TOME II. i
De Mpt à huit heures ont lieu les exercices de chant H de violon ; puis on fait les répétition^ ou des ouyrages silencieux jusqu'à dix heures , moment où tous doivent se coucher.
Deux après-midi de chaque semaine sont libres et destinées k de plus longues promenades. Les heures de quatre à six , ou de cinq à sept , sont destinées à des exeroices de musique.
Les dimanjohes ou les fêtes tous les élèves doivent assister, le matin, au service divin dans Téglise de la ville, et aider les^ chantres. Le reste de ce saint jour, le matin ou le soir, chacun peut l'employer à sa guise; cependant il faut que , pendant cette même matinée , les élèves écrivent les principaux points du ^ertnon (le texie, le sujet principal, la division), et qu'ils indiquent le soir comment ils ont passé la journée.
Tous les soirs , ainsi que le matin des dimanches et fètee, une méditation est faite en commun.
Quelques dimanches après le commencement de rhhrer et après la Saint-Jean , les élèves s'approchent avec leurs maîtres de la sainte table.
Chacun , dès son admission, doit s'engager, en serrant la main du maître et en signant son nom , à suivre cette règle de maison , que l'on peut résumer dans ces trois maximes principales :
i^ Ordre dans la conduite et le travail , et la plus grande simplicité en tout , afin que les élèves , appar-^ tenant à la classe pauvre , et destinés k devenir instituteurs des pauvres, restent volontiers dans cet état, et
INSTUVCTlOlt ^HlMâlftS. 117
n'apprenoeDl pis à connaître des hesoioe qiills ne pourront ni ne devront satisfaire. G*eal poarquoî il» doÎTent se servir eux-mêmes.
^ Quant à l'enseignement dans Técole , il faut toujours en faire faire la répétition par les élèves plus avancés ; il faut , autant que possible , que les élève» s'enseignent les uns aux autres ce qu'ils ont appris de leur maître, afin qu'ils se perfectionnent en enseignant. 5<* Que l'âme de leur communauté soit la {ûétié et la crainte de Dieu ; mais une véritable piété-chrétienne , une crainte de Dieu qui repose sur une connaissance éclairée, afin que les élèves rendent eu tout honneur à Dieu , et mènent une vie simple et calme, résignée et contente dans Ja peine et le travail, SQtvant l'exboiw talion de l'apôtre :
c Rendez ma joie parfaite, vous tenant tons unis ensemble , n'ayant tous qu'un môme amour , les mêmes 8entimenls , afin que vous ne fassiez rien par esprit dé contention ou de vaine gloire ; mais que chaeim « par humilité, croie les autres au'^dessus de soi. > (Philipp. Il, 3.)
< Je souhaite la paix et la miséricorde à tous ceux qui se conduiront selon cette règle. » ( Gai. VI, I&. )
Je ui'abstiens de toute remarque sur ces deux rè* glements qui semblent échappés à saint Vincent de Paule. La plupart des petites écoles normales de la Pnisse sont fondées et conduites daaseei esprit'. Toutes reposent sur la base sacrée du christianisme. Mais,
tm . MCXlftXE 8CCTI0!f.
dans leur luuniKté méoie , on y distingue an goût pour VipsUrucliioii , on sentiment de la nature et dé la musique , qui ôtent toute grossièreté à ces modestes inslttalioBS, et leur donne un caractère presque libéral. Tout 4idA sans doute découle du fond des mœurs naiiiHiales et du génie allemand; mais la oliarité chrétienne pourrait en transporter une bonne partie dans notre France , et je serais heureux que les règlements de la petite école de Lastadie et de Pyritz tombassent çntre les mains de quelque digne ecclésiastique , de quelque bon curé ou pasteur de village ou de petite ville « qui entreprit un pareil apostolat.
Les grandes écoles normales présentent un caractère un peu différent. Elles forment des maîtres pour les deux degrés de Tinstruction primaire , savoir : les éooles élémentaires et les écoles bourgeoises. La loi de 1819 , qui les institue , remettait leur organisation à des ordonnances ultérieures, et on ne peut trop louer le zèàe et la constance que le ministère de Tinstruciion publique et des cultes a mis à perfectionner ces beaux établissements.
