‹ De l'instruction publique en HollandeChapitre 32 sur 59 · ET RÉCOMPENSES · texte numérisé non relu

ET RÉCOMPENSES

Tenons d*expliquer , uon-seulement injuste , mais encore pernicieuse. On a reconnu que ce mode de récompenses faisait naître chez les uns des sentiments d^orgueil , d^ambition, et des prétentions insupportables ; tandis qu^il excitait chez les autres la jalousie, Tenyie, le dégoût et le découragement/Cet usage sert encore à exciter et à entretenir dans le cœur des enfants le désir de voir récompenser et honorer chaque marque de zèle et de docilité que présente leur conduite ; désir qui ne peut être satisfait plus tard dans le monde , et qui devient par là nuisible à la société , puisque chaque fois que les espérances sont déçues , il en résulte du mécontentement et de Tindifférence pour intérêt général ; désir enfin qui est diamétralement oQDosé aux principes de la religion, de la morale et de la ité chrétiennes.

i ffeompenses sont en général déplacées et nuisibles \ nue école comme dans Téducation particulière , car elles supposent des services rendus ; et des enfants qui s'acquittent de leur tâche et suivent docilement les avis de leurs parents et de leurs maîtres , ne rendent point de sertices , ils ne font que leur devoir. Récompenser est donc , dans les écoles et dans les familles , une fausse idée ^ , qui ne peut être admise en éducation , bien loin de devoir servir de règle à la manière d'élever et de former la jeunesse. S'il ne convient pas d'employer les récompenses avec les enfants, vous pouvez donner votre approbation à leur zèle, à leur conduite et quelquefois à leurs progrès , et les

> Ce principe, présenté trop absolument, n^est point exact. LUdée du mérite et du démérite, et par conséquent celle de la récompense et de la peine, s^appllque aux petites choses comme aux grandes, et elle a son emploi légitime dans Pécole comme dans PÉtat. L^émulatlon est un principe pédagogique juste en lui-même , et utile quand ons^en sert avec mesure. Mais il est vrai quMl nY a pas de principe plus dangereux et plus corrupteur lorsqu^il est mal employé. C'est contre cet abus que réclame ici avec force le vertueux inspecteur Frison.

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encourager par ce moyen. Vous pouvez leur en donner des marques sensibles, pourvu que cela se fasse d*une manière avantageuse à leur développement moral. Si vous me demandez comment cela peut avoir lieu , je vous dirai : chnne» lea marquea de votre contentement et de votre approbation aone précipitation , en particulier j avec réserve, modérément , aprèê mûre délibération et avec joie et cordialité.

Témoignez votre approbation avec réserve. Si vous élevez jusqu^au ciel les moindres marques de zèle et de bonne conduite, que ferez-vous dans le cas d^une application soutenue ou d'une action vraiment louable ? Si vous prodiguez vos éloges pour des bagatelles, quel sera Tefiet de vos louanges quand vous voudrez encourager des faits plus importants ? Soyez donc réservés dans les marques d>pprobation. Considérez surtout que ce n'est ni la quantité ni rétendue des témoignages que vous accordez aux éS^ilu qui leur donne de l'importance à leurs yeux , mais 'i^e c'est plutôt la manière dont vous les donnez qui en fait le prix. Si vous remarquez qu'un enfant se passionne pour cette sorte d'encouragement, soyez encore plus réservés, afin de maîtriser son amour-propre , et ne témoignez votre approbation qu'après que vous avez vu que cela devient nécessaire.

Soyez également modérés dans vos témoignages de satisfaction. La rareté peut en augmenter considérablement la valeur. Si vous encouragez tous les jours , si vous donnez tous les jours des marques d'approbation , l'élève apprendra à les envisager avec indifférence , ou sera mécontent toutes les fois qu'il tardera à les recevoir. Ne prodiguez donc point vos témoignages de satisfaction ; mais lorsque la marche ordinaire des exercices vous engage à prendre un air content et gai , que vos regards se portent particulièrement sur ceux qui se sont distingués par leur zèle , leur application et leur conduite.

N'accordez votre approbation qu'après un mûr examen

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et une profonde délibération. Lorsque vous ayez des motifs d'approuver la conduite ou le zèle d'un élève , ne croyez pas qu'il soit indifférent de quelle manière et dans quels termes vous le lui témoignez. Ne vous précipitez pas ; méditez d'abord attentivement ce que vous voulez dire , et comment vous le voulez dire ou de queUe manière vous voulez témoigner votre satisfaction. Ce n'est qu'en vous conduisant ainsi que vous pourrez agir efficacement sur le cœur des jeunes gens , et établir une sage économie dans vos marques de satisfaction.

De plus , que toutes vos approbations soient données en particulier; qu'elles restent toujours uniquement entre vous et vos élèves. La publicité fait ordinairement manquer le but dans l'éducation morale et n'est propre qu'à exciter l'orgueil et l'ambition des uns, à causer l'envie et le découragement des autres. N'admettez donc point de témoins, aussi bien quand vous louez que quand vous blâmez. Votre élève s'attachera d'autant plus à vous, et vous acquerrez, en agissant ainsi, d'autant plus de pouvoir sur lui.

Enfin, donnez toutes vos marques d'approbation avec une entière cordialité. Tout blâme ou tout éloge exprimé avec une froide indifférence ne va pas jusqu'au cœur, qui le repousse dès l'abord. Vous donnerez à un enfant mille louanges sans y mettre l'accent convenable, et aucune d'elles ne fera sur lui une impression durable. C'est pourquoi je vous engage , toutes les fois que vous devez témoigner votre satisfaction, à laisser voir à l'enfant qui en est l'objet toute la joie et tout l'intérêt que vous prenez à ce qui le concerne. Ouvrez-lui un cœur plein d'amour : ce moyen, beaucoup plus que vos paroles , influera sur le cœur de vos élèves et facilitera leur développement moral.

78 DiYElOPPKHBlIT DE l'iUTELLICEICCE.

Exercices proprei à développer l'esprit et le cœur des enfants; extraits de Touvrage intitulé : f^oedsel voor het kinderUjk verstand en harts,et tradait de rallemand de Lohe.

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