DE L INSTRUCTION RELIGIEUSE
fession sont proposées dans nos prédications religieuses comme les fondements et les motifs des véritables vertus chrétiennes ; que les mêmes principes sont traités dans des leçons publiques hebdomadaires de catéchisme que nos ministres donnent à des maîtres et à des maîtresses de catéchisme , dans la vue de les rendre de plus en plus habiles ; que nos ministres , ainsi que ces maîtres et maitresses de catéchisme instruisent séparément notre jeunesse. Pour preuve des mesures que nous avons prises à cet égard , nous alléguerons que quand , par les dispositions bienfaisantes de la régence de notre ville , renseignement amélioré fut introduit dans les écoles communales des pauvres de tous les cultes , nos administrateurs des pauvres , non-seulement se sont empressés de profiter de cette occasion favorable pour les enfants dont ils alimentent les parents ; mais ils ont veillé en même temps à ce que , dans nos deux églises , il fût donné chaque semaine un enseignement religieux par des maîtres habiles.
Après avoir souhaité la bénédiction du Très -Haut à Votre Excellence dans toutes ses relations , et spécialement dans le poste important qui lui est confié pour la prospérité de TÉtat et de la nation, nous avons Thonneur d*étre , avec le respect qui vous est dû ,
De Votre Excellence, les très-humbles serviteurs.
Le consistoire des chrétiens de la confession d'Augsbourg à Amsterdam , et en son nom,
(Signé) J.-P. Holstetr , secrétaire,
Amsterdam, octobre 1806.
69 rétablissukut bb la loi bb 1806.
Arrêté du 20 mars 1814, qui remet en ^ueur la loi du 3 avril 1806, relative aux écoles primaires.
Noos Gaillaume , par la grâce de Dieu , prince souverain des Pays-Bas, etc., etc.
Prenant en considération que , durant le temps de la domination française, renseignement primaire n^a pas été traité avec cette attention et cette abondance de moyens qu^ii mérite , et dont il avait joui sous le gouvernement précédent de ce pays ,
Et voulant qu^un objet aussi important soit , le plus tôt possible , rétabli sur le pied qui est généralement reconnu le plus utile et le plus efficace , et recommandé comme tel par Texpérience ,
Entendu la proposition de notre commissaire général pour les affaires de Pintérieur,
Avons arrêté et arrêtons :
Art. 1er. La loi du 3 avril 1806 continuera d*être considérée comme le fondement des institutions scolaires des Pays - Bas. Tous les règlements généraux ou particuliers auxquels elle sert de base , ne seront pas seulement maintenus dans les provinces où ils sont déjà introduits , mais encore ils seront mis en vigueur, sauf les modifications nécessaires, dans toutes les parties de TÉtat quiv, en Tan 1806, en étaient détachées , et y furent récemment réunies ou y seront réunies ultérieurement.
Art. 9. Pour remplir les places vacantes d*instituteurs, les candidats légitimes , convoqués de la manière usitée jusqu*à présent , seront soumis à un etamen comparatif, et notre commissaire général pour les affaires de Tintérieur, après avoir reçu le rapport du résultat de cet examen , autorisera à faire la nomination ou Tadmission , et en délivrera Tacle,
•Art. 3. Notre commissaire général pour les affaires de rintérieur nous fera ultérieurement parvenir ses considé-
BXÂXEN d'aBMISBIOU QÉIfÉlAI.1. 65
rations sur la question de savoir si , et jusqu^à qael point, les frais de renseignement peuvent être convenablement couverts par d^autres moyens que par des subsides à la charge de la caisse de TÊtat, et spécialement sur ce que , dans cette vue, il convient de statuer relativement aux fonds communaux pour les écoles, soit déjà existants, soit à établir ou à étendre par la suite.
Art. 4. Cependant, jusqu*à ce que nous ayons pris une décision 6nale à cet égard, et à compter du 1er décembre 1815, il sera payé par la caisse deTÉtat, aux instituteurs, les traitements ou subsides dont ils jouissaient avant Pincorporation du pays à la France, soit sur la caisse de rÉtat, soit sur quelque autre caisse générale.
AaT. 5. Notre commissaire général pour les affaires de rintérienr est chargé de Texécution du présent arrêté , qui sera porté à la connaissance de la chambre des comptes, et inséré au Journal Officiel.
(Signé) Guillaume.
Par ordre de Son Altesse Royale , * (%n^)A.-R.FALCK.
Programme de l'examen d'admission générale relatif à chaque rang dans la classificaHon des instituteurs, conformément au règlement B , art. 9 et suiv., pag. 24»
Quatrième rang. — Agb du candidat : Seize ans accomplis.
Capacité rbquisb : La lecture , récriture , les éléments du calcul, et de bonnes dispositions pour renseignement.
Détails db l*bxambii :
Première séance. Quelques lignes à écrire en gros , en moyan et en fin; questions sur les principes de Tarithmétique; application des quatre règles à quatre problèmes;
64 EXAMIN d'ADHSSIOII GtNtBALE.
les candidais remettront les plames dont ils se seront servis, et qu^ils auront eux-mêmes taillées.
