‹ De l'instruction publique en FranceChapitre 54 sur 110 · PROPRIETAIRES AGRONOMES · texte numérisé non relu

PROPRIETAIRES AGRONOMES

Considérations de classe et de fortune, — C'est parmi les fils de propriétaires aisés que rinstriiction universitaire fait peut-être le plus de victimes, car il est rare qu'on ne s'empresse pas de les envoyer sans réflexion dans un collège, d'où ils ne sortent que pour aller san» guide , sans expérience, sans surveillance, suivre avec la foule des jeunes gens de leur âge les cours d'une Faculté , courir dans une ville populeuse les hasards de la mauvaise compagnie, compromettre leur fortune par des dettes, et leur santé par des excès; et cela, au lieu de recevoir une bonne instruction rurale qui les mette en état, dès l'âge de quinze à vingt ans, d'être les régisseurs ou les fermiers de leur père, d'administrer leur patrimoine, de l'améliorer, de donner l'exemple des bonnes méthodes appliquées avec discernement à la culture des terres ; de se mettre enfin à la tête de la génération nouvelle et de la réforme agricole , qui seule en France peut mettre un terme à la progression du prolétariat , à la démoralisation du peuple, au déclassement des générations, à l'influence funeste dos capitales et des grandes villes, aux discussions politiques et aux révolutions sociales : lorsque les populations augmentent, et que les produits ne s'accroissent pas , la misère seule est en progrès; lorsque les manufactures s'encombrent, et que les ouvriers cessent d'être occupés, des révolutions se préparent par des émeutes ; car la force qui les réprime un instant ne fait que les amonceler plus grosses et plus terribles. Gare aux États entraînés sur la pente des dilapidations ! Garo aux populations qui abandonnent les travaux des champs pour ceux incertains des villes ! Gare surtout aux pro-

priétaires parasites qui pensent qu'ils ne sont pas tenus de rendre au sol par leurs soins autant qu'il leur donne par ses produits, et qui s'imaginent que le travail et l'instruction , indispensables pour acquérir, ne sont pas nécessaires pour conserver!

De grandes catastrophes les menacent.

Qu'elle serait belle, au contraire, la destinée des propriétaires encore jeunes, si nous parvenions, par un système d'instruction plus complet, à les ramener vers la condition d'où ils s'éloignent; si nous parvenions, en deux mots, à leur faire comprendre l'avantage de joindre à la qualité de propriétaire celle d'agronome !

Un grand problème d'équilibre social sera résolu lorsque les propriétaires riches se feront administrateurs de leurs domaines, et lorsque les propriétaires n'ayant qu'un patrimoine insuffisant le vendront pour s'en former un capital et se faire fermiers.

Alors on ne contestera plus à la propriété les privilèges que lui accordent nos lois politiques , lorsqu'elle prendra rang d'industrie , lorsque les propriétaires , suivant une direction droite , se prépareront par une instruction rationnelle à l'honorable condition de propriétaire agronome, ou à celle de fermier industriel.

Alors les conseils municipaux deviendraient des pépinières d'hommes instruits , pratiques et capables , économes du temps , intéressés à l'ordre et à toutes les améliorations, accoutumés à juger la valeur des choses sur leur aspect utile et applicable, n'ayant pas besoin d'écrire leur opinion pour la dire, instruits par expérience des vexations qui se commettent sur chaque point , des abus à réformer et des vœux à satisfaire. Alors les contribuables auraient des représentants éclairés , des mandataires indépendants; leurs intérêts ne seraient pas sacrifiés à des discussions sans objet , qui , en prolongeant démesurément les sessions parlementaires , éloignent des affaires publiques tous les hommes capables et conscien-

deux, qui ont des considérations de fortune à ménager, des devoirs de profession ou de famille à remplir.

Les propriétaires n'ayant qu'un patrimoine insuffisant, et qui le vendraient pour se faire fermiers, auraient sur les fermiers actuels l'avantage de leur instruction et d'un capital disponible. Les terres morcelées se recomposeraient ainsi d'elles-mêmes par les fermages.

Les propriétaires tiennent entre leurs mains les destinées de la France ; car en donnant aux terres qu'ils possèdent toute la valeur dont elles sont susceptibles, ils no peuvent manquer d'acquérir par cela môme comme une influence de localité qui, les faisant passer graduellement par l'élection , par les conseils municipaux, par les fonctions de maire, par les conseils d'arrondissement, par les conseils généraux, doit les amener inévitablement à la représentation des intérêts du pays , et leur donner la connaissance approfondie de ses besoins.

