EN I- RANGE
Les élèves qui composent chaque division ne sont pas tenus de suivre les autres cours, si ce n'est comme assistants.
L'enseignement de la troisième année comprend :
1" Un cours correspondant aux classes de grammaire des collèges. Le maître de conférences y propose aux .élèves, et leur fait traiter, de vive voix ou par écrit, les questions les plus importantes que présentent les grammaires particulières, soit grecque, soit latine. 11 leur explique en outre et leur fait expliquer d'une manière approfondie , sous le point de vue grammatical et philologique , un certain nombre de textes choisis dans les auteurs latins et grecs. Enfin il les exerce à la critique et à la méthode d'enseigner, en exigeant d'eux des compositions qu'ils examinent réciproquement , et en leur faisant faire sous ses yeux de véritables classes.
2" Un cours correspondant aux classes supérieures des lettres. Les maîtres de conférences chargés de ce cours , pour les littératures grecque, latine et française, soumettent également à l'examen et à la discussion des élèves un certain nombre de questions de critique et d'histoire littéraire. Ils approfondissent avec eux les règles de l'interprétation des autours et celles de la traduction, les principes généraux de l'art d'écrire et de la composition, soit en prose , soit en vers ; leur font appliquer ces principes et ces règles à des sujets ou des textes choisis, et les forment à l'art d'enseigner par le moyen des leçons ex professa qu'ils leur font faire devant eux. Le maître de conférences pour la littérature française a soin, en outre, d'instituer des comparaisons fréquentes des grands monuments de cette littérature avec ceux des littératures étrangères.
5" Un cours d'histoire générale où le professeur , en proposant aux recherches des élèves des points particuliers choisis dans toutes les parties de l'histoire ancienne et moderne, les forme à la critique historique, et leur
178 bE l'instruction PLBLIQLE
fait connaître les travaux les plus importants qui peuvent être regardés comme les modèles en ce genre. Toutefois , il ne néglige pas l'art de l'exposition, si essentiel à l'enseignement de l'histoire.
4° Un cours de philosophie où l'enseignement des deux premières années sera rappelé et reproduit sous la forme de prohièmes puisés . soit dans la science , soit dans son histoire, et que le professeur donne à débattre aux élèves , en leur faisant rapprocher les différentes solutions qui en ont été proposées, et critiquer les résultats des recherches antérieures. Il insiste particulièrement sur la méthode, et, comme ses collègues, fait faire aux élèves des leçons à propos desquelles il leur donne toutes les directions et tous les conseils nécessaires pour former en eux des professeurs aussi sages qu'éclairés.
La conférence de grammaire a deux leçons par semaine; les autres conférences, une seule leçon de deux heures.
Les élèves de troisième année, indépendamment des conférences obligatoires , suivent les cours des Facultés des lettres et des sciences qui leur sont désignés, d'après leur instruction spéciale. Ils se tiennent prêts à répondre sur toutes les questions que peuvent leur adresser les professeurs. Ils fréquentent aussi les cours du collège de France * et des divers établissements publics; avec l'agrément du directeur, ils peuvent aller, dans l'intérêt de leurs études et à des heures convenues, tra-
' Les cours du collège de France sont gratuits.
Ces cours sont au nombre de vingt-trois, savoir .- astronomie, — mathémalhiques, — physique mathématique, — physique expérimentale, — médecine, — chimie, — histoire naturelle, — droit de la nature et des gens, — histoire et morale, — langues hébraïque, chaldaïque et syriaque, — arabe , persan, — langue turque, — langue et littérature chinoises et tarlares-manlchoues, — langue et littérature sanscrites, — langue et littérature grecques, — philosophies grecque et latine , — éloquence latine , poésie latine, — littérature française, — économie politique, — archéologie, — histoire des législations comparées.
KN FllANCli. 179
vaillcraiix bibliothèques, consulter les manuscrits, vi- <itor les musées et les collections des monuments.
Examens de troisième année. — 11 y a chaijue année, sauf décision contraire , des examens spéciaux , qui se font au mois de juillet, l.cs élèves sont en outre invités à se présenter aux épreuves du concours de l'agrégation, chacun selon son aptitude et la division d'études dont il fait partie.
Section des sciences.
L'enseignement des sciences est réglé ' de manière que les élèves puissent répondre, à la lin de la deuxième année du cours normal, sur les deux examens de la licence es sciences mathématiques et es sciences physiques , et que la troisième année puisse être consacrée à la préparation spéciale de l'agrégation et aux exercices pratiques de l'enseignement, ainsi (pie cola a lieu dans la troisième année de la section des lettres.
Première année. — Analyse appliquée, une leçon par semaine pendant le premier semestre; géométrie descriptive, une leçon par semaine pendant les deux semestres; calcul différentiel , deux leçons à la Faculté , deux conférences par semaine^ chimie, deux leçons à la Faculté, deux conférences , plus une manipulation ; dessin , une conférence par semaine.
