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rS LIVRE II. CONNAISSANCE DES CORPS

dessus, ou d'une racine à sa tige, à ses feuilles et à ses fleurs, ou d'un substratum à ce qui est étendu dessus, ou, en langage transcendantal, d'une matière à sa forme.

« Quand ce point a été atteint, les possibilités permanentes en question ont pris un aspect et un rôle par rapport à nous si différents du rôle et de l'aspect que revêtent nos sensations, qu'elles ne peuvent manquer, et cela par le jeu naturel de notre constitution mentale, d'être conçues et crues comme au moins aussi différentes de nos sensations qu'une sensation l'est d'une autre. Le fondement qu'elles ont dans la sensation est oublié, et nous supposons qu'elles sont quelque chose qui, intrinsèquement, en diffère. En effet, nous pouvons nous soustraire à nos sensations (externes), ou nous pouvons en être écartés par quelque autre agent. Mais, quoique les sensations cessent, les possibilités demeurent en existence; elles sont indépendantes de notre volonté^ de notre présence et de tout ce qui nous appartient. Nous découvrons en outre qu'elles appartiennent à des êtres humains ou sensibles, autres que nous-mêmes. Nous trouvons que d'autres personnes fondent leur attente et leur conduite sur les mêmes permanentes possibilités que nous. Mais nous ne trouvons pas qu'elles éprouvent les mêmes sensations actuelles. Les autres personnes n'ont pas nos sensations exactement quand nous les avons et exactement comme nous les avons; mais elles ont nos possibilités de sensation. Tout ce qui indique comme présente une possibilité de sensations pour nous-mêmes indique comme présente une possibilité de sensations semblables pour eux, excepté en tant que leurs organes de sensation peuvent s'écarter du

cil. I. IDÉES QUI COMPOSENT L'iDÉE DE CORPS 99

type des nôtres. Ceci met le sceau final à la conception par laquelle nous considérons les groupes de possibilités comme la réalité fondamentale dans la Nature. Les possibilités permanentes sont communes à nous et aux créatures semblables à nous ; les sensations actuelles ne le sont pas. Ce que les autres perçoivent quand je le perçois, ce que les autres attestent pour les motifs d'après lesquels je l'atteste, me paraît plus réel que ce dont ils ne savent rien, à moins que je ne les en informé. Le monde des Sensations possibles qui se succèdent les unes aux autres selon des lois est aussi bien dans les autres êtres sentants qu'en moi ; il a donc une existence hors de moi ; il est un Monde extérieur.

« La matière peut donc être définie une Possibilité permanente de sensation... Nous croyons que nous percevons un quelque chose étroitement lié à nos sensations, mais différent de celles que nous éprouvons en cet instant particulier, et distinct des sensations en général, parce qu'il est permanent et toujours le même, pendant que celles-ci sont fugitives, variables et se déplacent l'une l'autre. Mais ces attributs de l'objet de la perception sont des propriétés qui appartiennent à toutes les possibilités de sensation que l'expérience garantit. La croyance en ces possibilités permanentes me semble donc renfermer t^ Jt ce qui est essentiel ou caractéristique dans la croyance aux substances. Je crois que Calcutta existe, quoique je ne perçoive pas cette ville, et je crois qu'elle existerait encore si tout habitant capable de perception quittait tout d'un coup la place ou tombait mort. Mais, si j'analyse ma croyance, tout ce que j'y trouve, c'est que si ces événements avaient lieu, la possibilité

