‹ De l'intelligence (volume 3)Chapitre 86 sur 112 · II. Cette illusion en tombant en fait-tomber · texte numérisé non relu

II. Cette illusion en tombant en fait-tomber

1. « Les causes ne sont pas matérielles; leurs actes sont nécessairement immatériels. Les forces prennent la matière, la conforment et s'annoncent en se peignant à sa surface par leurs efl'ets, se signifient et s'interprètent par les qualités

une autre. «Le pouvoir, disent les spiritualis- «tes', s'identifie avec l'être qui le possède.... (c Ce quelque chose par quoi nous pouvons ne « doit pas être considéré comme distinct de « l'ame. » Les facultés et forces du moi sont donc le moi lui-même ou tout au moins une portion du moi ; plusieurs spiritualistes admettent meme^ avec Leibnitz, que le moi n'est autre chose qu'une force, et qu'en général les notions de force et de substance s'équivalent. Or on vient de voir que les pouvoirs et les forces ne sont que des entités verbales et des fantômes métaphysiques. Donc, en tant que composé de forces et de pouvoirs, le moi n'est lui-même qu'une entité verbale et un fantôme métaphysique. Ce quelque chose d'intime dont les facultés étaient les différents aspects , disparaît avec elles ; on voit s'évanouir et rentrer dans la région des mots la substance une, permanente, distincte des événements. Il ne reste de nous que nos événements, sensations, images, souvenirs, idées, résolutions : ce sont eux qui constituent notre être ; et l'analyse de nos jugements les plus

qu'elles imposent à la matière.... La véritable cause qui meut le cœur, l'estomac, les organes, est extérieure et supérieure à ces organes. »

Jouft'roy, Esthétique, 132, l'i5; Nouveaux mélanges, 233 à 273.

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