Deuxième année. — Botanique et minéralogie, deux conférences; physique, deux leçons à la Faculté , deux conférences, une manipulation -; mécani(jue, deux leçons à la Faculté, deux conférences; dessin , deux leçons par s(îmaine.
Troisième année. — Les élèves de la. troisième année sont partagés , d'après leur aptitude particulière, reron-
' Arrêté du 2i aoilt 1838.
' Un arrèlo du 'ii octobre 183" ri'gic le progr;immo des manipuliilinns de physique el du dessin des inscliines pour ies élf'vos de dtuxi.' luo el de iroisif^me année,
180 DF, l'iNSTP.IT.TION riT.I.IQlF,
nue et constatée par les examens de la deuxième année, en deux divisions ou classes correspondantes aux deux ordres d'agrégation des sciences établis pour l'enseignement des collèges *.
Les cours de cette troisième année comprennent : géologie, une conférence pendant le premier semestre ; zoologie , deux conférences pendant les deux semestres; manipulation de chimie ; manipulation de physique.
Complément d'études pendant le premier semestre , et, pendant le deuxième , exercices propres à préparer au concours d'agrégation ; astronomie , une conférence pendant les deux semestres; calcul des probabilités, une conférence pendant les deux semestres; dessin, une conférence.
Les élèves de cette troisième année, tout en continuant et complétant leurs études mathématiques , peuvent être autorisés à se livrer d'une manière plus spéciale , leur aptitude particulière une fois reconnue , aux études de physique, de chimie et d'histoire naturelle. Ils suivent tous les mêmes conférences ; mais ils ne sont pas tenus de suivre également les mêmes cours au dehors , excepté celui de mécanique. Ils peuvent en outre, avec l'agrément du directeur de l'école, aller étudier dans les établissements et les cabinets hors de l'école , et prendre part , dans les beaux temps, aux herborisations et autres cours d'histoire naturelle, sous la direction de leurs professeurs et maîtres de conférences.
Les conférences sont faites d'après les programmes concertés avec les professeurs de la Faculté , donnés par les maîtres de conférences avant l'ouverture des cours, et communiqués au conseil royal de l'instruction publique.
Examens dam la seclion des sciences.
A la fin du premier semestre de la première année
' Arrêté du Q octobre 1840.
d'études, les élèves sont examinés dans l'intérieur de l'école sur l'analyse algébrique et l'application de l'algèbre à la géométrie. A la fin du second semestre, ils le sont sur la géométrie descriptive, l'astronomie et le calcul des probabilités. Les élèves qui n'ont pas répondu d'une manière satisfaisante à ces examens cessent de faire partie de l'école.
Les épreuves pour la licence es sciences physiques se composent, pour les élèves de l'École normale, de deux examens : l'un sur la chimie , à la fin de la première année d'études ; l'autre sur la physique , à la fin de la seconde année. Les épreuves pour la licence es sciences mathématiques se composent de même de deux examens : l'un sur le calcul difTérentiel et intégral, à la fin de la seconde année ; l'autre sur la mécanique , à la fin de la troisième. Ces quatre examens ont lieu devant la Faculté des sciences de Paris. Les élèves qui, au jugement de la Faculté , n'ont pas répondu d'une manière satisfaisante à l'un de ces examens, ne sont point admis aux cours de l'année suivante et cessent de faire partie de l'école, indépendamment de ces quatre examens , il y a , à la fin de chaque année , des examens sur les différentes parties de l'histoire naturelle , qui se font aussi dans la Faculté des sciences.
Indépendamment des cours scientifiques , les élèves de la section des sciences , et particulièrement ceux de première année , peuvent suivre des cours de philosophie , d'histoire, de littérature et de langues vivantes dans l'intérieur de l'école. Parmi ces cours, celui de philosophie est obligatoire pour les élèves de la première année des sciences comme pour ceux de la première année des lettres. L'examen sur ce cours est commun aux uns et aux autres.
182 i>E l'instruction PUDMQur:
Examens. — Grades. — Diplômes. — Ceriificatsile capacité.
Nous avons indiqué , à la suite de chaque année détudes , les examens que les élèves subissent.
Conditions d'admission.
Les places d'élèves à l'École normale sont données au concours. Ce concours a lieu, chaque année, pour le nombre de places déterminé par le ministre , sur l'avis du conseil royal de l'instruction publique, d'après les besoins de l'enseignement.
Les inscriptions pour le concours ont lieu du la juin au 13 juillet. Un registre est ouvert, à cet effet, dans toutes les Académies du royaume.
Connaissances préalables.
* Le concours d'admission à l'École normale se compose de deux séries d'épreuves : les unes portent sur la totalité des candidats autorisés à concourir, et déterminent au préalable l'admissibilité ou la non-admissibilité de chacun d'eux; les autres ont lieu entre les candidats jugés admissibles, pour décider de leur admission définitive.
Les épreuves d'admissibilité commencent, dans toutes les Académies , le 5 août, que ce jour soit férié ou non, et doivent être terminées au plus tard le 10.
