‹ De l'intérêt conventionnel et de l'usureChapitre 22 sur 116 · Tite-Live, VI · texte numérisé non relu

Tite-Live, VI

ti cence de l'usure, et le peuple arracha de nouvelles concessions aux patriciens. À l’avenir, un des consuls dut : être pris parmi les plébéiens : en outre, on fit un partage des terres et on diminua les dettes. Il fut décidé qu’on imputerait sur le sort principal les intérêts perçus, et que le payement du surplus se ferait sans intérêt, en trois payements annuels. C'était une banqueroute partielle. Les prêts ne présentèrent plus aucune sécurité.

Ce n’est pas en augmentant les risques courus par les prêteurs, qu'on peut diminuer l’usure ; aussi n’est-ce pas sans raison que Montesquieu attribue à la loi Licinienne et

à une loi analogue, la loi Genucia, la généralisation de l’u-

sure qui suivit ces fatales mesures. La loi des Douze Tables ne fut pas observée, et dix ans après la loi Licinienne, les tribuns M. Duilius et L. Mœnius durent proposer un plébiscite, qui remit en vigueur l’unciarium fœnus (1). Cette loi fut votée malgré l'opposition des sénateurs.

54. — Dix ans encore après, en 408, une loi decreta que les dettes s’acquitteraient en quatre paiements égaux, le premier comptant, les trois autres dans l’espace de trois ans. L’usure oncière fut réduite de moitié (semi-unciarium fœnus).

Toutes ces lois ne purent soulager le peuple, et de nouvelles séditions éclatèrent. Trois ans après, une loi proposée par le tribun Genucius abolit tout intérêt. Tite-Live n’est pas absolument sûr du fait (2), mais Tacite ne sem-

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