Quand les révolutions ont détendu les liens sociaux , ébranlé d'anciennes croyances , créé des convictions nouvelles , mis en présence les opinions et les intérêts contraires, un gouvernement n'a qu'un moyen de mettre un terme au désordre et de ressaisir cet ascendant moral nécessaire à l'exercice de l'autorité dont l'investissent les lois, c'est de régénérer la population par un système d'instruction publique qui pénètre tous les esprits de l'esprit de l'époque.

Ce que les gouvernements ont négligé de faire, tous les pères de famille doivent se réunir pour le tenter, s'ils veulent que l'avenir de leurs tils ne ressemble pas au passé qu'ils ont subi.

Si les propriétaires désœuvrés ont des ennemis politiques, les propriétaires jeunes, actifs, intelligents, n'en auront plus , dès qu'ils auront compris que leurs intérêts ne sauraient être mieux administrés qu'en restant dans leurs propres mains.

Dans cette manière de considérer la propriété patries.

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moniale , non plus comme une qualité , mais comme une profession , il y a une grande pensée de hiérarchie sociale , une abondante source de richesse publique , un nouvel élément de la représentation municipale et parlementaire.

Les propriétaires qui n'administrent pas par eux-mêmes, qui désertent les travaux des champs pour les loisirs {des villes, trahissent leur cause; ils dépouillent le sol qui les fait vi\Te des capitaux dont il a besoin pour rester fertile ; ils abandonnent l'élection à l'intrigue ; ils s'isolent de toutes les améliorations ; ils désertent les libertés qu'ils devraient défendre ; ils obligent les conseils municipaux à ne se recruter que d'hommes sans instruction et sans intelligence, qui, à leur tour, les excluent, lorsque par hasard ils se présentent pour en faire partie ; ils recherchent les fonctions rétribuées et dédaignent celles de maire; ils arrivent enfin à la tribune législative avant de s'être formés par les discussions municipales aux débats parlementaires ; là , ignorants et muets , ils écoutent plaider, et grossissent, sans considération et sans influence , la majorité des députés passifs; ils siègent sans être en état de démêler exactement un abus d'une amélioration ; ils votent enfin le budget qu'ils improuvent , ne sachant comment le réduire , et sortent de la chambre pour en accuser l'ignorance et l'incapacité.

Il n'en serait pas ainsi si les jeunes gens destinés à devenir propriétaires recevaient une instruction en harmonie avec leur condition sociale ; si , au lieu de recevoir 2 ou 5 pour cent au plus de la terre , leur industrie lui faisait produire deux ou trois fois ce revenu , ce qu'un fermier , faute de capital et de méthode, peut rarement faire; s'ils apprenaient l'ordre en le pratiquant ; s'ils étudiaient dans leur municipalité le mécanisme représentatif pour en rectifier les rouages; s'ils s'appliquaient à observer quels sont les intérêts publics en souffrance , quelles sont les libertés gênées par le monopole , quelle est la licence

non réprimée par les lois , quels sont enfin les obstacles que rencontre le développement des industries.

Le grand ministre qui comprit le mieux , à notre sens, les intérêts de la France, Sully, pensait, comme nous, que la qualité de grand propriétaire a ses obligations, que c'est la profession la plus noble de toutes ; mais aussi que , comme toutes les professions , elle a des devoirs à remplir; qu'attirer à la cour les riches propriétaires, c'est tarir les sources du travail et de la richesse , c'est sécher les mamelles de l'État. Aussi Sully ne cessait-il de presser le roi, son ami, d'éloigner de sa cour, par une indifférence affectée, les gentilshommes dont le luxe ne venait se déployer à Paris qu'au préjudice de la fertilité du sol, et qu'au détriment du bien-être de leurs vassaux.

Quelque grande, sage et féconde qu'on la puisse imaginer, jamais une révolution politique ne produira une aussi riche moisson de libertés, d'ordre, de morale et de bien-être publics , que le peut faire la simple et modeste réforme qu'ici nous appelons de tous nos vœux, et que commande, dans l'enseignement d'une classe de citoyens, le double intérêt de la monarchie et de la propriété.