D'abord ils lut appartiennent. C'est la commune qui paye et entretient Técole communale ; ce sont les provinces et rÉlat qui concourent à Tentretien des écoles normales. L'État organise , nomme les maîtres et le directeur; et Tautoriié provinciale pour les écoles, savoir , le Schul-Collegium, est chargée de la surveillaaee. Ainsi , chaque école normale est départementale par sa denination , qui est de fournir des maîtres
i?ift¥Meiioii pinunit.
m départeoieDloà elle est placée; mite eHe ne relève que de la proviaee et de TÉUt; el on peut dire que c^ett TÉtat, le mintiilère de rinstractien p«»bliqae et des cultes qui a eu la principale part dans les progrès que ces institutions ont faits en tiès^peu d^ teDip6^dei8â5àl85i.
La première chose à faire était irassurer les étsée» des écoles normales en soustrayant les élèves au ser» vice militaire. Déjà la loi du 27 mai 4819 dispensait les maîtres d'école en fonction du service dans Famée active et même du premier ban de la landwehr , et lea plaçait dans lé second ban ; bien entendu que toviet ees dtepenses ne pouvaient avoir lieu qu'en temp$ de paix. Une nouvelle décision, du S6 juin i8â2, en rappelant aux autorités militaires la loi de 1819, fixait toutes les conditions auxquelles le maître d'éoole était placé au second ban de la landwehr. Une circulaire , que j'ai sous les yeux et que je vous transmetar du 4 septembre 1826, confirme toutes les décisiont antérieures , et invite de nouveau tous les comman* danu à dispenser des exercices du premier ban tous le maîtres d'école.
Mais il ne suffisait pas de traiter ainsi les maltrea d'école en fonction, il fallait appliquer ces mêmes mesures aux élèves des écoles normales. C'est ce que fit Tordre de cabinet du 219 novembre 1827, confirmé et développé par une circulaire du 5 janvier 18ft8^ dont je vais donner les principales dispositioiis.
i"» Tant que les élèves sont à Técole normale pri-
«SA ranUME fKVI0N.
iBake, ils àè peufeirt être appelés, ni iIhmi l'avtnée «BliYe ni danâ ki bmdvehr ^ et lieu en ceb dérogé k riMtraedoB éo 50 juin 1817» sar k recralement, kcfoelle exige nn teryice non inierrompn jusqu'à vingiéènx ans aeeompUs dans Tarmée active.
S® Les élèves des écoles nermales tireront au sert ffliiÉMi les smtres jeunes gens de vingt aas dans la oUkse appelée. Ils seront dispensés de tout service jnaqu'à Fachèv^Bent de leur temps à Técele nocmale. Alors , que le sort les ait désignés pour la ligne ou pour kl réserve, ils ont tenus à un service de six semaines pow se iûrner aux exercices militaires»
lif* Ain que les candidats pour les fonetimis domaitre é'école puissent, conformément à Tordre du 29. noxembrë i8â7, lorsqu'ils seront désignés pour la ligne on pour la réserve , faire leurs six semaines d'exer- GÎne , les consistoires provinciaux s'arrangeront pour fttpe coïncider autant que possible la fin des cours des écoles normales avec Fépoque à laquelle commencent las exercices mîlitaires, c'est-à-dire, vers le i^' avrîL
4p Les candidats ne pourront être placés comme maîtres d'école qu'après avoir satisfait à ces conditions de U loi sur le service militaire.
5® Les candidats pour l'enseignement supérieur j.onironldes mèmesavantages que ceux des écoles normales primaires , lorsqu'ils sortiront des écoles norvaahA destinées aux carrières savantes. {Seminaria iheologàeay pkiloloffiifar etc.)
On a même été plus loin ; et un ordre de cabinet
IN$?«U€T10N MiMAIftC. ttl
du 24 décembre 1829 * une cifcuUredu minittreëe la gaerre du 4 février i850, an nouvel ordre du cabinet da ^0 février de la même année , suivi d*une circulaire ministérielle du !27, réduiseni tous les exer» cices militaires , imposés anlérieureme»! aux maltret d'école et aux candidats sortis des écoles normales, à on mois de service dans Tarmée active, à r^poi|ttO qu'ils cboisissent eux*mèmes» Telest Tétat présent dea dioses ; il est aussi doux qu'il peut Tètre dans une monarchie militaire comme la Prusse.
