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CRISTALLISATION

A quel degré de ténuité doit être réduit le sucre pour défier ainsi la vue la plus perçante et se dissimuler dans d'invisibles pores? 11 n'y a pas là une dissémination du solide dans le liquide, un mélange plus au moins intime, car la craie, le plâtre, réduits en poussière impalpable et mêlés au liquide, resteront en suspension pendant quelques instants, puis se déposeront presque en totalité. Il y a donc une affinité plus ou moins grande du liquide pour le solide, car le même liquide dissout les différents corps en proportions variables, et il en est même qu'il ne dissout pas.

La dissolution est donc un mélange dans des conditions particulières. Il semble que les corps, à un très grand état de division, acquièrent des propriétés qu'ils n'ont pas d'ordinaire et que leurs affinités réciproques s'en trouvent exaltées. C'est un commencement de combinaison, ce n'est pas encore la combinaison, car ce corps dissous peut être séparé du liquide simplement par Tévaporation de ce dernier. Chauffez légèrement de l'eau sucrée, et ^non seulement vous retrouverez la totalité du sucre après que l'eau se sera dissipée en vapeur, mais vous l'obtiendrez sous forme de cristaux d'une régularité parfaite, si l'opération a été bien conduite.

Enfin un liquide ne dissout pas des quantités quelconques d'un corps solide. On ne saurait faire dissoudre dans un verre d'eau au delà d'une certaine

quantité de sucre. Cette limite atteinte, tout fragment

de sucre ajouté se dépose au fond du verre. Toutefois si l'eau est chaude, sa puissance dissolvante est plus grande, tout en restant limitée. Quand un liquide renferme ainsi tout ce qu'il peut dissoudre d'un corps, on dit qu'il en est saturé.

On retrouve ici les conditions de nature, de nombre, de poids, de proportions auxquelles sont soumises les associations minérales.

Chauffez maintenant la dissolution, légèrement et conlinûment, de manière que l'eau s'évapore avec lenteur. Au bout d'un certain temps, l'eau aura disparu, maïs le sucre restera et se déposera en masse informe au fond du vase. Dans cette masse informe dans l'ensemble, le microscope permettra de découvrir des cristaux infiniment petits.

Si avant l'évaporation, vous avez soin de disposer dans l'eau un fil tendu verticalement, les molécules du sucre, disséminées dans l'eau, se dégagent de l'étreinte des molécules aqueuses, à mesure que cellesci se dissipent dans l'atmosphère, et viennent se fixer sur le fil. Celui-ci est bientôt recouvert de poussière cristalline. Détachez cette poussière et ne laissezqu'un seul de ces cristaux microscopiques; le mieux venu, le plus régulier. Ce cristal unique devient, à partir de ce moment, un centre d'attraction. Il appelle à lui

CRlSTALirSATION. 11

toute la poussière cristalline répandue dans la masse liquide; chaque fragment intiniment petit se précipite sur le cristal, se juxtapose, se soude à lui et le grossit sans en altérer la forme. Les arêtes restent nettes, les faces unies, les angles invariables.

Chaque corps a sa forme cristalline propre ; le sel cristallise en cube, l'alun en octaèdre, l'eau en

prisme hexagonal. Cette forme est la physionomie du corps, car elle permet tout ù la fois de le reconnaître et de prévoir sa composition.

Le nombre des formes est naturellement considérable; mais, outre qu'un certain nombre d'entre elles se ressemblent, qu'elles ne diffèrent que par la grandeur des angles et les dimensions relatives des arêtes, on peut, en les groupant avec intelligence, les ramener à sis lamilles, ayant chacune un chef, un type de la forme duquel dérivent toutes les formes des cristaux de la même famille.

Les cristaux peuvent former des groupements.

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tantôt réguliers comme les étoiles de la neige, si nombreuses, si variées, si élégantes, formées d'agglo-

mération de fines aiguilles prismatiques, tantôt irréguliers, comme les groupes du quartz; même dans ces groupements, toute physionomie n'est pas perdue ; on reconnaît encore le corps dans le mode de groupement comme dans laforme des cristaux isolés.

Pouvions -nous passer sous silence ces actions moléculaires plus eu précédentes? Comment ne

Groupe de crisLiui de qu

rieuses encore que 1

pas être tenté de considérer comme un instinct

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