Par ce simple fait de la réunion en la même personne de la science agronomique et de la propriété foncière , du capital et de l'instruction , la France verrait bientôt s'augmenter considérablement la production du sol et diminuer ses frais d'exploitation rurale. La dépense de main-d'œuvre et l'excès de forces absorbées par les travaux pénibles de l'industrie agricole ne tarderaient pas à se réduire par la méthode rigoureuse et la précision chiffrée qui distinguent les opérations manufacturières , tandis que l'économie des déchets et l'emploi des résidus non utilisés deviendraient au contraire l'objet d'une augmentation inappréciable de richesse reproductive; — d'une part, les découvertes journalières des sciences chimiques et physiques applicables et appliquées à la préparation des engrais destinés à prévenir et à réparer l'épuisement du

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sol, en varieraient à l'infini les effets fertilisants; — d'autre part, l'importation judicieuse et la naturalisation en France de plantes et graines exotiques renouvelleraient avantageusement les plantes et graines indigènes, inférieures ou dégénérées. L'amélioration du sort des classes laborieuses, qui peut s'obtenir par une préparation à la fois plus économique, plus saine et plus variée des aliments, par une fabrication perfectionnée des boissons, par un meilleur mode de reproduction des races et d'engrais des bestiaux , par un meilleur système de construction, ne serait plus alors une cbimérique tentative.

En France , jusqu'à présent , l'agriculture , à peu d'exceptions près , n'a jamais été que la profession de tous les hommes incapables d'en exercer une autre; c'est qu'en effet tout conspire à nous en détourner dans l'instruction que nous recevons. Fils des Universités , quand nous quittons leurs bancs, notre mémoire est fatiguée des versions de la fable et de l'histoire , des formes invariables d'une rhétorique sans éloquence et sans but, et nous ignorons de quels bienfaits la France est redevable à Parmentier; et quand nous héritons du patrimoine paternel, nous foulons sous nos pieds les landes et les jachères, sans savoir quelle richesse nous dédaignons, à une époque où l'on se montre cependant si avide de fortune ! et si nos fermiers sont inhabiles , nous sommes hors d'état de les reprendre et de leur servir de guides; et quand nous dépassons les murs de nos villes, l'ingénuité de nos questions fait hausser les épaules du paysan que nous taxons superbement d'ignorance et de routine.

Dans un pays qui compte six millions de propriétaires terriens, n'est-ce pas une lacune honteuse de l'enseignement, que cet oubli si complet de l'agriculture dans l'instruction publique?

Réparons-le donc sans retard par des études spéciales, qui équivaudront à une augmentation de patrimoine , et rendront moins sensibles dans les familles les effets des

partages par voie de successions. S'enrichir par l'accroissement des produits du sol , ce sera créer du travail ; et créer du travail est l'œuvre la plus morale, car elle prévient le désordre des mœurs et rend moins fréquente la périodicité des révolutions; l'aumône entretient la misère, le travail seul la fait disparaître.

« Si j'avais à élever un jeune prince, écrivait le marquis de Mirabeau, je voudrais que nous prissions, lui et moi, une ferme dans son parc, que nous mènerions à nos risques et profits. Nous nous garantirions du gibier, nous payerions la dîme et la taille ; nous serions collecteurs à notre tour. Nous connaîtrions les débouchés des productions de notre culture; nous saurions le prix des marchés; nous examinerions les dépenses, les produits et les charges ; nous aurions l'attention de satisfaire régulièrement au payement du fermage et de ménager des ressources pour faire face aux accidents désastreux et à l'entretien des fonds de notre établissement. Nous apercevrions combien les impositions imprévues et arbitraires sont destructives. Nous sentirions les effets funestes des prohibitions de commerce, qui préjudicieraient à nos ventes et à nos achats ; des droits de péage , de douane , de visite , et des manœuvres inquiétantes qui pourraient nous suggérer des affaires litigieuses et ruineuses avec la police fiscale. Enfin, nous connaîtrions tous les rapports de notre état avec la marche du gouvernement et avec tout ce qui nous environnerait. Je ne sais si cette manière de faire connaissance avec le monde (car l'éducation n'est pas autre chose) n'en vaudrait pas bien une autre. Cette épreuve utile, à laquelle je soumettrais un prince, à plus forte raison convient-elle à la jeunesse de tous les états. »

APTITUDE. — Esprit d'ordre et d'observation , persévérance et prévoyance , — art du commandement.