Les mesures .précédentes protégeaient les écoles normales primaires contre les distractions fàcheusea do service militaire. En voici une autre qui assure aux candidats qui sortent des écoles normales un place» ment presque privilégié. Elle est du 1*' juin 1826, c'esS-à-dire , de Tépoque où les écoles ncmnales primaires étaient partout établies , complètement oj^^aai** sées et en pleine activité ; et elle ne pouvait élre anté* rieure à cette époque , car c'eût été demander pour les écoles normales des privilèges avant qu'on fui certain qu'elles les méritaient.
Circulaire 4u i*' juin 1826.
\ . Dans toutes les nominations de maRres d'école dépendantes du gouvernement royal , on aura particulièrement égard aux élèves sortis de l'école nonnale supérieure de la province et porteurs de certificats de capacité , et tant qu'il s'en trouverai, on 4ie prendra
I8i DEUXll^IlE SECTION
pfts de sujets formés d'une autre manière aux fonctions d'instituteur.
â. Les communes qui ont droit d'élection ou de présentation aux places de maîtres d'école seront sonmises à la même obligation.
5. Usera aussi recommandé aux fondateurs partieu- Uers de choisir principalement des élèves de l'école normale; mais, dans tousJes cas, ils ne pourront choisir que des sujets pourvus d'un certificat d'examen constatant leur capacité.
4. Le certificat d'examen constatant la capacité nécessaire pour être placé à la tête d'une école , doit chaque fois avoir été délivré par le directeur et les maîtres d'une é(5ole normale supérieure , et visé par le conseiller d'école du département.
5. Les examens sur lesquels doivent se fonder les eortificats de capacité délivrés aux candidats qui n'ont pas été formés dans l'école normale supérieure , auront lieu à certaines époques annoncées dans les feuilles dû bailliage où se trouve l'école normale, ainsi que cela a été arrêté dans l'article iO de la circulaire adressée aujourd'hui avec la présente aux collèges d'école des consistoires provinciaux.
6. Les individus qui, sans avoir été préparés dans une école normale supérieure , désireront se faire examiner comme instituteurs, s'adresseront à cet effet à rautorité , et lui remettront :
A. Un certificat du médecin ;
B. Up darré de leur vie composé par eux«mêmes ;
mSTEUCTION rtlHAtlIK. i9%
C. Le* preuves et certificats nécessaires constatant qu'ils ont reçn de Téducation et de Tinstruction en général , et qu'ils se sont particalièrement préparés aux fonctions d^instituteur ;
D. Un certificat des autorités du lieu et du pasteur constatant qoe jusque-là ils ont eu une conduite irréprocbable , et qu'ils ont la capacité morale et religieuse propre à renseignement.
7. L^administration royale est chargée d'examiner soigneusement ces certificats, de faire des recherches scropuleuses , et de n'ordonner à l'école normale supérieiffe d'examiner l'aspirant qu'après avoir acquis la coDTiclîott parfaite qu'il n'y a rien à reprendre en lui tant an physique qu'au moral.
8. Les élèves ainsi examinés , et jugés capables , doivent cependant, sans exception, être maîtres d'école provisoires pendant un , deux ou trois ans ; mais ce délai pourra être abrégé pour les élèves les plus distingués. Â respiration de ce temps , ils ne pourront être placés définitivement qu'après avoir de nouveau prouvé leur capacité. Dans tous les cas, il appartiendra à Tadministration royale de décider si un nouvel examen est nécessaire.
9. Tout candidat examiné et déclaré capable , qui ne serait pas placé de suite, doit prévenir l'administration royale du lien où il compte résider, et celle-ci doit le soumettre à la surveillance spéciale du surintendant ou de rinspecteur d'école , afin que celui-ci fasse des rapports réguliers sur ses éludes et sur sa conduite.
ISi DEUXIÈME SECTION.
40. L'élève renvoyé de Técole, ou qui Tattfa quittée volomairennent et sans certificat de départ , ne devra en aucim cas être admis à l-examen et encore moins à. aucune p!ace de maître d'école.
Le privilège de recruter, non pas exclusivement , mais de préférence, Finstruction primaire, assura l'avenir des écoles normales, et y amena constamment un grand nombre d'élèves ; c'est alors qu'étant bien >ûr denepas manquer d'élèves, le ministère pût soumettre ces établissements à de fortes mesures intérieures, qui les élevèrent peu à peu et les rendirent de plus en plus dignes de leur bante mission , des bienfaits du gouvernement et de la confiance publique.