Seconde séance. Observations sur les pièces de Pexamen par écrit ; lecture de quelques passages imprimés et manuscrits; interrogations sur la manière d*enseigner les lettres , les premiers éléments de la lecture, la numération et le calcul.
Troisième rang, — Agb du candidat : Dix-huit ans accomplis.
Capacité keqoiss : Notions exactes de la lecture , de récriture et de Tarithmétique ; application facile de ces objets aux usages ordinaires ; principes de Porthographe et de la grammaire ; connaissance pratique d*une bonne méthode d^enseignement.
DÉTAILS DB L^BXAMEN :
Première séance. Écriture en gros , en moyen et en fin ; questions sur la théorie de Farithmétique , y compris le& fractions et les parties décimales, problèmes sur les quatre opérations fondamentales appliquées aux nombres entiers et fractionnaires , et au nouveau système des poids ^ ^s mesures et des monnaies ; questions de grammaire, dictée d^orthographe, analyse grammaticale. Les candidats joindront à leur copie les plumes qu^ils auront eux-mêmes taillées.
Seconde séance. Observation sur les pièces de Texamen par écrit ; lecture de passages en différents caractères ; questions sur la ponctuation ; exposé des principes de la tenue de la plume et de la position du corps en écrivant ; développement de la méthode pratique pour renseignement de la lecture, delà grammaire et de Tarithmétiquef questions sur Tordre intérieur des salles d^écoles, sur remploi des récompenses et des punitions, et sur les moyens d^éducation morale.
Second rang. — > Agb du candidat : Vingt-deux ans accomplis.
EXikMBlf D*ADMIS8I0If GÉNÉRALE. 6S
Capacité bbquisb : Lecture méthodique , belle écriture ; connaissance de Parithmétique dans toutes ses parties et applications; règfles de la syntaxe ; notions d*histoire et de géographie; théorie et pratique des bonnes méthodes d^enseignement.
DÉTAILS DE L^EXAMBN :
Première séance. Exercices d*écriture bâtarde et coulée, en gros , en moyen et en fin ; questions sur la théorie des fractions et des proportions; application de toutes les règles de Tarithmétique ; développement du nouveau système des poids , des mesures et des monnaies ; solution des difficultés de la syntaxe ; analyse grammaticale et logique ; questions d^histoire et de géographie. Les candidats remettront les plumes qu'ils auront eux-mêmes taillées.
Seconde séance. Observations sur les pièces de Texamen par écrit. Lecture méthodique de divers passages en prose et en vers ; questions sur la ponctuation ; principes des différentes sortes d^écriture ; exposé des méthodes propres à enseigner la lecture , la grammaire , l'arithmétique , rhistoire et la géographie , et des moyens qui contribuent le plus à développer Tintelligence ; théorie des récompenses et des peines ; questions sur la discipline des écoles , sur le développement des qualités morales, sur la répression des vices les plus communs aux enfants , et sur les devoirs qu'imposent les fonctions d'instituteur. Le candidat fera une narration sur un sujet donné et y fera entrer toutes les applications qu'il peut offrir, tant sous le rapport de la morale que sous celui des connaissances usuelles.
Premier rang, — Agb du candidat : Vingt-cinq ans accomplis.
Capacité bequisb : Toutes les branches de l'instruction primaire ; la théorie et la pratique des bonnes méthodes d'enseignement; la connaissance approfondie de l'histoire 9. 6
66 BXAMBN d'aDMISSIOU OÉmUlÀLB»
et de la géographie ; des notions de physique et de mathématiqaes ; et généralement un esprit caltiyé , une élocution facile et une rédaction aisée et correcte.
Dktails db l*bximbn :
Première séance. Exercices sur les différentes sortes d^écriture ; questions sur les plus grandes difficultés de la langue ; sur la géographie naturelle , politique et astronomiquej sur Phistoire générale et celle de la patrie; problèmes d^algèbre et de géométrie ; questions sur la physique et rhistoire naturelle ; composition sur un sujet donné.
Seconde séance. Observations sur les pièces de Pexamen par écrit. Lecture de morceaux en différents genres : principes d^éldcution ; théorie approfondie des méthodes d*enseignement ; interrogations sur le Lut et les résultats de Téducation , et sur les moyens d*y parvenir.
InaHtutricea j comprises toutes dans un seul rang,
Capacitb krquise : La lecture, récriture , le calcul et de bonnes dispositions pour renseignement.
DÉTAILS DE L^BXAMBN :
Première séance. Écriture en gros , en moyen et en fin ; questions sur la théorie du calcul; problèmes sur les quatre règles fondamentales de Tarithmétique. Les personnes admises à Texamen remettront les plumes dont elles auront fait usage , et qu*elles auront taillées ellesmêmes.
Seconde séance. Observations sur les pièces de Texamen par écrit ; lecture de divers passages ; questions sur la manière d^enseigner les éléments de la lecture , de récriture et de Tari thmé tique ; interrogations sur Tordre intérieur et la discipline des écoles pour les jeunes demoiselles.