INSTRUCTION NATIONALE : 1" ct 2° dcgrés.

INSTRUCTION PROFESSIONNELLE. — InstructioH élémentaire supérieure plus approfondie;

Législation rurale et communale ;

Statistique ;

Histoire naturelle ;

Education et amélioration des races ;

Architecture et mécanique rurales.

En recommandant aux propriétaires l'étude de ces connaissances, nous ne saurions en déterminer la juste limite qu'en établissant des examens.

11 faudrait, selon nous, que tout jeune agronome fût en état de répondre aux questions suivantes :

1° Quels sont les méthodes, les instruments et le genre de culture le plus convenables , selon la qualité du sol, la température, le prix des produits, leur emploi, leur condition favorable ou défavorable de débouchés ; quels sont enfin les procédés de travail les plus rationnels , c'est-à-dire les moins pénibles et les plus lucratifs?

2° Quels sont les principes qui doivent présider au mode de préparation le plus économique et le plus sain des aliments, et à la fabrication des boissons?

5° Quelles sont, dans les conditions données, les meilleures races d'animaux, sous le rapport de la reproduction, du travail , du produit et de l'engrais; — quelle est l'influence de dégénérescence exercée sur leur nature par le climat, le sol, le mode de nourriture; — quelle est l'hygiène qui leur convient; — quelles sont enfin les meilleures méthodes de reproduction et d'amélioration, et les pratiques les plus expéditives pour ajouter, soit à la force, soit à la valeur des bestiaux?

4° Quels sont les modes de construction, d'habitation, d'exploitation, d'usine, etc. , les plus rationnels, selon la destination donnée et le prix des matériaux; — quels sont les avantages qui doivent faire préférer tels appareils, machines et instruments à d'autres analogues?

5° Quels sont les moyens les plus simples d'administrer avec ordre et économie , sous les rapports de l'accroissement du capital et des revenus , différentes exploitations,

soit à titre de propriétaires ou de fermiers ; — comment les améliorer, les assurer et les garantir par les voies légales, etc.; — quel est le capital d'exploitation nécessaire selon l'étendue, quelles sont les ressources locales ? etc.

6° Quels sont les produits manquants ou excédants

— dans la localité, — dans le département, — en France et à l'étranger ; — quelles sont les considérations qui peuvent influer sur la consommation ou sur les frais de la production ; — quels sont les établissements industriels profitables en raison du nombre des débouchés et du prix revenant des matières premières ; — ceux frappés de stérilité en raison de l'encombrement des produits ou d'une concurrence inégale; — quelles senties cultures susceptibles d'y être appropriées avec avantage; quels sont enfin les meilleurs moyens de convertir surplace avec avantage les productions brutes du sol en produits manufacturés de commerce , — pour diminuer les frais de transport ,

— éviter les déchets — et utiliser les résidus ?

Ce que surtout ils devront bien savoir, c'est que la force et le temps sont argent , et doivent être calculés comme tels ; c'est que tout objet n'a de valeur intrinsèque et relative, susceptible d'être exactement calculée, qu'autant qu'on peut établir pour le vendre tout ce qu'il a coûté.

Si les propriétaires agronomes ne doivent pas essayer tout ce qu'ils trouvent dans les traités de culture, il n'en importe pas moins qu'ils se tiennent toujours au courant de tout ce qui se fait dans les pays avancés , selon le sol, le climat, les méthodes et les instruments en usage, afin que leur imagination travaille et s'exerce. Le sol est plus inconstant qu'on ne croit, il se lasse des mêmes cultures trop longtemps répétées, il se dégoûte de donner toujours, sans varier, les mêmes récoltes; il veut, pour produire avec toute sa vigueur, que l'imagination de l'agronome le stimule. Le véritable agronome doit moins chercher, dans les ouvrages agricoles, des procédés ou des

exemples à imiter , qu'un levain qui fasse fermenter seâ idées. Il ne doit pas copier, mais réfléchir; les idées que la mémoire emprunte, sans que l'imagination se les approprie, sont comme le blé que l'on emmagasine pour le conserver; il ne se reproduit pas.

A tous les propriétaires nous ne dirons donc pas : Imitez tout ce qui vous sera décrit; nous dirons, au contraire : Apprenez tout ce qui se fait ailleurs, n'imitez rien servilement ; modifiez tout, n'essayez que sur la plus petite échelle, appliquez-vous à exercer votre esprit d'observation par la réflexion et par la comparaison, et vous verrez alors que les bons ouvrages sont féconds en résultats productifs.