La preinière mesure à prendre était une organisation sévère des examens de sortie qui confèrent la qualité de candidats à des places de maîtres d'école , le soin de n'accorder d'abord qu'une nomination provisoire , de renouveler l'examen avant la nomination définitive, et de rappeler de temps en temps à l'école normale les candidats déjà placés, pour perfeclionner leur instruction. La circulaire suivante est digne à cet égard de la plus grande attention. Sa date est celle de la circulaire précédente. Il était juste, le jour même où on réclamait un privilège , de faire en sorte qu'il fût mérité et ne dégénérât pas en stérile monopole.
tss
Seconde ctreulatre du l^^ juin 1826.
1. A raveoir, comme cela s'est fmtîqaé jusqu'ici ia plupart da temps, toates les grandes écoles normales primaires de la monarchie feront subir aax élèves sortants des examens rigoureox aux époques indiquées pour les départs.
2. Ces extfnens seront faits par les maîtres de recelé, sur toutes les connaissances enseignées dans rétablissement, en présence et sous la direction d'un (Kl de plusieurs commissaires euToyés par le collège pour les écoles. Il sera permis au surintendant , au premier pasteur, et en général à tous les ecclésiasti-* qaes, d'assister k ces examens , qui du reste ne sont pas publics.
5. Ces examens comprendront aussi une leçon d'épreuTC pour juger la capacité des élèves sortants pour renseignement.
4. D'après le résultat de ces examens, et spécialement après avoir pris Tatis précis et consciencieux que le directeur et les maîtres de Técole doivent émettre sur les élèves examinés, chacun des élètés sortants recevra un certificat de départ (Abiiurienkn^Sehdn)^ donné par le directeur et les maîtres, et visé par les
5. Ce certificat ne doit pas seulement foire mention des connaissances acquises dans toutes les branches de renseignement de Técole, maison outre de Thab»' leté dans renseignement , de la capacité morale pour
Isa MWXlàllS 3IC1iÛfl.
remplir les fonctioiM d'instituteur, de la conduite et du caractère; et il doit indiquer ce qu'on a lieu d'espérer à Tavenir de Télève examiné ; le tout exprimé consciencieusement, et résumé ensuite par ces mois : trèsbien, bien, salis faisant, et par ces nombres; 4, â, 3.
6. Ce certificat ne donne à TélèYe que la faculté d'être placé pendant trois ans , après lesquels il est ol^ligé de se présenter à un nouvel examen dans l'école nomiale. Cependant celui qui a reçu en sortant le titre de très-bien et le n<* 1 , et qui est placé après sa sortie^ immédiatement comme instituteur dans une école publique , n'a pas besoin d'un nouyel examen ; tous les autres, au contraire, ne peuvent êlre installés que provisoirement.
7. Ce nouvel examen ne doit pas avoir lieu en même temps que les examens de départ, mais en4>résence, sous la direction et avec la participation des conseillers pour les écoles , à une époque fixe pour chaque école normale primaire. '
8. Si le but spécial des examens de départ est de s'assurer si les élèves ont saisi complélement Tinstruction reçue dans Técele , s'ils la possèdent , s'ils Ton! bien comprise, et s'ils ont appris à la communij|uer, les examens nouveaux ne doivent plus avoir un rapport immédiat à renseignement reçu dans Técole , mais en général à la solidité des connaissances , à la direction et à l'indépendance des vues, et particulièrement à rbabileté et à la capacité pratique»
,. 9, Un certificat sera aussi délivré sur l'issue de cet
I1I$TB0CTI0?( rtUAUB. ttl
eB«ttw&, «I joint an certificat de départ; on j dira en foot les espérances qu'on avait conçues ont été josti* fiées, surpassées ou déçues, et cela d^nne manière précise, et on indiquera quelle partie de renseignement peut être confiée au candidat.
40. En même temps auront lieu, suivant les mêmes principes, les examens des candidats à renseignement qui n^oiit pas été formés dans les écoles normales supérieures , et que Fadminisiration royale adressera à cet effet à une école normale,. A la suite deTexamen, ces candidats devront être pourvus, comme les autres, d'un certificat qui constate en particulier, et aussi exactement que possible , le degré de leurs connais* sances, de leur habileté, et spécialement de leur capa* cité pratique.
ii. Mais, afin que Tinfluence bienfaisante de ré> eole normale s'étende aux maîtres d'école déjà frfacés, qui ont besoin d'aide, et dont la capacité et l'instruction ne font pas de progrès ou même diminuent , ces maîtres seront , pour plus ou moins de temps, suivant qu'ils en auront besoin , rappelés dans l'école normale, soit pour faire un cours entier de méthodologie, soit pour s'exercer dans quelque partie spéciale « ou pour être soumis à la discipline morale de l'école , tandis qu'ils s'occuperont dans l'école d'exercice de rétablissement. Quant à la manière d'exécuter cette mesure, le ministère attend les propositions du collège des écoles, après que celui-ci se sera entendu avec les autoqtés de la province.
