‹ De l'insurrection et de la légitimité;Chapitre 4 sur 24 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

De ce que pouvait la Restauration aux derniers jours de sa puissance , pour garantir la monarchie de la catastrophe provoquée par les fautes ministérielles.

La restauration, aux derniers jours de sa puissance, avait encore la faculté ou de tourner la position révolutionnaire , ce qui était le parti le plus sage , ou de l’emporter par un coup d’Etat.

On aurait tourné la position : soit en appelant au conseil des hommes qui avaient à la fois de l’influence dans les Chambres , quelque popularité au dehors , et du dévouement royaliste dans le cœur ; soit en attribuant à la couronne le monopole de la popularité au moyen d une constitution des véritables libertés de la France par l’émancipation des communes, émanée directement du pouvoir royal et accompagnée d’une présentation de projets de lois pour une diminution et une meilleure répartition de l’impôt ; soit enfin , ce qui eût été mieux , en employant à la fois et le concours des hommes , et le secours des améliorations politiques et financières.

Avec de tels élémens de salut , la tempête révolutionnaire eût été conjurée comme par enchantement; la conspiration qui tendait au renversement du trône , eût rongé son frein au spectacle de l’union et de la fé-

licite publiques ; et le temps , aidé de la plus commune habileté , eût suffi pour consolider l’œuvre de la gloire et des prospérités de la France.

On préféra le coup d’Etat. Voyons dans quelles circonstances difficiles on se résolut à cette redoutable préférence.

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