permanente de sensation que j'appelle Calcutta subsisterait encore, et que, si j'étais transporté soudainement sur les rives de l'Hooghly, j'aurais encore les sensations qui, si je les avais maintenant, me conduiraient à affirmer que Calcutta existe ici et maintenant '. — Nous pouvons donc induire de là que les philosophes, aussi bien que les autres hommes^ quand ils pensent à la matière, la conçoivent réellement comme une possibilité permanente de sensation. Mais la majorité des philosophes se figure qu'elle est quelque chose de plus ; et les autres hommes, quoique, selon moi, ils n'aient rien dans l'esprit qu'une possibilité permanente de sensations, seraient indubitablement, si on leur posait la question, de l'avis des philosophes ; et, quoique ceci s'explique suffisamment par la tendance de l'esprit à inférer une différence dans les choses d'après une différence dans les noms, je me reconnais obligé à montrer comment il est possible de croire à l'existence d'une chose transcendante autre que les possibilités de sensation, et cela sans qu'il y ait une telle chose et sans que nous la percevions actuellement.

« Ceci dit, l'explication n'est pas difficile. C'est un fait admis que nous sommes capables de toutes les conceptions que la généralisation peut former en partant des lois observées de nos sensations. Sitôt que nous avons constaté un rapport entre quelqu'une de nos sensations et quelque chose qui est autre qu'elle, nous pouvons, sans difficulté, concevoir le même rap-

1. Pour que l'analyse soit tout à fait exacte, il faut mettre, je crois : « Si un être quelconque, analogue à moi, était transporté sur les rives de l'Hooghly, il aurait, etc. » La possibilité permanente est absolument générale.

port entre la somme de toutes nos sensations et quelque chose qui soit autre qu'elles. Les différences que notre conscience reconnaît entre une sensation et une autre nous donnent l'idée générale de différence et associent indissolublement à chaque sensation que nous avons le sentiment qu'elle est différente d'autres choses ; et, quand une fois cette association a été formée, nous ne pouvons plus concevoir une chose quelconque sans être capables et même obligés de former aussi la conception de quelque chose de différent. Cette familiarité avec l'idée de quelque chose de différent de chaque chose que nous connaissons nous conduit aisément et naturellement à former la notion de quelque chose de différent de toutes les choses que nous connaissons, collectivement aussi bien qu'individuellement. Il est vrai que nous ne pouvons nous faire aucune idée de ce que peut être une telle chose; la notion que nous en avons est purement négative; mais l'idée de substance, si l'on en ôte les impressions faites sur nos sens, est purement négative. Ainsi il n'y a aucun obstacle psychologique qui nous empêche de former la notion d'un quelque chose qui n'est ni une sensation ni une possibilité de sensation, même lorsque notre conscience ne confirme pas cette opération par son témoignage ; et il est tout à fait naturel que les possibilités permanentes de sensation que nous atteste notre conscience soient confondues dans notre esprit avec cette conception imaginaire. Notre expérience tout entière nous montre la force de la tendance qui nous porte à prendre des abstractions mentales, même négatives, pour des réalités substantielles; et les possibilités permanentes de sensation que l'expérience garantit sont, par plusieurs de leurs

propriétés, si extrêmement différentes des sensations actuelles, que, puisque nous sommes capables d'imaginer quelque chose qui dépasse la sensation, il y £ une grande probabilité naturelle pour que nous supposions qu'elles sont ce quelque chose.

(c Mais cette probabilité naturelle se change en cer titude, quand nous faisons entrer en ligne de compte cette loi universelle de notre expérience, qu'on nomme loi de causalité, et qui nous rend incapables de concevoir le commencement d'une chose quelconque sans une condition antécédente ou cause. Ce cas est un des plus notables entre tous ceux dans lesquels nous étendons à la somme totale de notre expérience une notion tirée des parties de notre expérience. Il est un exemple frappant de notre capacité pour concevoir et de notre tendance à croire qu'une relation, qui subsiste entre chaque élément individuel de notre expérience et quelque autre élément, subsiste aussi entre la totalité de notre expérience et quelque chose de situé hors de la sphère de l'expérience. En étendant ainsi à l'ensemble de toutes nos expériences une relation intérieure qui existe entre ses diverses parties, nous sommes conduits h considérer la sensation ellemême — la réunion totale de nos sensations — comme ayant son origine dans des existences antécédentes et qui dépassent la sensation. Nous y sommes conduits par le caractère particulier de ces couples uniformes que l'expérience nous dévoile parmi nos sensations. Comme nous l'avons déjà remarqué, l'antécédent constant d'une sensation est rarement une sensation actuelle ou un groupe de sensations actuelles. Cet antécédent est bien plus souvent l'existenc3 d'un groupe de possibilités qui n'enferment

