‹ De l'instruction publique en HollandeChapitre 7 sur 59 · AX8TI1DAB · texte numérisé non relu

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M. Werti, instituteur distingué et inspecteur d^Âmsterdam , qui y a laissé une mémoire vénérée pour les services qu*il a rendus à l^éducation du peuple.

Je trouve encore signé de ce même M. Wertz, comme président du collège des curateurs , un règlement de 1804 , où les dernières dispositions du règlement de 1798 sur les élèves que Ton garde aux écoles des pauvres pour les former au métier d'instituteur , sont dé* veloppées en un certain nombre d'articles que je donne ici en les abrégeant : <( 1^ L'élève qui restera à l'école pour apprendre le métier d'instituteur, recevra en récompense des services qu'il rendra à l'école, KO fl. par an les deux premières années, et 75 les deux suivantes. 9i^ II ne sera pas permis aux parents d'un élève de lui faire changer de destination pendant tout le temps fixé, si ce n'est avec le consentement des curateurs , et à la condition de restituer tout l'argent reçu jusqu'alors. 3® Les parents sont obligés de signer l'engagement de restituer l'argent reçu par leur fils, s'ils ne se conforment pas à l'article â. 4<» Si les parents d'un enfant qui contrevient à l'article 2 reçoivent des secours publics, les curateurs informent la commission de bienfaisance, et l'engagent à retirer les secours à cette famille. 8" Les curateurs conservent le droit de renvoyer tout élève qui ne se conduirait pas bien. )>

Depuis la loi de 1806, on n'a pas détruit le règlement de 1798 , mais on l'a successivement modifié , et il y a longtemps qu'on n'y a plus touché. On n'a pas sans cesse innové; on a constamment marché dans les mêmes voies, et voilà pourquoi on a fait tant de chemin.

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U n^ avait d*abord que trois écoles de pauvres à Amsterdam, maintenant il y en a onze, une par chaque quartier. Voici Texacte description de ces écoles , telle que je la rencontre dans un rapport du collège des curateurs , rapport intéressant et instructif que faurai occasion de citer plus d*une fois. U est du 7 mars 1817.

<c Les salles des écoles de pauvres d* Amsterdam ont la forme d*un carré long. Les tables et les bancs y sont rangés les uns derrière les autres, depuis Tun des murs latéraux jusqu'à Fautre, en laissant un espace suffisant entre le banc antérieur et la muraille. Cette disposition est nécessaire pour que les enfants , qui sont assis les uns derrière les autres, aient le visage tourné vers les tableaux qui tapissent Tun des murs , et sur lesquels on trace des lettres et les exemples d'écriture, ainsi que les exercices pour la langue, le calcul et les notes du cbant.

» Les écoles sont partagées en trois classes :

» La première classe ou classe inférieure est distribuée en bancs au nombre de trois ; la deuxième classe se subdivise en deux tables» Dans la classe inférieure, il ne se trouve que des bancs et non des tables , parce que dans cette classe on n'écrit pas.

» Voici la liste des choses qu'on apprend dans les différentes classes et dans leurs subdivisions :

l'« Classe.

» \^Ba%c: On apprend à nommer les lettres et à épeler.

7S AHSTEEDAH.

» 2« Banc : Â épeler et à partager les lettres eo syllabes.

» 3* Banc : A épeler, à lire et à connaître la ponctuation ; on y apprend aussi à prononcer les quantités exprimées par des chiffres, et la table de multiplication.

2« Classe.

)i !»• Table : La lecture , les principes de l'écriture, les parties du discours, la formation des chiffres, les premiers éléments d'arithmétique , et le chant.

» 2« Table : La lecture , l'écriture , l'arithmétique , l'art de calculer sans tracer des chiffres , les déclinaisons et les conjugaisons , l'histoire des Pays-Bas, l'histoire sainte suivant la Bible , le chant.

)» Dans la troisième classe, on donne des leçons de lecture méthodique, d'écriture , d'arithmétique appli* quée à la règle de trois et à des régies plus élevées , de grammaire et de syntaxe hollandaise, d'histoire des Pays-Bas et d'autres pays, d'histoire sainte selon la Bible, et de chant.

