PUNITIONS
Les dix deroières aimées du même siècle furent très-fécondes en essais qui prouvèrentjusqu^à réyidence le danger et rinsuffisance des moyens d*éducation employés jusqu^alors. Dans les écoles où ils continuèrent d*ètre en ¥i|^aeur, • la formation du caractère fut peu sensible , et les résultats dépendirent de la sagesse et de Tesprit de Tinstituteur ; mais dans celles où Ton voulut, à Tinstar de la méthode lancastérienne , réduire leur usage en système , on se vit obligé d^en abandonner Tapplication , pour prévenir les conséquences dangereuses auxquelles il conduisait.
Telle est Ténumération des moyens les plus directs employés à cette époque pour la formation du caractère des enfants. Voici maintenant mes observations et mes idées à cet égard :'
L'usage du tableau de honte est déraisonnable et en même temps très-pernicieux. Cette punition ne peut manquer d'avoir dans Técole le même effet que produit dans la société l'exposition au carcan ; c'est-à-dire d'imprimer dans l'âme de ceux auxquels elle est infligée la conviction qu'ils ont perdu l'estime de leurs semblables : ce qui doit nécessairement les conduire peu à peu d^ mal au pis. Il en est de même de toutes les peines infamantes , de quelque manière qu'elles soient infligées dans une école. On doit également ranger au nombre des punitions nuisibles ces expressions désagréables et tout propos tenu publiquement dans l'école sur la conduite , le zèle et les progrès d'un élève; moyens qui ne servent qu'à le décourager et à émousser sa sensibilité. J'ai vu dans quelques endroits une autre punition qui prouve , hélas ! combien peu certains instituteurs connaissent les hommes et les enfants qu'ils prétendent élever. C'est l'usage pernicieux de retenir dans Técole, après le temps de la classe, les élèves qui n'ont pas achevé leur devoir ou qui ont mécontenté le maître sous quelque rapport. Eh! faut- il donc faire servir de prison un endroit qui doit être pour les enfants le lieu