‹ De l'intelligence (volume 3)Chapitre 43 sur 112 · CIL II. RENAISSANCE ET EFFACEMENT DE L'IMAGE · texte numérisé non relu

CIL II. RENAISSANCE ET EFFACEMENT DE L'IMAGE

raient. Quelques mois après, elle fut reprise d'un profond sommeil, et quand elle s'éveilla, elle se retrouva telle qu'elle était avant son premier sommeil, ayant toutes ses connaissances et tous ses souvenirs de jeunesse, mais, par contre, ayant complètement oublié ce qui s'était passé entre ses deux accès. « Pendant quatre années et au (c delà, elle a passé périodiquement d'un état à « l'autre, toujours à la suite d'un long et pro- « fond sommeil.... Sa première manière d'être, o elle l'appelle maintenant l'ancien état, et sa « seconde, le nouvel état. Elle a aussi peu con- (c science de son double personnage que deux « personnes distinctes n'en ont de leurs natures « respectives. Par exemple, dans l'ancien état, a elle possède toutes ses connaissances primiti- « ves. Dans le nouvel état, elle a seulement celles « qu'elle a pu acquérir depuis sa maladie. Dans « l'ancien état, elle a une belle écriture ; dans le (c nouveau, elle n'a qu'une pauvre écriture ma- « ladroite, ayant eu trop peu de temps pour « s'exercer. Si un monsieur ou une dame lui sont ce présentés dans un des deux états, cela ne suffit « pas; elle doit, pour les connaître d'une ma- « nière suffisante, prendre connaissance d'eux « dans les deux états. Il en est de même des « autres choses. A présent, la dame et sa famille « sont capables de conduire l'alfaire sans trop

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« d'embarras; ils savonl sculoiTicnt qu'elle est « dans l'ancien ou dans le nouvel état, et se gou- « vernent en conséquence. » — Cette double vie se rencontre souvent cbcz les somnambules \ La plupart d'entre eux oublient, une fois réveillés, ce qu'ils ont fait étant endormis, et sont tout surpris de se trouver hors de leur lit ou dans la rue. Mais maintes fois l'oubli cesse au second accès, ce Le somnambule, dit M. Maury, reprend « alors la chaîne de ses idées interrompues par « la veille. La malade du docteur Mesnet pour- « suivait ainsi dans un accès des projets de sui- « cide conçus durant l'accès antérieur et oubliés « dans l'intervalle lucide; elle se rappelait alors c< toutes les circonstances de l'autre accès. M. Ma- (c cario a cité l'exemple très-significatif d'une « jeune femme somnambule à laquelle un homme « avait fait violence, et qui, éveillée, n'avait plus « aucun souvenir, aucune idée de cette tentative. « Ce fut seulement dans un nouveau paroxysme « qu'elle révéla à sa mère l'outrage commis sur « elle. » Dans ces deux cas, la veille ne rappelait que la veille; l'état somnambulique ne rappelait que l'état somnambulique et les deux vies alternantes faisaient chacune un tout à part. Des correspondances et des séparations sem-

1. Maury, Du sommeil^ 210. — Todd, Cydopœdia^ article Sleep^ 692. — PupI, Mémoire sm' la Catalepsie.

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l)lal)les, mais partielles et temporaires, se rencontrent clans la vie courante'. « M. Combes menc( lionne le cas d'un Irlandais , porteur com- (( missionnaire d'une maison de commerce qui, a étant ivre, laissa un paquet à une fausse (( adresse, et, revenu à lui, ne put se rappeler « ce qu'il en avait fait. Mais, s'étant enivré de « nouveau, il se souvint de l'endroit où il l'avait « laissé, et y alla. » M. Maury cite aussi des rêves oubliés à l'état de veille et qui plus tard, dans un nouveau sommeil, sont rappelés. — D'autre part notre mémoire ordinaire ne rappelle qu'une moitié de nos états. Nous rappelons nos pensées de la veille, mais non celles de la nuit pendant laquelle nous avons dormi; si vives qu'elles aient été, quand même elles auraient provoqué des actions ou des commencements d'action, des cris, des gestes et tout ce qu'un liomme agité fait en dormant, il est bien rare qu'au réveil nous puissions en ressaisir quelques parcelles -. Chose étrange, on sort d'un rêve intense et plein d'émotions ; il semble qu'un état si violent doive aisément et longtemps se reproduire. Point du tout ; au bout de deux ou trois minutes, les objets si nettement aperçus se fondent en vapeurs: et ces vapeurs s'évanouissent; une demi-heure

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