Denteron, ch. XXIII versets 19 et
en
L’usure, ont dit quelques commentateurs, n’est permise qu'à l’égard des sept nations maudites, Amorrhéens, Chananéens etc. dont l’exterminalion est permise et qu’à plus forte raison on peut écraser par l’usure; mais à part cette exceplion, l’usure est interdite, comme étant contraire au droit naturel.
Cette interprétation ne nous paraît pas fondée : l’usure était permise, défendue seulement entre citoyens du peuple élu de Dieu, comme nuisible à la bonne harmonie qui doit régner entre compatriotes, comme indispensable surtout à une nation entourée de peuplades hostiles, qui doit chercher dans l’union étroite de ses membres, la force de résister à de conlinuelles attaques.
L'ensemble des institutions judaïques semble conçu dans ce but, et confirme notre interprétation. Chaque juif était en quelque sorte immobilisé, dans le champ que lui avaient légué ses ancêtres. Pour éviter que l’on püt se défaire de son patrimoine, la loi du Jubilé révoquait Lous les cinquante ans les aliénations de terres. La loi mosaïque cherchait à maintenir l'égalité des fortunes, ou du moins à empêcher une trop grande inégalité : aussi, de toutes les transactions, c’est au prêt à intérêt qu’elle devait mettre le plus d'obstacles : le besoin d'emprunter devait d’ailleurs se faire peu sentir, chacun trouvant dans son champ une subsistance assurée, et les peuples pasteurs et agriculteurs étant ceux à qui le crédit est le moins indispensable.
k0. — On trouve dans Flavius Josephe ({) des rensei-