)» Outre ces différents genres d'instruction , on emploie chaque semaine une heure à enseigner les principes de la religion. Après chaque lecture, on adresse aux élèves des questions raisonnées pour leur faire bien comprendre ce qu'ils ont lu. »

» Les leçons se donnent sans que les élèves quittent leurs places : tout se fait par démonstration sur des

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tableaux peints en noir et suspendus à la muraille, sur lesquels on trace avec de la craie des exemples d*écriture, ainsi que les exercices relatifs à Tétude de la lan^pie , à Tarithmétique , au chant , etc. Les écoliers ont d'ailleurs des livres élémentaires pour apprendre à épeler et à lire; ils n'écrivent que dans des cahiers , et ne se servent d'ardoises que pour les opérations d'arithmétique.

u On trace, à la vue des écoliers , sur les tableaux suspendus à la muraille , leis lettres de Talphabet, ainsi que les diphthongues et les triphthongues , qu'on leur apprend à prononcer en une seule syllabe ; on leur apprend aussi à lier les consonnes , et à les prononcer par une seule émission de la voix. L'instituteur montre aux commençants , sur le tableau suspendu devant eux , les lettres simples , les consonnes doubles et composées , les syllabes de deux et de trois voyelles , et, après qu'ils les ont nommées , il les leur fait chercher dans leur livre : de cette manière , ils apprennent insensiblement à épeler, en sorte qu'ordinairement, en très -peu de temps, on ne trouve plus dans les écoles que ce qu'on y appelle le premier banc de la première classe.

» Dans chaque école , composée d'environ 300 à 400 enfants , l'instruction est confiée à un premier maître ou instituteur en chef, qui a sous lui un premier et un second sous-maltre, outre quelques apprentis-instituteurs et quelques aspirants -apprentis.

» Gomme on se propose particulièrement , dans ces écoles, de conduire les enfants à l'instruction plutôt par attachement à leurs devoirs et en excitant leur

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émulation , que par une crainte servile pour les châtiments , on exige qjomme qualités essentielles de la part du mattre, non-seulement des mœors irréprochables et de la religion , mais encore une grande modération dans le caractère. On veut d'ailleurs qu*il possède k fond les règles de sa langue , qu*il soit très^versé dans récriture, l'arithmétique, l'histoire , la géographie et le chant , et qu'il puisse enseigner les principes de la religion ; il est surtout nécessaire qu'il ait le talent de communiquer avec facilité ses connaissances à ses élèves : aussi , non-seulement les instituteurs en chef, mais encore les sous-maltres de ces écoles, ne sont -ils admis à ces fonctions qu'après avoir subi un rigou* reux examen , tant sur la théorie que sur la pratique de l'enseignement.

» Chaque maître est chargé de la direction générale de son école ; il y maintient le bon ordre , et veille à ce que, tant les sous-maltres et les apprentis -instituteurs que les écoliers , tous remplissent exactement leurs devoirs; il concourt, en outre, personnellement, aux leçons qui se donnent dans la classe supérieure, et prend part, suivant l'occurrence, au travail des autres classes.

» Les sous-maltres enseignent , sous la surveillance immédiate du mattre, soit à l'aide des tableaux suspendus à la muraille, soit en faisant lire les enfants dans leurs livres élémentaires, sans qu'ils quittent pour cela leur place.

» Les apprentis-instituteurs sont des gens pris entre les si^'ets les plus instruits de la classe supérieure ; on n'admet comme tels que ceux qui se sont distingués

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par, leur application et lear bonne conduite, et qoi ont manifesté , de concert avec leurs parents , le désir de se Youer à Finstruction de la jeanesse. Ces apprentis sont d'abord reçus comme aspirants, et distribués dans récole pour aider à instruire les enfants, surtout ceux de la classe inférieure et ceux qui composent la première table de la seconde classe. Après avoir quelque temps exercé ces fonctions comme aspirants , ils sont admis à Texamen , et placés , suivant leur capacité, au rang des apprentis-instituteurs.

