‹ De l'instinct et de l'intelligenceChapitre 6 sur 46 · CRISTALLISATION · texte numérisé non relu

CRISTALLISATION

druple de soufre qui s'unit à un même poids d'oxygène pour former la seconde, la troisième, la quatrième combinaison.

Dans le monde minéral, tout se fait par poids et par mesure ; tous les phénomènes sont d'ordre instinctif en ce sens qu'ils sont fatals, soumis à des lois invariables et s'accomplissent de la même manière, dans des conditions identiques.

La simplicité apparente des minéraux, l'absence d'organes et de forme obligatoire nous trompent et nous portent à croire à la simplicité et à l'uniformité des phénomènes dont ils sont le siège. En y regardant de plus près, la diversité et la complication apparaissent plus qu'on ne l'aurait cru d'abord. L'attraction varie avec la masse des corps, avec la distance qui les sépare; la cohésion n'existe pas au même degré dans tous les corps ; l'affinité varie avec la nature des corps entre lesquels elle se manifeste, avec la quantité absolue ou relative de ces corps.

La cristallisation. — La physionomie des corps bruts.

Si le minéral n'a pas de forme obligatoire; s'il peut, sans cesser d'exister, passer par les divers états solide, liquide ou gazeux ; s'il peut être amorphe ou

cristallisé, il n'en est pas moins vrai, qu'on ne doit le considérer comme minéral parfait qu'autant qu'il se présente sous la forme régulière et géométrique d'un cristal.

La cohésion nous a paru une sorte de manifestation instinctive, et pourtant cette simple agrégation de molécules qu'elle provoque est bien loin du groupement régulier et invariable qui constitue le cristal !

Nous allons imaginer une expérience naïve, et cependant pleine d'intérêt, pour saisir sur le fait les molécules en train de s'associer. Prenez un morceau de sucre, mettez-le dans un verre d'eau, comme si vous alliez prendre un verre d'eau sucrée, et suivez les diverses phases de l'expérience. D'abord de nombreuses bulles toutes mignonnes, semblables à des perles, sortent tumultueusement de l'intérieur du sucre d'où les chasse le liquide , restent un instant adhérentes au sucre, s'élancent d'un trait à la surface de Teau, soulèvent la couche superficielle extrêmement mince, la crèvent et s'échappent.

A peine sont-elles parties que le sucre se désagrège; il s'écroule, pour ainsi dire, peu à peu; les parcelles se détachent et se perdent dans la masse du liquide. Bientôt tout le sucre a disparu; cependant remarquez que la limpidité, la transparence, la mobilité du liquide ne sont modifiées en aucune manière; rien ne saurait,, au premier abord, faire soupçonner dans le liquide la présence d'un corps solide.

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