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le plus sacré et le pins agréable ? Rien n'est plus contraire ni plus opposé au véritable but de l'éducation.
Quant aux châtiments corporels , je ne crois pas devoir vous en entretenir. J'ai la satisfaction de pouvoir dire qu'il est rare qu'un instituteur de mon district s'oublie au point d'en faire usage, et je suis certain qu'il n'en est point parmi eux qui ne soient convaincus de l'inconvenance et du danger qu'ils présentent. Je me bornerai seulement à vous rappeler combien ces sortes de punitions sont défendues par la dépêche ministérielle du 21 décembre 1820. Vous pourrez aussi juger combien le gouvernement est disposé à tenir la main aux dispositions prises à cet égard, par la résolution de sou excellence le ministre de l'instruction publique , du 2 décembre 1825 , et la circulaire de monsieur le gouverneur de la Gueldre et de la commission d'instruction de cette province. J'ajouterai à cela que je sois aussi peu disposé qu'autorisé à tolérer l'emploi de ces punitions, même les plus faibles.
Si vous me demandez maintenant quelles punitions vous emploierez , je vous répondrai très-^eu , de très-douces y de irès-humaines , qui soient mûrement pesées et qui restent inconnues.
Très-peu de punitions. L'instituteur qui connaît et qui exerce le mieux et le plus utilement ses importantes fonctions, est celui qui a le moins besoin de punitions, qui ne connaît point de châtiments réels , mais qui , dirigeant et formant l'esprit de son école, agit par ce moyen sur chaque élève; qui enfin prévient et détourne les défauts qu'il peut leur supposer, plutôt qu'il ne punit et ne corrige sévèrement les fautes qu'ils ont commises . C'est un art qu'on acquiert par la connaissance et l'empire de soi-même; mais la peine qu'il réclame est beaucoup moindre et certainement plus agréable que les soins qu'exigent la recherche et l'application de toutes sortes de châtiments et de punitions.
Des punitions très-douces. Ce n'est point la rigueur de la
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pnnition qui prévient le mal ni qui le corrige : TexpérienGe prouve même le contraire. Les écoles et les sociétés où Ton fait usage des punitions les plus sévères et les plus inhumaines , sont celles aussi où Ton trouve toujours le plus d*opiniàtreté , de barbarie et de cruauté. L^instituteur qui prétend travailler pour la civilisation , doit prouver que ses élèves sont assez civilisés pour se laisser conduire et former par de douces exhortations. Plus vous augmenterez les punitions, plus les infractions se multiplieront; plus vous rendrez les peines sévères et rigoureuses , plus la désobéissance et Topiniàtreté s'accroîtront.
Des punitions très-humaines. Si Ton pense que vous exercez Je ministère de juge ou les fonctions de bourreau , alors vous réprimez et vous ne corrigez pas. Si vous punissez en colère , on apprend à vous haïr ; si vous punissez avec une froide sévérité , on apprend à vous craindre et à vous regarder d*un œil indifférent. Un enfant ne peut jamais recevoir de vous la moindre réprimande ni la moindre punition sans que vous éprouviez vous-même quelque émotion, parce que vous sentez qu'un de vos semblables, qui a comme vous Timage de Dieu et la même destination, était en danger de s'égarer. Que jamais votre amour pour un élève ne se montre d'une manière plus évidente que lorsque vous le punissez. Que le chagrin que vous ressentez de sa faute , lui en donne la preuve et la conviction ; c'est ainsi que vous formerez véritablement la jeunesse et que vous la corrigerez.
Des punitions mûrement pesées. La précipitation n'est jamais plus nuisible que dans la direction des enfants et surtout dans l'administration des peines. T a-t-il en effet quelqu'un de plus ridicule et de plus indigne qu'un instituteur qui , à chaque désagrément qu'il éprouve , fait aussitôt sentir les effets de son mécontentement au premier venu? Délibérer longtemps, réfléchir avec calme , juger avec précision la nature et les circonstances du délit pour