D'après M. Daillarger, Vulpiau
l'action qui, dans les tubercules quadrijumeaux et la protubérance annulaire, a éveillé la sensation brute, arrive par les fibres de la substance blanche aux cellules de l'écorce cérébrale, et, par les fibres intermédiaires, se propage d'un point à l'autre de la substance grise ; cette action des cellules corticales est la condition suffisante et nécessaire des images, partant de toute connaissance ou idée. — Le scalpel, le microscope et l'observation physiologique ne peuvent pas aller plus loin sans tomber dans les hypothèses ; nous ne pouvons ni définir cette action, ni préciser cette propagation, et tout ce que nous savons, c'est qu'il s'agit ici d'un mouvement moléculaire. Mais les vivisections et l'histoire des plaies de la tête apportent ici un nouveau document qui, joint aux précédents, nous permet de jeter sur les fonctions du cerveau une vue d'ensemble. C'est un organe répétiteur et multiplicateur, dans lequel les divers départements de l'écorce grise remplissent tous les mêmes fonctions.
D'abord * « il est facile d'établir par des exemples que, en l'absence pour ainsi dire complète d'un hémisphère cérébral, l'homme peut pncore jouir de toutes ses facultés intellectuelles et même de tous ses sens externes... Tel était le cas d'un nommé Vacquerie, en 1821. Il était hémiplégique du côté gauche, mais ses fonctions intellectuelles étaient intactes. A l'autopsie, on trouva une quantité de sérosité qui avait remplacé l'hémisphère droit ; la substance cérébrale de ce côté avait disparu ^.3) — Non-seulement un
1. Longet, Anatomie et Physiologie du syst. nerveux, 666, 669.
2. Vulpian, 707. Même résultat sur un pigeon à qui l'on enlève un hémisphère. Il conserve ou recouvre tontes ses facultés.
hémisphère supplée l'autre, mais une province quelconque du cerveau, pourvu qu'elle soit assez grande supplée l'autre; la preuve en est qu'une province quelconque peut manquer sans qu'aucune des facultés de l'esprit fasse défaut *. La partie désorganisée ou détruite peut appartenir aux lobules antérieurs ou aux lobules postérieurs du cerveau; peu importe. « Bérard rapporte un cas de broiement des deux lobules antérieurs, avec conservation de la raison, delà sensibilité, des mouvements volontaires. » — « Un officier avait reçu une balle qui, entrée par une tempe, était rassortie par l'autre ; le blessé, qui mourut très-rapidement trois mois plus tard, fut observé jusque-là, et, pendant tout ce temps, non-seulement il jouissait de l'intégrité de son intelligence, mais encore il apportait dans le commerce de la vie un enjouement et une sérénité peu ordinaires ^. » Après la bataille de Landrecies ^, ce douze blessés avaient au sommet de la tête une plaie large comme la paume de la main, avec perte de substance à la fois aux téguments, aux os, à la dure-mère et au cerveau. Ces plaies avaient été faites par des coups de sabre portés horizontalement. Tous ces blessés, avant d'être pansés, firent plus de trente lieues, tantôt à pied, tantôt dans de mauvaises charrettes, et n'éprouvèrent aucun accident jusqu'au dix-