ÉTABLISSEMENTS D'INSTRUCTION SPÉCIALE

INSTITtTIOX ROYALE AGRONOMIQUE DE GRIGNON.

L'école d'agriculture de Grignon, près de Néaulphe '(Seine-et-Oise), dont l'ouverture date dul" mai 1831, a été fondée dans le but de donner aux jeunes gens qui se •destinent à la culture une instruction tout à la fois théorique et pratique.

Le domaine de Grignon, composé de d, 100 arpents, offre des terres labourables de diverses natures, des bois ■d'essences très-variées, des cours d'eau propres à des usines, un vaste étang, des prairies irrigables et des pièces d'eau desséchées.

On a adopté tous les instruments dont l'utilité réelle a été reconnue, soit en France, soit en Angleterre, soit en Allemagne; quelques-uns ont reçu à Grignon même de notables perfectionnements , et d'autres ont été inventés et soumis à la sanction d'une expérience journalière.

Les étables renferment tous les animaux sur lesquels s''appuient les travaux et les spéculations agricoles d'élevage ou d'engraissement.

Les attelages sont formés de juments de race cauchoise et du Perche , de bœufs d'Alsace , du Limousin , du Cholet, du Nivernais.

La vacherie est composée de taureaux de race suisse (Schwitz) , de trente vaches suisses , normandes et croisées , de vingt-six élèves de différents âges et de divers degrés de croisement.

Les troupeaux , qui s'élèvent à 1,000 têtes , présentent les races mérinos, anglaise, artésienne, solognaise, vendômoise, métis mérinos, anglo-mérinos, anglo-artésien.

La porcherie réunit les diverses races anglaise , anglochinoise, anglo-américaine.

Une machine à battre de premier ordre , une féculerie, une fabrique de fromages , un jardin botanique , des pépinières, un jardin maraîcher, des plantations de mûriers, complètent rinstructicn pratique;.

objet et durée de renseignement.

L'instruction théorique des sciences et des arts applicables à l'agriculture et à l'emploi immédiat de ses produits dure deux ans.

On enseigne la première année :

1° Les mathématiques élémentaires et leur application à l'arpentage, au lever des plans et aux nivellements ;

2" La topographie, le nivellement et le dessin graphique ;

3° La physique et la chimie élémentaires d'application;

A" La botanique élémentaire et la physiologie végétale, avec leur application à la culture et aux plantations;

5" Les principes généraux de l'art vétérinaire;

G" Les principes raisonnes de la culture et du service des fermes;

7° Les principes d'économie rurale appliqués à l'emploi des capitaux et à l'administration intérieure des fermes ;

8° La comptabilité en partie double.

La seconde année on enseigne :

4° Les principes de culture dans leurs applications spéciales à l'art de produire et à l'emploi des produits ;

2° Les mathématiques appliquées à la mécanique et à l'hydraulique , et les éléments d'astronomie ;

5° La physique et la chimie appliquées aux analyses des terres, des eaux, des engrais, etc., aux distillations et à l'emploi économique de la chaleur ;

4° La minéralogie et la géologie appliquées aux exploitations des diverses substances fossiles , aux sondages et aux recherches des eaux souterraines ;

S" L'horticulture du potager et du verger, l'art forestier et la connaissance des insectes utiles et nuisibles ;

6° L'architecture rurale, dans les applications aux constructions des bâtiments, des chemins, à la conduite et conservation des eaux , aux devis et dessins des plans, à la fabrication des chaux, mortiers, ciments, bétons et bitumes, et leur emploi; 7° La législation relative aux propriétés rurales; 8° Les principes d'hygiène pour les hommes et les animaux.

Les cours sont distribués de manière que ceux qui comportent le plus grand nombre d'expériences et d'application sur le terrain aient lieu pendant l'été, et les autres pendant l'hiver.

Instruction théorique. — Il y a à Grignon une salle où les élèves internes sont tenus de se rendre et d'étudier aux heures fixées par un règlement intérieur.

Les élèves libres y sont admis sur leur demande expresse ; mais s'ils troublaient l'ordre établi, ils en seraient immédiatement exclus.

Les cours et les études commencent à six heures en été et à sept heures en hiver. Leur ordre est fixé par un règlement intérieur.