«fin OEinLiftilB SECTION.
12. Soit dans le bttt ei-dessus énoncé, soit en général pour connaître exactement la nature et les besoins des écoles de leur département, les directeurs des écoles normales primaires devront tous les ans , pendant les vacances , visiter une partie du département ou de la province, pour lesquels des maîtres sont formés dans leur établissement ; ils examineront, à titre de commissaires , les écoles de campagne ; ils rendront compte de leurs observations à Tautoirité ministérielle, et une copie de leur rapport devra aussi être envoyée au collège des écoles , afin de prendre les mesures jugées nécessaires , et particulièrement celle d'appeler dans les écoles normales les maîtres d*école qui se trouveraient dans le cas de Tarticie i i . Les frais de ces voyages seront pris de préférence sur les fonds provinciaux destinés à Tamélioration de renseignement primaire. Ces mèm(;s fonds serviront aussi à défrayer les déplacements qu'exigerait le cours méthodologique pour les maîtres déjà placés.
45. Il est à propos que les vacances des écoles normales primaires soient réglées de manière que les maîtres puissent visiter d'autres établissements du même genre , et les voir dans toute leur activité. Mais il faut lai^er aux collèges provinciaux pour les écoles à faire les communications nécessaires à ce sujet.
Le ministère compte recevoir en son temps le rapport circonstancié de ce qui aura été fait et décidé , conformément aux dispositions de cette circulaire, par
IIfSTHDCTI02f FfttHÂlM, tSt
k eoUége des écoles * de eoncert avec les autorités royales de la provioce.
Noos avons déjà dit que les élèves des écoles normales primaires , qui reçoivent des bourses de TÉlat eu des provinces , sont tenus , après avoir subi Tesa* men de Répart et été reçus candidats , de rester pendant trois ans à la disposition de TÉtat et d'accepter toutes les places qui leur Mnt offertes. Cette obligation y juste rançon de tant de soins et de dépenses, est renfermée dans le rescrit ministériel suivant du 28 février 18^ :
Le» rapports des autorités d^i département annoncent que souvent des candidats sortis des écoles normales refusent les places de maîtres d'école qui leur sont offertes, sous le prélexte qu'elles ne sont pas assez lucratives, et cherchent à gagner leur vie en donnant des leçons particulières, ou comme gouverneurs d'enfants. Cette circonstance est tout à fait nuisible au& intérêts des écoles et des jeunes gens eux-mêmes, qui s'accoutument ainsi à des besçins que ne peut satisfaite plus tard la position de maître d'école de village, à laquelle ils sont bientôt réduits de recourir pour la plupart. Et comme d'ailleurs les frais considérables del'État pour l'entretien des écoles normales n'ont pas pour but de former des précepteurs particuliers pour les familles, il est ordonné ce qui suit ;
i** Tout ^ève d'une école normale primaire, après
IfiO DEUXifcHE SECTION.
sa sortie, sera pendAiit trds ans à la disposition de la régence dans la circonscription de laquelle se trouve Fécole normale où il a été élevé, et sera tenu d'accepter la place de matire d'école qui lui sera assignée . Les engagements contraires qu'il aurait pris d'ailleurs ne pourront lui servir d'excuse.
%• Celui qui refusera de satisfaire à cette obligation, aussitôt qu'il en sera requis, sera tenu de rembourser à l'école normale le prix de sa pension, savoir, iO rixdales pour cbaque semestre de son séjour à récole, plus les frais de nourriture et d'entretien.
Tous les élèves qui se trouvent aujourd'hui dans une école normale primaire devront déclarer, avec le consentement de leurs parents, qu'ils s'engagent à remplir les conditions du présent arrêté ou quitter immédiatement l'école.
J'ai sous les yeux un grand nombre de niesures générales prises par le ministère^ de l'instruction publique et des cultes, pour l'amélioration "progressive des écoles normales, tantôt sous le rapport de la moralité, tantôt sous celui de l'enseignement. Je signale ici quelques-unes de ces mesures, pour faire connaître l'esprit qui préside à la surveillance et à la direction de ces importants établissements.
