Expositio7i du système du monde, t. II
expliquent le dépôt et la superposition des couches, leurs soulèvements partiels, leurs érosions, leurs ruptures, la disposition présente do nos continents et de nos mers, par le jeu prolongé des forces minérales ou organiques au milieu desquelles maintenant encore nous vivons ^ — A côté d'eux, les minéralogistes et les chimistes, leurs auxiliaires, voient des roches et des amalgames semblables à ceux que présentent les terrains se former sous leurs mains ou sous leurs yeux, par des actions lentes, par un échauflfement prolongé, par une compression continue , par des additions moléculaires % et, des procédés qu'ils constatent aujourd'hui dans leur petit laboratoire artificiel, ils concluent, avec les précautions convenables, aux procédés analogues par lesquels l'amalgameet la roche se sont faits jadis dans le grand laboratoire naturel.
A ce moment interviennent les naturalistes. Darwin part d'un caractère fondamental commun à toutes les espèces animales et végétales, la difficulté de vivre, d'où suit la destruction de tous les individus moins bien adaptés à leur milieu, la survivance exclusive des individus les mieux adaptés à leur milieu, le privilège qu'ils ont de propager l'espèce, l'acquisition successive des caractères utiles, la transmission aux descendants de tout le trésor accumulé des caractères utiles^ par suite enfin la modification progressive de