ÉCOLE D'APPLICATION DU CORPS ROYAL D'ÉTAT-MAJOR
Paris, rue de Grenelle Saint- Germain, liôlel de Sens.
Objet cl durée de l'enseignement.
Cette École est destinée à former des élèves pour le service de l'état-major.
Avant la réunion en un corps spécial , sous le nom do corps royal d'état-major, de tous les officiers employés aux états-majors et remplissant les fonctions d'aides de camp, ces officiers étaient choisis parmi ceux de troupe, et rentraient souvent au corps après la campagne, ou bien après la mort ou la retraite des généraux auprès desquels ils servaient comme aides de camp. La création du corps royal d'état-major dut nécessairement entraîner la formation d'une école spéciale. L'ordonnance du 6 mai 1818, établit cette école à Paris, et la plaça sous le commandement d'un maréchal-de-camp, secondé par un colonel ou lieulenant-colonel commandant en second et directeur des études; un officier supérieur et trois capitaines sont chargés du service intérieur de police et de discipline de l'École, ainsi que de l'instruction militaire des élèves. L'instruction scientifique est confiée à des officiers d'état-major, d'artillerie et du génie, et celle de l'administration à un sous-intendant militaire. Quelques légères modifications ont été apportées, par l'ordonnance du 10 décembre 1826, à la destination des élèves lors de leur sortie de l'École. Enfin une dernière ordonnance réglementaire, du 16 février 1833, a reconstitué définitivement Y École d'application du corps royal d'état-major. Les élèves sont au nombre de cinquante, dont vingt-cinq sont
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annucllomont remplacés et pris , savoir : trois parmi les élèves de lÉcole Polytechnique, d'après les règles établies pour les autres services publics ; vingt-deux parmi les trente premiers élèves de l'École Militaire, et parmi trente sous-lieutenants en activité au plus, qui, ayant au moins un an de grade et ne dépassant pas vingt-cinq ans d'âge, se destinent à l'état-major. Ces soixante officiers, concourant ensemble par voie d'examen pour l'admission à l'École, sont classés par ordre de mérite, et les vingt-deux premiers sont seuls admis avec les trois sujets provenant de l'École Polytechnique.
La durée des études est de deux ans.
Examens. — Grades. — Brevets.
Les élèves qui ont satisfait aux examens et sont reconnus admissibles dans le corps royal d'état-major y remplissent, dans l'ordre de leur numéro de sortie, les emplois de lieutenant et en reçoivent le brevet. Ceux des élèves provenant des régiments, et qui, pendant leur séjour à V École cVappIication, ont été nommés lieutenants dans leurs corps (dont ils n'ont été seulement que détacliés pendant le temps passé à l'Ecole), prennent rang dans l'état-major à la date de cette nomination. A leur sortie de l'Ecole, les lieutenants d'état-major sont détachés pendant deux ans dans un régiment d'infanterie, et ensuite deux ans dans un régiment de cavalerie. Ils servent dans les compagnies ou escadrons pendant la première des deux années qu'ils doivent servir dans chacune de ces leux armes ; ils concourent pendant la seconde au service les adjudants-majors. Une partie de ces officiers, suivant des besoins du service , sont attachés immédiatement à la carte de France.
Condilions d'admission.
Tout sous-lieutenant qui se propose de concourir pour
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le corps d'état-major doit adresser, avant le 1*' août, par la voie hiérarchique, sa demande à Tinspecteurgénéral ; et , en l'absence de celui-ci , au lieutenant-général commandant la division, qui la transmet au ministre de la guerre avant le 20 du même mois, avec son avis et tous les renseignements qii'il a recueillis sur cet officier.
Le ministre désigne les officiers qui doivent être admis au concours et les autorise à s'y rendre. Il leur est délivré à cet eflet une feuille de route sans indemnité; mais ils continuent à recevoir la solde d'activité de leur grade.
Connaissances prûalables.
Les concurrents doivent satisfaire aux conditions du programme ci-après :
Maihémaliqucs. — 1° L'arithmétique, la géométrie, la trigonométrie rectiligne et l'usage des tables de logarithmes;
2" L'algèbre jusqu'aux équations du deuxième degré inclusivement.
Géométrie descriplive.
Épures de l'Ecole Polytechnique. — 1° Préliminaires jusqu'à la plus courte distance inclusivement;
2° Plans tangents , jusques et compris le plan tangent à une ellipsoïde de révolution par un point donné;
ô" Intersection de surfaces, jusques et compris l'intersection de deux surfaces de révolution dont les axes se rencontrent. L'épure n'est pas exigée.
Ombres linéaires. — \° Ombre d'un cylindre;
2° — du puits militaire ou trou de loup;
5° — d'une niche sphérique;
¥ — d'une sphère.
Perspective linéaire. — 1» Perspective d'un cube :
2" — d'une pyramide ;
5" — d'un tronc de cône , par la méthode générale et par celle des points de concours.
Physique. — Propriétés générales des corps; pesanteur de l'air, du baromètre ; théorie de la chaleur ; thermomètres; hygromètres; pesanteur spécifique des corps; composition des forces ; centres de gravité , équilibre des machines simples; phénomènes de la capillarité; principaux phénomènes de l'électricité et du magnétisme; propagation et vitesse du son ; théorie de la vision, et notions nécessaires pour l'intelligence des instruments d'optique.
