I.A CONSTITUTION DES ARMÉES DE TERRE DE I.A FrANCE EN
Il faut lire cet ouvrage pour savoir ce que pourrait et devrait être l'instruction militaire.
ÉTABLISSEMENTS D'INSTRUCTION SPÉCIALE
ÉCOLE ROYALE POLYTECHNIQVE.
Parif!, rue Descartes {montagne Sainte-Geneviève).
Olijet cl durée de l'enseignement.
L'École polytechnique, créée le \" septembre iTOo, remplaça l'École des travaux publics , déjà formée en 1795 pour fournir aux divers services des jeunes gens
instruits, et alimenter le corps des ingônieiirs militaires t't des ingénieurs ci\ ils, tels que les officiers du génie, les ingénieurs des ponts et chaussées et des mines, les constructeurs de vaisseaux , etc. En 1793 , alors que tout était calamité et destruction, les études classiques étaient interrompues, abandonnées; on était menacé de manquer de candidats dans le petit nombre d'écoles qui subsistaient encore, mais dont l'état était déplorable; c'est cette situation qui détermina la création de l'Ecole I^olyteclmique. Lamblardie, Monge, Carnot etPrieur-Duvernois en furent les fondateurs. Ce n'est qu'après avoir subi plusieurs modifications successives dans les études, dans les programmes des connaissances exigées pour l'admission des élèves et dans le régime intérieur, que l'Ecole Polytechnique a acquis le degré de perfectionnement qu'elle a atteint.
Elle est spécialement destinée à former des élèves pour les services :
De l'artillerie de terre et de mer ;
Du génie militaire et du génie maritime ;
De la marine royale et des ingénieurs hydrographes;
Des ponts et chaussées et des mines ;
Du corps royal d'état-major {partie de géodésie) ;
Des poudres et salpêtres ;
Enfin , pour les autres services publics qui exigeraient des connaissances étendues dans les sciences physiques et mathématiques, tels que l'enseignement même de ces sciences.
La durée du cours complet d'instruction est de deux ans; les élèves obtiennent cependant, dans le cas de maladie , l'autorisation de restertrois ans à l'école, mais jamais plus longtemps.
L'Ecole Polytechnique a été placée , par l'ordonnance du 50 octobre 1832, dans les attributions du ministre de la guerre ; elle est soumise au régime militaire.
362 DE l'instruction PUBLIQUr
Examens.
Les élèves ne passent d'une année d'étude à l'autre et ne parviennent aux écoles d'application qu'après avoir subi des examens sur toutes les parties de l'enseignement.
Conditions d'admission.
On ne peut êlre admis à l'École Polytechnique que par voie de concours.
Le concours est ouvert chaque année dans les principales villes du royaume, auxquelles des arrondissements d'examen sont assignés.
Un avis officiel fait connaître l'époque de l'examen dans chaque arrondissement, lequel a lieu ordinairement du l*-^ août au 1" octobre.
Pour être admis au concours, il faut être Français, et avoir eu plus de seize ans et moins de vingt ans au 1" janvier de l'année courante.
Aux termes de l'article 4 de la loi du 14 avril 1852 , les militaires des corps réguliers peuvent y être admis jusqu'à l'âge de vingt-cinq ans, pourvu que cet âge ne soit pas accompli avant le jour de l'examen. Toutefois, les militaires qui ont concouru sans succès pour l'École Polytechnique ne sont admis à se faire remplacer à leurs corps que sur l'autorisation spéciale du ministre , et seulement après avoir servi activement pendant deux ans sous les drapeaux.
Les candidats doivent se faire inscrire avant le 10 juin à la préfectiu-e du département du domicile réel de leur famille , et ne peuvent être examinés que dans l'arrondissement d'examen dudit domicile, ou dans celui où ils se trouvent pour achever leur première instruction, pourvu qu'ils y soient fixés depuis plus d'un an.
Sont exceptés de cette dernière obligation les candidats
militaires , lesquels peuvent se présenter dans la ville d'examen la plus voisine du lieu de leur garnison.
Les candidats admis à l'École reçoivent à domicile leur lettre d'admission : elle leur fait connaître le jour où ils devront être rendus à l'École.
A leur arrivée , il sont soumis à une visite de médecin , qui a pour objet de constater qu'ils n'ont aucune maladie contagieuse ni aucune intirmité qui les mettrait hors d'état d'être admis aux cours de l'École, ou qui les rendrait impropres aux services publics, dans le cas où ils s'y destineraient exclusivement.
Connaissance.^ préalables.