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point de sensations actuelles, sauf celles qui sont requises pour montrer que les possibilités sont réellement présentes. Des sensations actuelles ne sont pas même indispensables pour cela; car la présence de l'objet (laquelle n'est rien de plus que la présence immédiate des possibilités) peut nous être manifestée par la sensation même que nous lui rapportons et que nous croyons être son effet. De cette façon, l'antécédent réel d'un effet — le seul antécédent qui, étant invariable et inconditionnel, soit considéré par nous comme la cause — peut être, non pas une sensation quelconque actuellement sentie, mais simplement la présence, en ce moment ou au moment immédiatement précédent, d'un groupe de possibilités de sensation. Partant, ce n'est pas aux sensations actuellement éprouvées, c'est à leurs possibilités permanentes que l'idée de cause vient à être identifiée ; et, par un seul et même mécanisme, nous acquérons l'habitude de considérer la sensation en général, de même que toutes nos sensations individuelles, comme un effet, et en outre l'habitude de concevoir, comme causes de la plupart de nos sensations individuelles, non pas d'autres sensations, mais des possibilités générales de sensation.... On dira peut-être que la précédente théorie rend bien quelque compte de l'idée d'existence permanente qui est une partie de notre conception de la matière, mais qu'elle n'explique point une de nos croyances, la croyance que ces objets permanents sont extérieurs ou hors de nous-mêmes. Je crois, au contraire, que l'idée même d'un quelque chose hors de nous-mêmes est dérivée uniquement de la connaissance que l'expérience nous donne des possibilités permanentes. Nous portons nos sensations

avec nous partout où nous allons, et elles n'existent jamais là où nous ne sommes pas. Au contraire, quand nous changeons de place, nous n'emportons pas avec nous les possibilités permanentes de sensation ; elles restent jusqu'à ce que nous revenions, ou bien elles naissent et cessent à des conditions sur lesquelles notre présence n'a en général aucune influence. Bien plus, elles sont et, après que nous aurons cessé de sentir, elles seront des possibilités permanentes de sensation pour d'autres êtres que nous-mêmes. Ainsi, les sensations actuelles et les possibilités permanentes de sensation sont en contraste absolu les unes vis-à-vis des autres, et, quand l'idée de cause a été acquise et étendue, par généralisation, des portions de notre expérience à sa somme totale, il est tout naturel que les possibilités permanentes soient classées par nous comme des existences génériquement distinctes de nos sensations, mais dont nos sensations sont les eflets.... Si toutes ces considérations mises ensemble n'expliquent pas complètement la conception que nous avons de ces possibilités comme d'une classe d'entités indépendantes et substantielles, je ne sais pas quelle analyse psychologique peut être concluante. »

A mon avis, celle-ci l'est, sauf un point que nous avons déjà indiqué. Ces possibilités de sensation, qui sont constituées par la présence de toutes les conditions de la sensation, moins une, se transforment en nécessités, lorsque cette dernière condition manquante vient s'ajouter aux autres. Je vois une table; cela signifie qu'ayant telle sensation visuelle, je conçois et j'affirme la possibilité de telles sensations de mouvement musculaire, de résistance, de son faible, pour