Ces épreuves consistent en compositions écrites, qui ont lieu le même jour chacune , durant le même espace de temps, sur le même sujet, dans toutes les Académies. Il y a de plus des interrogations et des explications orales, dont procès-verbal est dressé par le recteur.
Les compositions écrites pour la section des lettres sont:
Une dissertation philosophique en français,
Un discours latin,
Un discours français ,
Une version latine ,
Une version grecque ,
Une pièce de vers latins.
Les interrogations et explications orales portent sur le texte des auteurs étudiés dans les classes, et sur les nolions ordinaires de philosophie , de rhétorique et d'histoire.
Les compositions écrites pour la section des sciences sont, avec la dissertation de philosophie et la version latine imposées aux candidats des lettres :
La solution d'une ou de plusieurs questions de mathématiques ;
La solution d'une ou de plusieurs questions de physique.
Les interrogations orales ont pour objet les matières de l'enseignement du cours de mathématiques de seconde année, de physique et de philosophie.
Les compositions écrites sont rédigées sous la surveillance immédiate du recteur : il s'adjoint , pour l'examen oral , une commission de trois membres.
Les élèves déclarés admissibles après cette première série d'épreuves doivent encore , dans les dix premiers jours de la rentrée de l'école , subir , devant les professeurs de l'établissement, un examen définitif, dont les résultats, comparés à ceux des premières épreuves, peuvent seuls autoriser leur admission. Les candidats déclarés admissibles sont en outre tenus de produire le diplôme de bachelier es lettres, ou le diplôme de bachelier es sciences, selon la section d'études à laquelle ils se destinent *. Après avoir fait cette justification, ceux d'entre eux qui se trouvent portés sur la liste par ordre de mérite sont présentés par le ministre à la nomination du roi , comme élèves de l'École normale , et admis définitivement.
' Arrêté du 17 janvier 1837.
184 DE l'iNSTKLCTION l'LliLIQUE
Les candidats déclarés admissibles contractent l'engagement de se vouer pour dix années à l'instruction publique, et de restituer le prix de la bourse en cas d'exclusion motivée *.
Pièces à produire pour le concours.
Aucune inscription n'est reçue que le candidat n'ait déposé au secrétariat d'une des Académies les pièces suivantes :
1" Son acte de naissance constatant que , au 1" janvier de l'année où il se présente, il était âgé de 17 ans au moins, et n'avait pas plus de 23 ans révolus;
2" Un certificat de vaccine ;
5° En cas de minorité , une déclaration de son père ou tuteur , dûment légalisée , et l'autorisant à se vouer pour dix années à l'instruction publique;
4" Un certificat de moralité délivré par le chef ou les chefs des établissements auxquels il peut avoir appartenu;
5° Un certificat constatant qu'il a terminé ses classes, y
compris la philosophie , dans un collège royal ou dans un
oUége communal de plein exercice, et, s'il se destinée
enseignement des sciences, son cours de mathématiques
péciales et son cours de physique.
Bourses.
Les élèves reçus après les concours sont considérés comme boursiers royaux *.
' Arrêté du 13 décembre i836.
' Par une ordonnance du 23 janvier 1833, le prix de cliaque bourse de l'École normale a été divisé ainsi qu'il suil :
lo Masse de nourriture 507 fr.\
2" Masse d'entretien des trousseaux 60 j
3° Masse d'habillement 1 r)5 f
4° Masse d'appointements et ga;j;es 45 /
5" Masse des livres et autres frais d'études 55 ]
6° Masses des menues dépenses i i8 /
970 fr.
EN l'UANCL. 185
Toutes les places d'élèves de l'École normale étaient d'abord entièrement gratuites; mais, depuis quelques années, une partie des bourses est divisée en demi-bourses, ce qui, en permettant d'admettre un plus grand nombre de candidats, offre surtout cet avantage, d'exciter l'émulation des élèves.
Trousseau.
Les élèves apportent le trousseau suivant :
Un habit do drap brun foncé, doublé de même; boulons de métal, portant en légende : École normale; — un surtout de drap même couleur; — deux gilets, dont un de drap noir; — trois culottes noires; — six caleçons; — un chapeau; — deux paires de draps de treize mèlres chacun, en toile de cretonne; — douze serviettes; — douze chemises, toile de cretonne; — douze mouchoirs; — douze cravates, dont huit de mousseline double et quatre de soie noire; — huit paires de bas, dont quatre au moins en noir; — quatre bonnets de nuit; — deux peignoirs; — une brosse; — deux peignes; — trois paires de souliers; — un couvert d'argent.
Le tout neuf et marque au nom de l'élève.
Pendant leur séjour à l'école, ils sont entretenus aux frais de l'Université.
INSTrxUCTlON PROFESSIONNELLE.
COXSEILS AUX FAMILLES.
Dans l'ordre social , où loulcs les places sont marquées, chacun doit êlre élevé pour la sienne.
J.-J. RoussEAL , Emile.