L. 12 et 23. C. De usur. IV
M. de Savigny (1) croit trouver la raison de cette différence dans le principe du système formulaire que les condamnalions sont toujours pécuniaires; de sorle que, si dans le prêt d’argent, la condemnatio doit nécessairement reproduire le chiffre de l’intento, dans le prêt des denrées, l’intentio désigne des denrées dont le juge doit évaluer la valeur en argent dans la condemnatio ; de ce pouvoir d’évaluation découlerait la possibilité de tenir compte des intérêts même convenus par simple pacte.
Nous pensons que cette différence s’explique simplement par une fausse notion économique de la valeur de la monnaie; les Romains ne se rendaient pas compte que la valeur de l’argent est variable comme celle de toute marchandise, et que si une même pièce d’or a toujours la même valeur nominale, elle est loin d’avoir toujours la même valeur réelle à loutes les époques. Ils savaient, au contraire, que si ayant prêlé 100 mesures de blé, on en rend 101, il est possible qu'on ne reçoive pas plus, et même qu'on reçoive moins, si l’abondance de la récolte ou toute autre circonstance en à fait baisser le prix.
106.— Le nauticum fœnus, ou trajectitia pecunia, fait exception à la règle qu'une stipulation seule peut faire naître un pacte d'intérêts ; il déroge aussi à la loi limitative du taux de l'intérêt. Ces dérogations aux principes étaient imdispensables. Le nauticum fœnus avait lieu fréquemment entre Romains et étrangers qui, le plus sou-