AE
un prêt de 800 francs, fait par Pierre qui au bout de six mois en touchera 1,000 : c’est un prêt déguisé sous forme de vente. Les jésuites soutenaient la validité de ce contrat, et Pascal dans une de ses plus mordantes satires combattait celte doctrine subtile : « eh bien ! mon père, ce contrat est-il permis? — Escobar, répondit le père, dit au même lieu que les lois le défendent sous des peines très rigoureuses. — Il est donc inutile? — Point du tout, car Escobar, au même endroit, donne des expédients pour le rendre permis. Encore même, dit-il, que celui qui vend et qui achèle, ait pour intention principale le dessein de profiter, pourvu seulement qu’en vendant il n’excède pas le plus haut prix des étoffes de cette sorte, et qu’en rachetant il n'en passe le moindre et qu’on n’en convienne pas auparavant en lermes exprès. … Vous voyez assez par là l'utilité du mobatra (4).
Th. — On dissimulait encore les intérêts de l’argent sous forme d'intérêts moratoires, qui étaient le prix de délais convenus : on avait recours à l’antichrèse, au contrat pignoratif : mais les canonistes étaient devenus très habiles à démêler l’usure sous toutes ses formes. Les juriséonsultes se Joignaient aux canonistes pour poursuivre l’usure. Il A a usure, dit Pothier, toutes les fois qu'il y a « lucrum ex mutuo exacéum. » Il suffit qu’on retire du prêt un profit quelconque : on ne pourrait prêter des tonneaux de vin en fûts vieux, à condition d’obtenir en échange de fûts neufs