La discipline qui y règne est en général fort sévère. Ainsi la musique, si naturelle et si chère à l'Allemagne, est sans doute très-cultivée dans les écoles normales ; mais le gouvernement ne soutfre pas que cette instruc-
INSTROCTION PAIMAIftE. «61
tion devienne pour les élèyes un divertissement profane, et qulls se servent du talent mnsical acquis dans Técole pour prendre part au dehors à des concerts publics honnêtes mais frivoles. 11 ne leur permet que la participation à la musique d'église. Je trouve cette défense dans une circulaire ministérielle du 8 juin 1814.
Je trouve encore citée dans un compte rendu de récole normale de Soest une mesure du ministre de rinstruction publique et des cultes, qui déclare que tout élève externe de toute école normale, qui serait TU dans un cabaret, serait immédiatement renvoyé de récole. En effet, oii conçoit que la conduite des élèves externes des écoles normales doit être soumise à une police particulière, et c'est ce qui a lieu partout.
Une des choses les plus utiles dans les écoles primaires et particulièrement dans les écoles primaires des villes, c'est la gymnastique. Il faut donc renseigner dans les écoles normales. Mais les souvenirs encore attachés aux exercices gymnastiques du célèbre Jahn n'étaient pas propres à encourager le gouvernement prussien. Il eut pourtant le bon sens, en 1827, de surmonter ses répugnances, et d'instituer, par la circulaire ci-jointe, des exercices gymnastiques réguliers dans toutes les écoles normales primaires de la monarchie.
t6t DEUXIÈME SECTION.
Circulaire du minislère royal de VinstrucUon publique et des affaires ecclésiastiques et médicales, à tous les collèges é^école, concernant les exercices gymnastiques dans les écoles normales primaires.
Du 26 février 1827.
Ce n'a pu être Fintention du ministère d'introduire dans les écoles normales primaires, nommément dans celles où il n'y a point d^écoles annexes, des exercices gymnastiques réguliers qui soient classés parmi les autres objets d^nstr action, enseignés méthodiquemeDt à Taîde d'appareils spéciaux dans des salles ou des places particulières, et même avec un costume particulier, et qui pourrait donner Heu de croire au rétablissement des anciens exercices gymnastiques proprement dits. Cela serait tout à fait contraire à rintention du ministère, au but des écoles normales primaires, à la destination de leurs élèves, à la position et au caractère de leurs directeurs et maîtres, et k l'organisation de ces établissements, tant par rapport à renseignement qu'aux habitudes de vie des élèves.
Néanmoins il est convenable de prendre en considération et de soigner le développement physique des élèves.
1** jy abord pour la santé. L'expérience prouve que le changement dans leur manière de vivre, auquel les élèves en entrant a Técole doivent s'habituer, ne laisse
tNSTBUCTIO.M PRJUAIBE. 163
pas d'être naisible à leur santé. La plupart, venant de la campagne, sont accoulumés à vivre en plein air, et n'ont pas été exercés à travailler assidûment de tête. Dans Tâge où la croissance n'est point achevée, ils doivent s'accommoder d'une vie sédentaire, d'études longues et suivies, changer de nourriture, renoncer aux commodités de la maison paternelle. Ils se trou- Tent en outre exposés à des influences vraiment fâcheuses. 11 faut qu'ils prennent sur leur sommeil, travaillent dix heures et plus par jour dans des classes et des salles pleines de monde, qu'ils dorment l'été dans des {Pièces extrêmement chaudes et l'hiver dans des chambres tout à fait froides ; qu'ils se remettent après lés repas à l'ouvrage, et emploient même les heures de récréation à des occupations où l'esprit est encore tendu. Une telle vie doit être contraire à la santé, et déjà par cette raison il est nécessaire de songer ù des exercices de corps qui empêchent l'épuisement, secondent le libre cours des humeurs, et conservent l'élasticité, la gaieté et la fraîcheur de l'esprit. Rien d'ailleurs ne serait plus mauvais pour un maître d'école de campagne que de s'habituer à une vie trop sédentaire. D'abord le penchant pour ce genre de vie porterait un grand préjudice à l'école, où l'exemple d'une activité mâle et soutenue est de rigueur ; ensuite il favoriserait un air de grandeur incompatible avec la position de maître d'école, ordinairement forcé, pour soutenir sa maison, de se livrer à des travaux de corps pénibles.