1) Cette institution forme insensiblement une pépinière de maîtres, surtout par l'avantage qu'ont ces jeunes gens , tant les simples aspirants que les apprentis admis, d'assister, dans Fintervalle des exercices ordinaires, à des leçons particulières, données par trois des instituteurs en chef, pour les former ultérieurement dans l'art d'écrire et celui de lire avec méthode, pour les instruire dans les parties les plus avancées de la langue vulgaire, de l'histoire, de la géographie et de l'arithmétique , et leur enseigner l'algèbre et la géométrie. Un autre avantage qui la distingue de toute autre institution de ce genre, cVst qu*on n'admet que des sujets déjà reconnus , par expérience, comme ayant une inclination marquée et les qualités préliminaires requises pour se vouer à l'instruction : aussi en est-il déjà sorti un grand nombre de maîtres , aussi distingués par leurs talents que par leur mérite personnel. Dès que les aspirants sont parvenus au rang d'apprentis -instituteurs , ils jouissent d'un traitement annuel ^ de même que les maîtres et les sous-maltres.

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}» Dans chaque école on tient exactement registre des absences, comme aussi des marques qui attestent la bonne conduite des élèves et leurs progrès dans la lecture, récriture , le calcul , la langue , etc. A la fin de chaque semaine on fait le résumé de ces marques d'approbation ; on proclame les noms des deux filles et des deux garçons de chaque classe qui en ont obtenu le plus grand nombre , et leurs noms demeurent exposés toute la semaine suivante sur un tableau expressément destiné à cet usage.

M Au bout de six mois on fait un résumé général de toutes ces marques ; on désigne dans chacune des classes et de leurs subdivisions les quatre élèves qui en ont le plus obtenu , et qui , par conséquent , ont été le plus souvent inscrits sur le tableau hebdomadaire , et on leur distribue des prix , consistant en quelques livres utiles et proprement reliés. Il se fait en outre une distribution d'estampes et de petits livres ornés de figures entre les plus jeunes écoliers qui ont fréquenté assidûment Fécole , et on donne aux plus âgés , qui ont le mieux mérité sans pouvoir obtenir de prix , du linge de corps et des bas , à titre d'oocefsit et d'encouragement. Toutes ces distributions se font par les membres de la commission , à Tissue d'un examen qui a lieu tous les six mois. Ces commissaires sont tenus de faire au moins chaque mois une tournée dans les écoles soumises à leur direction spéciale, et de présenter leur rapport dans l'assemblée générale de la commission, qui se tient tous les mois.

)» On divise en trois classes les écoliers qui sortent de ces écoles : la première se compose de ceux qui .

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s'abseaUnt, oa se comportant mal, ou ayant ététrouTés incorrigibles, sont renyoyésou rayés de la liste des écoliers ; la seconde classe comprend ceox qai quittent récole régulièrement , c'est-à-dire à Tâge déterminé, et avec le consentement de la direction; la troisième classe supérieure renferme ceux qui ont achevé avec succès le cours entier de leurs études.

» Ces derniers reçoivent, en quittant Técole, un certificat honorable dans la séance publique qui se tient annuellement pour entendre le rapport de Tadministration ; on y ajoute une gratification qui consiste en chemises et en bas. Dans la même séance , qui ordinairement se tient dans un des temples de la ville, les écoliers rassemblés donnent, en présence du public, des échantillons des progrès qu'ils ont faits, en même temps que les apprentis-instituteurs font preuve de leurs connaissances et de leurs talents dans Tart d'enseigner.

» Pour punir ceux qui ont mérité quelque châtiment, on se contente de leur imposer une tâche hors le temps des exercices ordinaires , de les faire tenir debout en présence de leurs camarades , ou de leur donner de mauvaises notes, qu'on défalque sur les marques de diligence et de bonne conduite. Rarement on a recours aux châtiments corporels , et lorsqu'ils sont jugés nécessaires , le mattre seul doit les infliger, et toi^ours sans témoigner le moindre emportement.

» Faute d'emplacement suffisant et assez vaste , les deux sexes sont réunis dans la même salle, mais placés à des tables et sur des bancs séparés , de sorte qu'il ne peut en résulter le moindre désordre.

» Outre les instructions communes aux deux sexes , 1. 7

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