‹ De l'instinct et de l'intelligenceChapitre 39 sur 46 · LES PARASITES. — LE TÉNIA. — L'CESTRE · texte numérisé non relu

LES PARASITES. — LE TÉNIA. — L'CESTRE

divination si ce n'était de l'instinct. Ne voyons-nous pas, là encore, lafatalité résultantde l'organisation? car l'animal ne sécrète pas à volonté le venin qu'il inocule.

Ajoutons un dernier trait qui ne lui est d'ailleurs pas particulier : en murant son nid, Tabeille a eu soin de construire une partie du mur moins solidement que le reste. Or, l'insecte sort de son abri en détruisant précisément cette partie qui présente le moins de résistance. De même les chenilles, en construisant leurs coques ou cocons, laissent un point du tissu plus lâche que le reste, le fil y passe moins souvent que dans les autres parties. Le papillon sort précisément par ce point, en mouillant légèrement la coque et en écartant les fils.

LES PARASITES Le ténia. — L'œstre.

11 nous faut ranger dans les faits d'ordre instinctif le séjour de certains animaux dans le corps d'autres animaux, dont ils sont par conséquent des parasites. Ce séjour est fatal et nécessaire pour le parasite ; or, comme on va le voir, il se trouve transporté et ne se transporte pas lui-même dans cet étrange milieu.

Les vers solitaires qu'on trouve dans le corps humain et qui vivent à ses dépens, n'ont pas toujours existé sous la forme que nous leur connaissons, ni vécu

dans le même milieu. Ces animaux subissent des métamorphoses; ils changent de forme, d'organisation et de manière de vivre, à la condition de changer d'habitation. Après avoir séjourné sous une forme dans le corps d'un animal, ils vivent sous une autre forme dans celui d'un autre animal. Ténia ou ver solitaire dans le corps de l'homme, cysticerque dans le porc ou dans le bœuf.

Le, ver solitaire ressemble assez à un ruban de fil : il est plat, mou, blanchâtre, formé d'un grand nombre de fragments rectangulaires ou articles à peu près semblables. Chacune de ces parties est destinée à produire des œufs ; la première ^st la tête de l'animal armée de crochets. La tête reproduit les anneaux, dont le nombre augmente de plus en plus. L'homme qui abrite et entretient ce ver en rejette les œufs à certains moments, et le porc les trouve un jour ou l'autre dans les immondices où il cherche une partie de sa nourriture.

Dans le corps du porc, les œufs donnent naissance à des têtes de ténia qui sont enfermées dans une vésicule pleine de liquide. C'est^ l'animal sous sa première forme; il est alors parasite du porc et constitue chez cet animal la maladie nommée ladrerie. Il ne se transforme en ver solitaire qu'autant qu'il passe dans le corps de l'homme, ce qui arrive nécessairement si nous mangeons du porc ladre. Mais si le porc meurt et ne sert pas de nourriture à

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