2^ Pour le maintien et la bonne tenue du corps. Des manières embarrassées et gauches font naître avec raison des préventions défavorables, parce qu'elles indiquent d'ordinaire un hpmme grossier et ignorant, ou du moins incertain sur Temploi de ses facultés et de ses forces. Et de même que la présence d'esprit, *le courage et la fermeté se manifestent par l'adresse et l'habileté physique, les bonnes mœurs par la décence, un caractère aimable et gracieux par la politesse et de bonnes manières ; de même la bonne tenue du corps réagit sur le moral et affermit les bonnes qualités de l'âme. De plus, l'adresse physique donne à tout homme de précieux avantages dans les circonstances inévitables de la vie, pour sa propre défense ou l'assistance des autres en cas de danger. Mais il est surtout urgent que le maître ait un extérieur décent et aimable, uni à la force physique, pour peuvoir gagner l'estime et la confiance des parents et l'amitié des enfants.
3^ Aussi à cause de son état. Le maître futur doit être familiarisé avec tout ce qui fait partie du développement physique et des, exercices du corps. Gomme instituteur, il est aussi chargé de veiller à l'adresse physique et à la santé de ses élèves : il doit donc savoir au moins quels sont les moyens propres à conserver leur santé, et comment les exercices du corps doivent être combinés avec les jeux et les occupations des enfants. On ne peut donc pas négliger les exercices du corps dans l'enseignement de la pédagogie.
Mais comment, d'après les trois points de vue indi-
uinrftocTiOlf rEuiAms. let
ifoén^ ces exercices doÎTent-iU être organitét pour remplir leur but ? yoilà ce qui ne saurait être fixé d'ane manière positive et générale. Il faudra s'en rap* porter, à cet égard, soit au jugement du directeur et des maîtres, soit aux dispositions locales de chaque éeole en particulier.
Des établissements comme Bunzlau, Jenkau, Neu* zelle, auxquels sont annexées de petites institutions gratuites pour les enfants, se trouvent dans une position bien plus avantageuse. Là on peut former plus particulièrement et plus sévèrement les enfants aux exercices du corps, et habituer les élèves de Técole normale à surveiller ces exercices et à y prendre euxmêmes une part active. Qn peut même faire des exercices sur un pied militaire.
Mais dans les écoles normales primaires auxquelles ne sont pas jointes de pareilles institutions, on devra combiner davantage les exercices du corps avec les occupations ordinaires des élèves, avec leurs travaux dans le jardin et avec leurs excursions. Le soir, en revenant de se baigner et de nager, ils s'exerceront naturellement à courir et à sauter. En allant botaniser, ainsi que dans toutes les occupations dont ils seront chargés à la maison, ils trouveront Toccasion d'augmen-» ter l'adresse , la souplesse et la force de leur corps.
Mais tout dépendra de la manière dont les maîtres s*y prendront. S'ils savent faire en sorte que ces exercices, éublis réellement pour Futilité des élèves, leur pa* raissent en même temps un amusement favorable à
lee DEUXIÈME SECTION.
leur santé ; s*ils éritent en ontre «ne formalité pédaiitesqae aussi bien qu'une indifférence dédaigneuse ; s'ils ont le talent d'inspirer du goût pour ces exercices, tout en les subordonnant aubut principal, Péducation morale et intellectuelle ; enfin s'ils savent garder en cela une juste mesure, non-seulement il n'y a à craindre aucun danger, mais on en peut espérer plus d'un avantage, entre autres ce résultat, que les élèves, maintenus dans une certaine vigueur et agilité, soient préservés d'une .gravité pesante et d'une mélancolie intempestive, dont il faut surtout garantir les hommes destinés à passer leur vie avec les enfants.
De cette manière on devra prendre partout dans les écoles normales primaires des dispositions qui tendent à favoriser le développement physique. 11 n'est pas à supposer qu'on puisse manquer de temps pour ces exercices y et si on en manquait réellement , d'après la distribution des études , il y aurait une raison suffisante de s'arranger pour s'en procurer.
]>'après ces indications , le ministère laisse au collège des écoles le soin d'adresser aux directeurs des écoles normales primaires la résolution contenue dans cette circulaire, soit en la leur communiquant en entier ou par extrait , soit par le moyen de circulaires spéciales fondées sur la position particulière de chaque établissement, et de charger en même temps les directeurs de mentionner dorénavant dans les rapporte annuels la manière dont se font chex eux les exercices du corps.
