà les questions que pourraient poser ceux qui croient à l'intelligence de l'ichneumon. Mais il leur resterait
toujours à se rendre compte de la singularité de la ponte et de la concordance entre l'organisation de ranimai et sa manière de pondre.
LE PERCE-BOIS Prévoyance inconsciente.
Certains insectes qui, par leur forme, se rapprochent des abeilles, vont nous offrir des instincts avec les caractères les plus nets et les plus précis. V abeille perce-bois (xylocopé) a l'air d'un gros bourdon, velu, noir, brillant; on la dirait vêtue de velours à reflets Ses ailes d'un violet sombre, à éclat métallique, tachetées de jaune et de vert, lui ont valu le surnom d'abeille violette.
Au printemps, dans nos jardins, on les voit en grand nombre fouillant les fleurs, pénétrant dans les corolles, où elles vont chercher des sucs ou du pollen.
Observez celle qui vient de se poser sur un poteau ; elle l'attaque vivement, elle l'entaille à l'aide de ses mandibules fortes et tranchantes; elle le ronge, le coupe, le râpe, le rabote, car ses outils naturels lui permettent d'exécuter ces travaux variés. Elle pratique ainsi un trou rond, assez grand pour qu'elle y puisse passer; elle continue son travail, creuse le bois dans le sens horizontal, s'enfonce complètement. A l'intérieur, elle mine le bois sans s'éloigner beaucoup de la surface, dont une