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tout être sensible ; mais cela signifie aussi que si, à l'existence d'un être sensible, on ajoute une condition de plus, tel mouvement qui mettra sa main en contact avec la table, il y aura pour lui, non plus seulement possibilité, mais encore nécessité de ces sensations. Ces nécessités, posées à part et considérées isolément, sont ce que nous appelons des forces *. Force ou nécessité , ces deux termes s'équivalent ; ils indiquent que l'événement en question doit s'accomplir; l'une et l'autre sont des particularités, des manières d'être extraites de l'événement et isolées par une fiction mentale. Mais, comme la loi qui prédit cet événement sous telles conditions est générale et, partant, permanente, l'une et l'autre apparaissent comme permanentes et se trouvent ainsi érigées en substances, ce qui les oppose aux événements passagers et les classe à part. — A présent, sous le nom de forces, les possibilités permanentes se ramènent sans difficulté à ce que nous nommons matière et corps; nous ne répugnons pas à admettre que le monde dans lequel nous sommes plongés soit un système de forces ; du moins telle est la conception des plus profonds physiciens. Des forces diverses qui, sous diverses conditions, provoquent en nous des sensations diverses : voilà les corps par rapport à nous et à tout être analogue à nous.

VI. Reste à chercher ce qu'un corps est par rapport à un autre. — Remarquons d'abord que la plupart des corps que nous percevons changent, du moins à plusieurs égards, et que l'expérience journa-

l. Première partie, livre IV, cli. m,

lière constate sans difficulté ces changements. Ils changent, c'est-à-dire que, dans le groupe de possi-bilités permanentes qui les constitue, telle possibilité périt; en d'autres termes encore, parmi les sensations possibles qui désignaient un corps, telle sensation cesii'.e d'être possible. Ce dessus de poêle était froid tout à l'heure ; maintenant qu'on a fait du feu, il est chaud. Cette boule de cire est sphérique, dure, odorante, capable de rendre un petit son; placée sur le poêle ardent, elle devient molle, elle perd toute sonorité et toute odeur, elle s'étale en bouillie plate. Cette feuille verte n'a plus de couleur dans l'obscurité. J'ai laissé ce livre sur ma table, et je le retrouve rangé sur un des rayons de la bibliothèque. — Dans tous ces cas, une ou plusieurs des possibilités de sensation qui constituaient l'objet disparaissent, sauf à être ou à n'être pas remplacées par d'autres de la même espèce. — Au fond, tous ces changements des corps ne sont conçus et concevables que par rapport aux sensations, puisqu'ils se réduisent tous, en dernière analyse, à l'extinction ou à la naissance d'une possibilité de sensation. Mais, à un autre point de vue, quoique les corps ne soient que des possibilités de sensations, ces changements n'en sont pas moins des changements des corps, et c'est à ce point de vue que d'ordinaire nous les considérons. Quand nous ne rencontrons plus une sensation sur laquelle nous avions coutume de compter, nous ne pensons pas à nous, mais au corps ; nous disons qu'il a changé d? position, de figure, d'étendue, de température, de couleur, de saveur, d'odeur, et, quoique son histoire ne soit pour nous définissable que par la nôtre, nous posons son histoire en face de la nôtre comme une

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série d'événements en face d'une série d'événements. Dès lors deux séries nouvelles de propriétés viennent s'ajouter à lui et parfaire son être. — D'un côté, nous remarquons qu'il est capable de tels changements précis sous telles conditions précises ; il peut changer de lieu, de figure, de grandeur, de consistance, de couleur, d'odeur, être divisé, devenir solide, liquide, gazeux, être échauffé, refroidi, etc. Nous le concevons par rapport à ses événements possibles, comme nous l'avons conçu par rapport à nos sensations possibles, et, au premier groupe de possibilités et de nécessités permanentes par lequel nous l'avons constitué, nous en associons un second. — D'autre part, nous remarquons que tel de ses événements provoque tel changement dans un autre corps. La bille en mouvement déplace une autre bille. Une dissolution acide rougit le papier de tournesol. Ce foyer allumé vaporise l'eau de la chaudière. Ce morceau de fer chauffé et rapproché dilate l'alcool du thermomètre. Par ces diverses observations, nous constatons que tel corps est capable, sous telles conditions précises, de provoquer tels changements dans d'autres corps, et nous le définissons, non plus par rapport à nos événements, non plus par rapport à ses événements, mais par rapport aux événements des autres corps. A ce troisième titre, il est encore un groupe de possibilités et de nécessités permanentes, et, par ces trois rapports, nous l'avons constitué complètement. — Il peut et, sous certaines conditions, il doit provoquer en nous telles sensations musculaires et tactiles de résistance, d'étendue, de figure et d'emplacement, telles sensations de température, de couleur, de son, d'odeur et de saveur : voilà ses

