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ton (4), comparant l’usurier à un égorgeur, bannit de sa république l'intérêt « qui trucidat pauperem fænore » ; que Cleanthe mettant en pratique la théorie d’Aristote, refusait d'emprunter, et se condamnait volontairement aux mines. Le peuple resta sourd à la voie des philosophes, et contoua à emprunter à gros intérêts. L’emprüunt était une source de fortune : on pensait avec raison ne pouvoir payer trop cher les moyens de s'enrichir.
46. — Tout autre fut la législation de la rivale d’Athénes, de Sparte. Son législateur, Lycurgue, supprima les dettes ; non pas pour terminer des querelles entre créancters et débiteurs, mais comme il interdisait le commerce et l'usage des monnaies d’or et d’argent, il failait bien supprimer les dettes, en même temps que les moyens de se libèrer. Toute infraction aux lois était sévèrement réprimée : l'usage de l'or et de l’argent était puni de mort. Il semblerait qu'un tel état de choses dut être pour l’usure un obstacle insurmontable. Cependant, si nous en croyons Plutarque (2), l'usure n’aurait pas été inconnue à Sparte. On peut affirmer, en tout cas, que vers la fin de fa république, quand les Lacédémoniens commencèrent à s’affran: chir du joug des lois de Lycurgue, le prêt à intérêt fut pratiqué ; toutes les vertus qu'avait voulu imposer leur légisteur, disparurent peu à peu; Isocrate et Pobyle leur reprochent une cupidité sans borne.