‹ De l'intérêt conventionnel et de l'usureChapitre 16 sur 116 · Antiquités judaïques · texte numérisé non relu

Antiquités judaïques

Guénepin

Po

gnements précis sur la législation du prêt, La prohibition était entendue d’une façon très stricte : non-seulement le débiteur, ayant reçu quelque chose à ütre de prêt, ne pouvait s’engager à rendre une quantité plus considérable, on ne pouvait même convenir que l’emprunteur ne touchant aucune rente, resterait jusqu’au paiement dans la maison de l’emprunteur ou cultiverait son champ.

Toute libéralité du débiteur au créancier était interdite, même de la part de celui qui n’ayant encore rien demandé, se proposait d'emprunter. Il y avait cependant deux exceptions. On estimait que si les docteurs de la loi faisant un prêt, recevaient quelque chose de plus que la restitution, ce ne pouvait être qu’à titre d'honoraires, ou de véritable libéralité, mais on eût cru leur faire injure, en les soupçonnant de faire l'usure. Enfin, il élait permis de placer l'argent d’un pupille chez un homme riche, qui s’engageait à donner une partie du profit, s'il y en avait, et à prendre à son compte toule la perte qui pourrait en résulter. Il n’y avait pas de sanction pénale à la prohibition, le débiteur répétait simplement les intérêts. |

&1: — Cette loi resta toujours en vigueur, mais fut fréquemment violée ; l’amour de l'argent, le penchant des juifs à l’usure ne lardèrent pas à se faire jour : on voit les prophètes toujours occupés à ramener les juifs à la pureté de leur foi, et à prodiguer leurs anathèmes contre l’usure.

Un passage du livre de Job prouve que lusure était pratiquée : « Pour être ainsi puni, disent à Job, ses amis,

EU lu as sans doute exigé de tes fréres des gages usuraires, tu as dépouillé tes débiteurs de leurs vêtements (D. »

Ailleurs, les livres font la peinture des rigueurs exercées par les créanciers : « Ils saisissent l'âne de lorphelin, le bœuf de la veuve, le vêtement des débiteurs qui restent exposés au froid (2), »

Le deuxième des livres connu sous le nom d’Esdras (3),

“Deus apprend que les juifs dépouillés par l’usure de leurs

biens et de leurs héritages, se plaignirent à Néhémi; celuiei assembla le peuple et fit décider que chacun rentrerait dans son bien. |

42. — Voilà déjà un exemple frappant de l’inanité des lois contre l’usure : la source divine à laquelle Moïse avait puisé sa loi, fut impuissante à en assurer le respect |

SECTION II. — L'intérêt et l'usure en Grèce,

43. — La Grèce était beaucoup moins fertile que la Judée; mais elle était bien plus favorisée au point de vue commercial par sa position qui la mettait à portée du Pont, de la Syrie, de l'Égypte. Athènes, à proximité d’un port

suffisamment vaste et sûr, devait servir de lien commereial

entre l’Orient et l'Occident. Aussi les Athéniens furent-ils un peuple essentiellement navigateur et commerçant ; le

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