L'après-midi du samedi et la matinée du lundi sont

exclusivement consacrées à des instructions pratiques.

Instruction pratique. — Les élèves ne peuvent manier les instruments aratoires qu'autant qu'ils se sont soumis à un apprentissage préalable du service de la ferme, et qu'ils sont reconnus avoir l'aptitude nécessaire pour éviter les fautes et les accidents.

Chaque semaine, des élèves de service suivent le service intérieur de la ferme. Ils tiennent note des observations qu'ils ont pu faire et des questions sur lesquelles ils ont besoin d'éclaircissements ; ils les transmettent au principal, qui, de concert avec le directeur, donne chaque soir les réponses nécessaires aux élèves.

Oblentlon du litre d'élève de l'inslilulion royale agronomique de Grignon.

Les élèves qui se distinguent sont , chaque année , sur la proposition du principal , approuvée par le conseil d'administration, cités dans les Annales de l'Institution, avec une mention honorable.

Aucun élève interne ne reçoit le titre d'élève de l'Institution royale agronomique de Grignon, s'il n'a suivi tous les cours qui y sont professés, et si sa conduite n'a été irréprochable.

Ce titre est également accordé, sur leur demande, aux élèves libres qui remplissent les mêmes conditions. Chaque année , la liste des élèves reçus est imprimée dans les Annales.

Ceux des élèves libres qui veulent participer à ces instructions pratiques y sont admis; mais ils doivent alors s'engager à se conformer exactement à l'ordre établi.

Condilions d'admission.

Deux classes d'élèves sont admises à l'école d'agriculture :

Des élèves libres et des élèves internes.

Aucun élève ne peut être admis comme élève libre, s'il n'est âgé de vingt ans révolus. Chaque élève libre a une chambre particulière.

Les élèves internes doivent être âgés de quinze ans au moins.

Les élèves libres ne sont soumis â aucun règlement intérieur ; cependant ils doivent loger à l'établissement, et prendre leurs repas à la table commune.

Les élèves internes sont soumis à un règlement intérieur d'ordre pour leur conduite et l'emploi de leur temps , qui est distribué en études théoriques et pratiques : il leur est présenté avant leur entrée , et ils doivent promettre de l'observer strictement.

Connaissances préalables.

Les élèves qui postulent leur entrée à l'institut de Grignon doivent justifier qu'ils possèdent au moins une instruction première.

Déboursés.

Le prix de la pension des élèves libres est de 1,500 fr. par année de cours, payables par trimestre et d'avance, pour l'instruction , le logement et la nourriture : le blanchissage se paye à part.

Le prix de la pension des élèves internes est de 1,500 francs, payables par trimestre et d'avance, pour l'instruction, le logement, la nourriture, le cbaufTage commun , l'éclairage , les soins médicaux , le blanchissage et l'entretien du trousseau. Ils sont logés dans des dortoirs en cellules.

Ceux qui désirent avoir des chambres particulières payent 500 francs de plus.

Il n'y a aucune rétribution accessoire , sous quelque prétexte que ce soit; cependant les fournitures des objets de bureau et de dessin sont au compte des élèves.

Bourses.

Le conseil d'administration de Grignon , dans le but de propager, autant qu'il est en lui, l'instruction agricole en France, a décidé, le 16 février 1852, qu'il serait fondé vingt-cinq bourses , de 500 fr. chaque , pour autant d'élèves internes , dont la pension se trouvera ainsi réduite àl,000fr.

Pièces à produire pour l'obtention des bourses.

Pour être admis à cette faveur , l'élève ou ses parents doivent adresser au directeur de l'établissement leur demande appuyée : 1° d'un certificat du maire, constatant que le candidat est de bonnes vie et mœurs, et qu'il a reçu une instruction première ; 2" d'une déclaration des parents, portant que leur fortune ou le nombre de leurs enfants ne leur permettent pas de payer le prix intégral de la pension; 5" d'un extrait des impositions payées soit par l'élève , soit par ses père et mère. Ces demandes sont enregistrées , et les élèves sont reçus d'après la date de leur inscription.

Les jeunes gens ainsi admis ont droit à la même instruction , et sont l'objet des mêmes égards que les autres élèves , parmi lesquels l'aptitude et la conduite peuvent seules établir des distinctions.

Trousseau.

Les élèves libres et les élèves internes doivent apporter un trousseau en entrant.

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