Les connaissances exigées pour l'admission à l'École Polytechnique sont :
i" L'arithmétique complète, comprenant la théorie des proportions , des progressions , des logarithmes et l'usage des tables; l'exposition du système métrique ;
2" La géométrie élémentaire, comprenant les propriétés des triangles sphériques ;
5° L'algèbre , comprenant la résolution des équations des deux premiers degrés), celle des équations indéterminées du premier degré , la théorie des exposants fractionnaires et des exponentielles ; la démonstration de la formule du Binômede Newton , dans le cas seulement des exposants entiers positifs ; la composition générale des équations , la règle des signes de Descaries, la détermination des racines commensurables, celle des racines égales ; la résolution des équations numériques par approxima^ tion, l'élimination des inconnues entre deux équatior d'un degré quelconque à deux inconnues ;
4" La trigonométrie rectiligne , et l'usage des tables de sinus;
5° La statique démontrée d'une manière synthétique , comprenant : la composition et la décomposition des forces , la composition et l'équilibre des forces qui agissent
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dans un même plan suivant des directions quelconques , la composition et l'équilibre des forces parallèles, la détermination du centre de gravité du triangle et de la pyramide , l'équilibre des machines simples , le levier, la poulie, le plan incliné, le coin, le treuil, la vis et les moufles ;
G" La discussion complète des lignes représentées par les équations du premier et du second degré à deux inconnues, et lespropriétés principales des sections coniques;
7° Un exemple de résolution de triangle rectiligne est proposé à chacun des candidats, pour constater qu'il sait se servir des tables de logarithmes. Les calculs sont faits avec des tables à sept décimales ;
8° Les candidats traduisent , sous les yeux de l'examinateur, un morceau d'un auteur latin de la force de ceux qu'on explique en rhétorique , et traitent par écrit , en français, un sujet de composition donné. Leur écriture doit être lisible et leur orthographe correcte;
9" Ils copient enfin une académie , en partie ombrée au crayon , qui leur est présentée par l'examinateur.
Avant d'entrer à l'École , les élèves doivent avoir été exercés à construire , avec la règle et le compas , quelques problèmes de géométrie élémentaire et de géométrie descriptive.
Tous ces articles sont également obligatoires.
Les candidats ne sont examinés que sur les connaissances exigées par le programme. On a cependant égard aux connaissances que les candidats possèdent sur la physique, la chimie et la langue allemande , ainsi qu'à celles qui se rapportent aux procédés du lavis d'architecture.
Les candidats admis sont soumis, lors de leur arrivée à l'École, à de nouvelles épreuves, à l'eiTet de vérifier leurs connaissances en dessin et en littérature française et latine. En cas de fraude reconnue pour les dessins et les compositions fournis au premier examen, l'élève est renvoyé.
Pièces à produire.
Les pièces à produire par les candidats, à l'appui de leur inscription , sont :
i" L'acte de naissance revêtu des formalités prescrites par la loi;
2° Une déclaration d'un médecin ou chirurgien constatant que le candidat a eu la petite vérole ou a été vacciné, et qu'il n'a aucune infirmité ou maladie contagieuse ;
3" Un engagement sous seing privé, légalisé par le maire ou le sous-préfet , pris par les parents ou tuteurs de verser, par quartier et d'avance, à la caisse centrale du trésor public , à Paris , une pension anrmelle de 1 ,000 francs , et de pourvoir aux dépenses d'habillement, de livres et objets d'études nécessaires à l'élève pendant le temps de son séjour à l'École ;
4° La déclaration écrite du lieu d'examen choisi par le candidat d'après les dispositions ci-dessus énoncées;
5" Les candidats militaires ajoutent à ces pièces un certificat d'immatriculation et de présence sous les drapeaux, délivré par le conseil d'administration du corps et visé par le général commandant la division '.
Ot'bour.sc'i.
Chaque élève paye une pension annuelle de \ ,000 Ir. , et subvient en outre aux frais de son habillement uniforme , ainsi que des livres et autres objets nécessaires à ses études. (Voir le n" 5 des pièces à j)roduire.)
Lourses.
L'ordonnance royale d'organisation de l'École a institué A ingt-quatre places gratuites susceptibles d'êtres parta-
' Les pii^ces fournies par les cjndiihils iiui ne soûl point admis à l'École sont renvoyées à la préfeclurc où l'inscription a eu lieu.
5(i6 DE l'instuuchon l'UtLiytE
gées en demi-places. Elles sont accordées aux élèves dont les parents seraient hors d'état de payer la pension. Ces vingt-quatre places sont destinées à récompenser des services rendus à l'État ou des talents très-distingués. Elles sont distribuées, savoir : huit par le ministre de l'intérieur, douze par le ministre de la guerre, et quatre par le ministre de la niarini'.
