‹ De l'instruction publique en FranceChapitre 55 sur 110 · INSTITUT AGRICOLE DE ROVILLE · texte numérisé non relu

INSTITUT AGRICOLE DE ROVILLE

Objet et durée de l'enseignement.

Le but essentiel de l'Institut de Roville étant de former des sujets capables de diriger des exploitations rurales,

2ôi DE l'instruction plulique

l'instruction théorique et pratique de l'agriculture proprement dite continue d'y former la base de l'enseignement ; et comme l'instruction la plus soUtrd est toujours celle que l'on acquiert par l'observation et l'expérience, un des principaux moyens de l'enseignement consiste à fixer constamment l'attention des élèves sur les diverses opérations de la ferme, tant dans la partie matérielle des procédés de culture, que dans toutes les branches de l'administration et de la comptabilité. A cet effet, les élèves assistent tous les soirs à l'ordre, dans lequel les chefs de service rendent compte des travaux de la journée, et reçoivent des instructions détaillées et motivées sur ceux du lendemain , et où l'on écrit, sous leur dictée, tous les articles de comptabilité relatifs aux travaux du jour. Chaque matin, les élèves accompagnent M. de Dombasle dans une tournée dirigée sur les parties de la ferme où s'exécutent les travaux.

Une leçon en forme de conférence est faite chaque semaine par M. de Dombasle, et l'on y discute les points de pratique ou de théorie qui sont présentés par écrit sous forme de questions, par chacun dos élèves individuellement. Un cours méthodique d'agriculture est fait par un professeur spécial ; il occupe une leçon par semaine en été et deux en hiver.

Les élèves suivent également des cours particuliers de botanique, de physiologie végétale, de minéralogie, do géométrie appliquée à l'arpentage des terres, d'art vétérinaire et de comptabilité en partie double, appliquée aux besoins de l'agriculture. Ce dernier cours commence le i" novembre de chaque année, et dure quatre mois. Ceux de botanique et de physiologie végétale commencent en avril et se continuent pendant toute la belle saison.

En 1831 , on a établi à Roville un cours de culture d'arbres forestiers.

EN F«A>Cf:. 233

Conditions d'admission.

Les élèves sont admis à toutes les époques de l'année.

Connaissances prdalubles.

Aucune connaissance préliminaire n'est rigoureusement exigée pour l'admission des élèves ; cependant on ne pourrait recevoir ceux qui ne sauraient bien lire, écrire et compter.

Débourses. .

t.a rétribution payée à l'établissement pour l'instruction est de 300 fr. par an, payable par trimestre et d'a- \ ance. On reçoit aussi des inscriptions, pour un mois seulement, à raison de 30 fr.

Il est impossible de nourrir ni loger aucun élève à rétablissement; ils trouvent chez les particidiers du lieu des pensions dont les prix varient de 23 à 33 fr. par mois pour nourriture et logement.

Outre les élèves, on reçoit à l'établissement, sous la dénomination d'apprentis, des jeunes gens qui y reçoivent l'instruction dans le maniement des instruments perfectionnés d'agriculture, et dans la prati(jue des procédés agricoles qui sont en usage dans la ferme. Les apprentis font le même service que les domestiques de la ferme; ils mangent avec eux, couchent comme eux dans les écuries, et sont rigoureusement assujettis à la même discipline et à la même subordination.

Conditions d'admission des apprentis.

On ne reçoit comme apprentis que des hommes de dixhuit ans au moins.

Connaissances préalables.

Les apprentis doivent, pour être admis, être déjà bien habitués à la conduite des chevaux et des bœufs.

Déboursés. ^H

L'instruction des apprentis se paye à raison de 50 fr. pour un mois, M fr. pour trois mois, et de 72 fr. pour six mois. L'apprenti qui s'engage à rester pendant un an reçoit l'instruction gratuitement. Dans tous les cas, la nourriture se paye à part , à raison de 24 fr. par mois. L'apprenti qui s'engage à rester pendant un an doit déposer, à son entrée , une somme de 150 fr. pour garantie de cet engagement ; cette somme lui est rendue à l'expiration de l'année; mais il n'a aucun droit à la réclamer s'il quitte avant cette époque , ou si l'on est forcé de le renvoyer pour cause de mécontentement grave.

INSTITDT AGRICOLE ET ÉCOLE PRIMAIRE d'AGRICDLTORE

DE grand-jouan (Loire-Inférieure).

La région de l'ouest de la France , où est fondé cet mslihit, dirigé par M. Jules Rieffel, est couverte de landes immenses, terres de bruyères et sables vagues et improductifs. Grand-Jouan est établi sur cinq cents hectares de landes , dont le sol accidenté offre des terres de qualités différentes : c'est sur son défrichement et sur sa mise en valeur que s'appliquent les travaux de Vinstitut. Les jeunes gens que leur vocation appelle dans la carrière des champs trouvent donc au sein de cette localité, indépendamment de la pratique générale, un sujet nouveau et généralement peu étudié.

Comme complément nécessaire dans les contrées où la population des campagnes est pauvre et peu avancée, on a joint à l'institut une école primaire d'agriculture. Cette école a été fondée en 1833 par le conseil général du département de la Loire-Inférieure, qui y entretient annuellement vingt-cinq élèves nés dans le département. Elle est destinée à former des laboureurs, des conducteurs de travaux, capables de suivre les progrès de l'art et d'aider les propriétaires dans leurs améliorations territoriales.

Des cours théoriques et pratiques ont lieu pendant toute l'année pour ces deux enseignements, et ils sont répartis de telle sorte que les élèves peuvent assister à tous les travaux de l'exploitation rurale. On s'attache spécialement à diriger l'attention des élèves sur la partie pratique de l'agriculture, base la plus solide de leur avenir.

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