ATTRACTION. — AFFINITÉ
11 y a le même rapport entre la petitesse des tiernières parties de la matière et les intervalles qui les séparent, qu'entre les planètes et les espaces interplanétaires; le plus petit fragment de matière est constitué comme l'univers qui les comprend tous.
Ces molécules sont animées de mouvements comme les corps célestes, non moins variés, non moins rapides, et d'où résultent les phénomènes qu'on nomme son, lumière, chaleur, électricité.
Comment, en face de ce spectacle tout à la fois imposant par sa grandeur et charmant par ses effets, que nous offre la matière nommée brute, comment ne pas se laisser aller à la pensée d'un pouvoir qui dirige tous ces mouvements, qui gouverne la matière, ou d'un instinct dominateur et inconscient?
Cette propriété que possèdent les molécules de se précipiter les unes vers les autres, analogue à la dureté, l'élasticité, la ductilité, etc., est assurément un phénomène inconscient qui a toute l'apparence d'un penchant, d'une sympathie. Mais est-il possible d'admettre un penchant sans l'intervention du désir ou de la volonté. Une tendance, soit, dans laquelle on ne saurait voir rien de libre ni de spontané, une tendance fatale qui domine son sujet, qui l'opprime, un instinct, en un mot, ou, si l'on préfère, une propriété.
Mieux que la cohésion, l'affinité présente les caractères d'une sympathie; en effet, les corps simples, en formant des corps composés, ne s'associent pas, ne se combinent pas au hasard; un choix involontaire, si Ton ose parler ainsi, ou, si l'on préfère, une sympathie fatale détermine des unions, des combinaisons plus ou moins étroites ou intimes. L'hydrogène, par exemple, ne se combine pas avec un corps quelconque, et, dans les combinaisons qu'il forme avec divers corps, on constate des dégrés dans l'affinité : tandis que la tendance pour la combinaison est très vive entre l'hydrogène et le chlore, elle l'est moins entre l'hydrogène et l'oxygène, et nulle à fort peu près entre l'hydrogène et le fer. — La nature des corps n'est pas la seule cause qui influe, mais aussi la quantité : l'hydrogène et le chlore ne se combinent qu'autant qu'on met en présence un poids déterminé de chacun de ces corps. On ne saurait produire à volonté un corps composé^ formé de poids arbitraires de chacun des éléments qui le constituent. Enfin, si un corps — l'oxygène par exemple — forme avec un autre corps — le soufre — plusieurs combinaisons, les quantités de soufre qui entrent dans chaque combinaison, comparées à la môme quantité d'oxygène, sont dans des rapports simples. C'est un poids double, ou triple, ou qua-