Chimie. — Nomenclature chimique ; composition et analyse des matières organiques ; théorie de la fermentation; fabrication du vinaigre; préparation de la gélatine; conservation des matières alimentaires ; opérations du tainiage; composition des poudres de guerre et des poudres fulminantes.
Cosmographie. — Mouvement diurne; constellations; principaux cercles de la sphère ; corps célestes ; ligure de la terre; latitude et longitude; mouvement de translation et de rotation de la terre ; saisons ; durée inégale des jours.
Géographie. — Description générale de la surface du globe, comprenant les principaux cours d'eau et les chaînes de montagnes; divisions politiques anciennes et modernes; description de chacune d'elles, sous les rapports militaires, commerciaux et industriels , capitales et principales villes.
Topographie. — Planimétrie; formules et propositions les plus usuelles dans les levés du terrain; usage des instruments, tels que la planchette, l'alidade et la boussole; nivellement; figuré du terrrain par courbes horizontales et par lignes de plus grande pente; notions sur les levés à vue ou reconnaissance.
Artillerie. — Aperçu des machines de guerre des anciens; armes portatives actuellement en usage; description et service des bouches à feu de campagne, de siège,
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de place et de côtes ; confection des artifices et munitions de guerre; organisation et manœuvres des batteries de campagne; notions sur les ponts militaires; emploi de l'artillerie dans l'attaque et la défense des places.
Fortification. — 1° Fortification passagère ; principes généraux du tracé des ouvrages; calcul d'un profil; calcul de la capacité des ouvrages fermés; défenses accessoires, telles que palissades, abattis, etc.; détails de construction des ouvrages; notions sur le défilement.
2" Fortification permanente ; description des principaux systèmes bastionnés.
5° Notions sur l'attaque et la défense des places.
Instruction théorique et protique sur les manœuvres d'infanterie et de cavalerie. — Infanterie ; les quatre écoles du soldat, du peloton , du bataillon et des tirailleurs.
Pour les sous-lieutenants provenant de l'arme de la cavalerie, les écoles du cavalier, de peloton et d'escadron.
Les règlements sur le service en campagne et dans les places, et celui sur la police et le service intérieur.
Jdtninistration militaire. — Administration intérieure des compagnies, solde, hautes-paies, masse individuelle, subsistances, fourrages, cliauU'age, habillement, linge et chaussure, armement, équipement, harnachement, ferrage, logement, chambrées et ordinaires, infirmeries, hôpitaux, ambulances, établissement et tenue du livre de compagnie, livrets et cahiers d'ordinaire, états de mutation , feuilles de prêt , d'appel , de journées et de décompte.
Histoire. — 1" Histoire générale des différents peuples;
2" Connaissance de l'histoire des guerres anciennes et modernes , et particulièrement de celles qui ont eu lieu depuis le commencement du dix-septième siècle jusqu'à nos jours.
Jrl militaire. — Les opérations de la petite guerre , telles que le placement des avant-postes , les rondes , les
patrouilles, les détachements, les convois, les fourrages, les embuscades , les combats en rase campagne , l'attaque et la défense des postes fermés.
La castramétation.
LiUéralure. — Langue latine : traduction d'un auteur de deuxième.
Rhétorique : questions sur la grammaire générale et sur les principales difficultés de la langue française.
Langue allemande. — Lecture, écriture; formes verbales régulières et irrégulières ; explication des trente premières pages de l'ouvrage suivi à l'école de Saint-Cyr et intitulé Recueil des morceaux choisis de lillcrature allemande.
Travaux graphiques. — Les candidats doivent présenter à la commission d'examen :
1° Les épures de géométrie descriptive indiquées au programme, d'après la correction de l'École Polytechnique; les trois dernières épures d'ombres doivent être doubles, c'est-à-dire au trait et lavées ;
2° Un dessin de topographie avec hachures, écritures moulées, signes et teintes conventionnels; un tableau d'écritures moulées d'après le modèle adopté pour le dépôt de la guerre ;
3" Une épure de profils de fortification passagère , avec les défenses accessoires , le tracé des lignes continues et à intervalles; l'épure au trait d'une redoute ou d'une lunette ; le tracé d'un front bastionné suivant le système do Cormontaigne ; les profils et l'attaque de ce front ;
¥ Le tracé d'un camp d'infanterie et celui d'un camp de cavalerie , d'après l'ordonnance sur le service en campagne du 5 mai 1832;
S" Quelques dessins de figure, et particulièrement de paysage , au crayon et au lavis.
Les candidats sont tenus, en outre, d'exécuter sous les yeux des examinateurs :
1° Une des épures de géométrie descriptive;
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2° Un fragment de topographie , d'après un relief en plâtre ;
5° Un dessin de figure ou de paysage.
Les candidats doivent rédiger, en présence des examinateurs, un mémoire court et précis sur une question d'art ou d'histoire militaire , dont on leur donne le sujet.
On exige d'eux une écriture lisible et une orthographe correcte.