Les parents qui réclameraient la faveur d'une place à pension entière ou à demi-pension doivent ^ dans les quinze jours qui suivent l'examen, présenter leur demande motivée à celui des ministres qui peut le mieux juger de la nature des services rendus ou des talents qui donneraient des titres à cette faveur.
Ces demandes doivent être accompagnées :
1° D'une déclaration de l'autorité locale énonçant exactement les moyens d'existence, le nombre des enfants et les autres charges de famille des parents , ainsi que la fortune personnelle du candidat ;
2° De certificats authentiques constatant les services rendus à l'État par les parents du candidat ;
3" Enfin d'un relevé du rôle des contributions et des autres pièces que les réclamants jugent utiles pour bien fixer le ministre sur leur position.
Trousseau.
L'uniformité devant régner dans la tenue des élèves, les effets dhabillement sont confectionnés par les soins de l'administration et payés par les parents des élèves. Quant aux autres parties du trousseau, les parents sont libres de les fournir. Elles doivent être neuves, conformes aux modèles déterminés, et avoir été admises avant l'entrée de l'élève. Ceux qui préfèrent les prendre à l'administration les trouvent à des prix qui sont indiqués dans un bordereau particulier annexé à la lettre d'admission.
K-N lUANCE. Ô(i7
I>a dépLMisc du trousseau complet varie de 5 à GOO fr. , sans dépasser cette dernière sonmie , dont environ moitié pour riiabillement uniforme.
ÉCOLE D'ARTILLERIE ET DU GÉ^fIE,
A Melz.
l/inslitution d'une ccoh d'arlillerie à Chàlons en 1790, et d'une école du génie à Mézières en 1791 , fut une des œuvres de la Constituante. Les admissions n'avaient lieu tous les ans (pi'à la suite des examens qui servaient à déterminer le numéro du classement. Pour passer de ces écoles dans les deux corps de l'artillerie et du génie, les élèves se soumettaient à un nouvel examen , qu'on appelait l'examen de sortie. A^vant la création de ces écoles, les officiers de ces deux armes se recrutaient par la promotion des sous-officiers et par les admissions annuelles des aspirants qui avaient satisfait aux examens. En 1794, l'École du génie fut transférée de Mézières à Metz , et le nombre des élèves en fut fixé à trente. Réorganisée de nouveau par l'art. 26 de la loi du 9 septembre 1799 (25 fructidor an vn ) , le nombre des élèves en fut de nouveau réduit à vingt. Enfin , un arrêté des consuls du i octobre 1802 (12 vendémiaire an xi) ordonna la réunion de l'Ecole d'artillerie à celle dti génie à Metz , pour former l'École d'application de l'artillerie et du génie. Les ordonnances postérieures des 8 août 1821 , 12 mars 1825 et 5 juin 1851 , en consacrant définitivement le maintien de cette institution , ont apporté à son organisation les modifications que le temps avait indiquées et rendues nécessaires.
objet et durée de l'enseignement.
Cette École est destinée à former des officiers pour le service des corps royaux de l'artillerie et du génie.
368 DE l'instruction PtULlQLE
La durée des études est de deux ou trois années au
plus.
Examens.
Les élèves qui ont satisfait aux examens de sortie sont classés définitivement, suivant leur ordre de mérite, dans leur arme respective, ils sont alors placés dans les corps de l'artillerie et du génie, pour occuper les emplois de lieutenant, réservés aux élèves par la loi du iA avril
En conséquence du temps consacré par les élèves à leur instruction, il est reconnu à chacun d'eux quatre années d'études préliminaires antérieurement à l'époque de leur admission à l'École d'application. Ces quatre années leur sont comptées comme service eirectif dans la liquidation de leur pension de retraite, et pour l'admission dans l'ordre de la Légion-d'llonneur.
Conditions d'admission.
Les élèves sont pris parmi ceux de l'École Polytechnique reconnus admissibles dans les services publics , d'après l'examen ouvert, à cet elTet, après le 1" octobre de chaque aimée à cette dernière École, et qui détermine l'arme à laipielle ils sont destinés. Ils reçoivent, lors de leur admission, le brevet d'élève sous-lieutenant, dont on fait remonter la date au I'^'' octobre de l'année de leur sortie de l'École Polytechnique. Les élèves sous-lieutenants de l'artillerie et du génie sont assujettis, à l'École d'application, au même régime d'instruction et de discipline, suivant la division à laquelle ils appartiennent.