IMSTBUCTIOII PMIIàlBE. 167
Une des pièces les plus intéressantes qui soient sons mes yeux , est la circulaire du S4 mars 1827, qui oipoise les cours que devront suivre les maîtres d'école appelés momentanément aux écoles normales primaires pour s'y perfectionner. La voici en abrégé :
La circulaire du i^^ juin 1826 arrête que les maîtres d^école déjà en fonctions pourront être appelés à Técole normale pour 8*y perfectionner lorsqu'il sera jugé nécessaire , et qu'ils y seront occupés à suivre an cours méthodologique (melhodologiseher Lehrcwr- II») , ou à s'exercer sur des points particuliers de renseignement , ou enfin à se former à l'art de bien tenir une classe dans l'école pratique attachée à l'école normale.
D'après les observations que l'expérience a fournies et les propositions diverses qui ont été faites à ce sujet par les autorités compétentes, le ministre de l'instruction publique fait connaître que ces mesures ne doivent pas être appliquées dans toutes les écoles normales qui n'ont pas encore des cours complets et méthodiques sur toutes les branches principales de l'enseignement primaire. On ne peut en effet exiger des professeurs des écoles normales qu'ils répèlent « pour les maîtres appelés à se perfectionner, les cours qu'ils font annuellement ; et il ne serait pas d'une grande utilité de soumettre les maîtres d'école à la nécessité de suivre les cours ordinaires de l'école normale pendant le peu de temps qu'ils auraient à y passer.
I<$ DEOXIÊMB SEGTlOSf.
En conséquence il sera pins convenable de former de petites réunions de maîtres d'école pendant trois ou quatre semaines, pour qu'ils puissent repasser ensemble méthodiquement une partie spéciale de renseignement, telle que le calcul, le chant, la religion ou la langue allemande.
On aura Tavantage de réunir toujours des hommes d'égale force sur une seule matière , qui serait ainsi étudiée plus à fond , et de ne distraire pour présider à ce cours que celui des maîtres de Técole n'ormale qtii le fait habituellement, * et qui pourra facilement se prêter à ce faible surcroit d'occupation pendant peu de semaines.
Après avoir ainsi repassé en quelques années toutes les parties de renseignement avec les mêmes individus qui auront été appelés à plusieurs reprises , on pourra organiser un cours général et plus étendu , qui aura sa place naturelle pendant les quatre semaines avant kl clôture des travaux annuels des élèves de la classe supérieure, lorsque ceux-ci font la répétition générale des cours de didactique , de méthode et de pédagogie (i). Les maîtres d'école appelés du dehors pourront assister à ces répétitions , et leur présence même profiteiâ aux élèves des écoles normales.
Au besoin on pourra, tous les trois ou quatre ans, consacrer à ce travail le temps des vacances.
Des indemnités pourront être accordées en pareil
(1) Didactik, Hethodik , PaMiagogik.
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casaos: maîtres lespluszélés des écoles oonnaleSiGomiiie aussi aux plus nécessiteux des maîtres d'école qui seront appelés à ces exercices. Les surintendants et les inspecteurs veilleront de leur côté à pourvoir au remplacement provisoire des maîtres d'école , et une école dût^lle même être fermée pendant un mois, ce qu'on évitera autant que possible , il en résulterait encore un avantage pour les enfants , par Taugmentatiou de connaissances et d'habileté que le maître acquerrait pendant son absence.
Le principal but de ces mesures cet d'entretenir le zMe et l'émulaiion des maîtres d'école, de les maintenir tous en état de répandre uniformément l'instruction et de participer aux progrès que le temps amène, enfin de faire de l'école normale le centre de tout l'enseignement primaire. Cette excellente mesure m'en rappelle une autre du même genre qui , sans avoir lieu dans l'intérieur des écoles normales, a aussi pour objet le perfectionnement des maîtres déjà placés, je veux parler de ces conférences de maîtres d'école d'un même canton, dans lesquelles chacun d'eux communique à ses confrères ses méthodes et ses pratiques , et où tous s'éclairent par un échange réciproque de vues et d'idées. Ces conférences sont libres , il est vrai, mais le gouvernement les encourage, les conseille, et souvent les organise lui-même par l'intermédiaire des inspecteurs d'école. On pourra juger de rimportance de ces réunions périodiques des mal*