Observations, Les institutrices qui voudront étendre leur
EXAMEN d'admission GÉNÉRALE. 67
enseignement plus loin , demanderont à être interrogées sur la grammaire, la géographie, Thistoire et généralement sur toutes les parties qu*elles prétendent enseigner, afin que le certificat de capacité en fasse mention et les y autorise.
^Maitrea de langues , compris tous dans une seule classe.
Capacité requise : La connaissance parfaite des langues que les candidats se proposent d^enseigner; explication méthodique des principes de ces langues.
DÉTAILS DE L^BXAMEN :
Première séance. Questions sur les règles particulières de chaque langue ] dictée d'orthographe ; traduction de quelques passages ; composition sur un sujet donné.
Seconde séance. Observations sur les pièces de Texamen par écrit ; lecture à haute yoix ; interrogations sur la méthode à suivre dans renseignement de chaque langue.
Observation, Les personnes qui , sans se vouer à renseignement public , désireraient obtenir un brevet de capacité comme instituteurs particuliers, seront examinées sur toutes les parties qu'elles se proposent d'enseigner, et qui doivent être pour cela explicitement énoncées dans leur brevet. Il en est de même des instituteurs qui, admis dans les rangs inférieurs , voudraient donner à leurs élèves des notions de géographie , de dessin linéaire , etc.; le brevet devant , dans tous les cas , faire mention des parties à renseignement desquelles est autorisé celui auquel il est conféré.
68 PURITIOIIS
Conêidéraiians 9ur les moyens employés et à employer dans les écoles primaires, pour former le caractère des enfants. ( Extrait de la circulaire adressée par M. Visser, inspecteur d'écoles y aux instituteurs du huitième district d'instruction de la province de la Frise.)
Quand nous considérons attentivement Tétat des écoles et les moyens qu^on y employait pour conduire la jeunesse dans les cinquante dernières années du siècle précédent , ce qui nous frappe le plus, et ce qui s^offre en même temps comme Tobjet le plus digne de nos réflexions, cVst la diversité d*effets que les différents procédés alors en usage, ont dû nécessairement produire sur le caractère des enfants et , par conséquent , sur celui du peuple.
Pendant la première moitié de cette époque , de même que dans les temps antérieurs, les seuls moyens en usage, tant pour contenir et corriger que pour convaincre et encourager les enfants, étaient , pour ainsi dire, la verge, le bâton , la férule et la corde à nœuds ; on ne connaissait que peu ou point de récompenses. Faut-il s'étonner, d'après cela, que les hommes ainsi élevés soient devenus méchants, querelleurs, barbares et même cruels? Les écoles étaient les lieux où ils acquéraient de telles dispositions et où ils contractaient le germe de tous ces vices.
Au commencement de la dernière partie de cette même époque , les moyens d'éducation furent un peu moins barbares , et Ton vit la plupart des salles d'écoles ornées de tableaux d'honneur et de honte, qui remplacèrent la verge, le bâton, la férule et la corde à nœuds. Les enfants se réjouirent de cette heureuse révolution. Mais leur joie fut de courte durée ; car ils ne tardèrent pas à s'apercevoir que si ces instruments de supplice n'étaient plus suspendus ni exposés dans l'école, ils n'en étaient pas moins employés secrètement et lorsque la crainte des poursuites ne mettaient point d'obstacle à leur usage. Quant aux
Et RÉCOMPENSES. 69
écoles où ils furent réellement abolis , la main pesante du redoutable magister, la règle destinée à tracer les lignes, ou la baguette servant à montrer les tableaux y devinrent de nouveaux instruments de torture. Ainsi les moyens de répression furent toujours les mêmes, et les effets ne durent, par conséquent, point changer.
Néanmoins T usage des tableaux d^honneur et de honte s^introduisit et se maintint dans beaucoup d*écoles , quoique d^utie manière très-différente. Dans les unes, on voyait inscrits les noms de presque tous les élèves; dans les autres , on ne trouvait que deux ou trois noms sur .chacun d*eux , et quelquefois les mêmes noms sur tous les deux. Ici Ton inscrivait sur le tableau de honte tout enfant turbulent , paresseux ou négligent ; là on n'employait le tableau d'honneur que pour récompenser les progrès ; d'un côté, on faisait particulièrement usage du tableau d'honneur ; de l'autre , on se servait exclusivement du tableau de honte. Certains instituteurs , incapables d'adopter une direction convenable , mais peu enclins d'ailleurs à l'emploi de mesures trop sévères , firent usage de cartes de bonne et de mauvaise note comme auxiliaires de ces tableaux. Il en résulta que l'emploi du tableau d'honneur devint peu à peu moins fréquent , et que Ton abandonna tout à fait le tableau de honte en certains endroits. Les effets de cette manière d'agir varièrent cependant suivant les écoles. Là où ces distinctions ne sortaient point de Tenceinte de la classe et où l'on n'y attachait pas trop de prix , elles eurent des conséquences beaucoup moins sensibles et moins pernicieuses ; là , au contraire , où l'on y attachait une importance démesurée et où l'on cherchait à leur donner de la publicité en les communiquant aux parents et aux personnes de leur connaissance , on vit se former ces jeunes pédants , ces êtres présomptueux et vains qui sont si à charge à la société et à ceux qui les environnent.