propriétés sensibles. — Il peut et, sous certaines conditions, il doit éprouver tels changements de consistance, d'étendue, de figure, de position, de température, de saveur, de couleur, de son et d'odeur : voilà ses propriétés, pour ainsi dire, intrinsèques. — Il peut et, sous certaines conditions, il doit provoquer dans tel autre corps tel changement de consistance, ou d'étendue, ou de figure, ou de position, ou de température, ou de saveur, odeur, couleur et son : voilà ses propriétés par rapport aux autres. — Toutes ces propriétés n'existent que par rapport à des événements ; les poser, c'est prédire tel événement de nous, du corps, d'un autre corps, l'énoncer comme possible sous certaines conditions, comme nécessaire sous ces mêmes conditions, plus une complémentaire, bref poser une loi générale ; et tous ces événements, les nôtres, ceux du corps, ceux des autres corps, se définissent en dernière analyse par nos événements.

La scène change, lorsque nous essayons de démêler, dans cette multitude énorme de propriétés, les propriétés fondamentales. Les êtres sentants ne sont qu'une file dans la prodigieuse armée d'êtres distincts que nous observons ou devinons dans la nature, et nos événements ne sont qu'une quantité minime dans la masse monstrueuse des événements. Le moi est un réactif entre cent millions d'autres, l'un des plus périssables, l'un des plus faciles à déranger, l'un des plus inexacts, l'un des plus insuffisants. A ses notations, nous substituons d'autres notations équivalentes, et nous définissons les propriétés des corps, non plus par nos événements, mais par certains de leurs événements. Au lieu de notre sensation de tem-

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pérature, nous prenons pour indice l'élévation ou l'abaissement de l'alcool dans le thermomètre. Au lieu de la sensation musculaire que nous éprouvons en soulevant un poids, nous prenons pour indice l'élévation ou l'abaissement du plateau de la balance. Parmi ces événements indicateurs, il en est un trèssimple et plus universellement répandu que tous les autres, le mouvement, ou passage d'un lieu à un autre, avec ses divers degrés de vitesse. — Nous le remarquons d'abord en nous-mêmes; la notion primitive que nous en avons est celle des sensations musculaires plus ou moins énergiques dont la série, plus ou moins longue , accompagne la flexion ou l'extension de nos membres. Par analogie et par induction, de même que nous attribuons aux corps organisés des sensations, perceptions, émotions et autres événements semblables aux nôtres, nous attribuons à tous les corps des mouvements semblables aux nôtres. Mais, par vérification et rectification, de même que nous limitons peu à peu la ressemblance trop complète que nous imaginions d'abord entre les animaux inférieurs et nous-mêmes, nous limitons peu à peu la ressemblance trop grande que nous imaginions d'abord entre les mouvements des corps bruts et les nôtres. L'enfant a cru et bientôt cesse de croire que sa balle saute et se sauve, que sa boule court sur lui et veut lui faire du mal. L'homme a conçu et à la fin cesse de concevoir l'élan du projectile comme un effort * analogue au sien; dans sa métaphore, il reconnaît une métaphore et en défalque ce qu'il faut pour qu'elle convienna à un corps incapable d'intentions et de

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