‹ De l'intérêt conventionnel et de l'usureChapitre 5 sur 116 · SAN ER TT · texte numérisé non relu

SAN ER TT

Di sont pour le bailleur ; mais cet avantage pour le préteur n'est-il pas largement compensé par les risques que lui font courir l’imprudence ou la mauvaise foi de l’emprunteur ? Si, malgré la responsabilité qu’il encourt, l’emprunteur consent à traiter, c’est qu'il regarde ces chances mauvaises comme compensées par l’utilité du prêt.

Enfin, encore aujourd’hui, la légitimité de l'intérêt est niée par l’école socialiste. La gratuité du crédit était la thèse favorite de Proudhon. Selon lui, le salaire de l’ouvrier doit être tel, qu'il puisse racheter avec ce qu’il reçoit, l’intégralité du produit qu'il a travaillé. D'où le nom de mutuellisme donné à ce système : c’est le rêgime de l’échange possible entre le salaire de l’ouvrier et le produit qu'il a fabriqué. Du mutuellisme découle la gratuité du crédit, car l’ouvrier devant prélever tout le bénéfice de la fabrication, aucune part ne reste pour rémunérer le capital.

Ce système n’est du reste qu’une conséquence des théories générales de Proudhon ; s’il veut que tout le produit soit attribué à l’ouvrier, s’il n’admet pas de rémunéralion du capital, c’est que, selon lui, la propriété n’est légitime que dans la mesure des besoins du propriétaire, et que celui-ci, en prêtant son argent prouve qu'il n’en à pas besoin.

Ce sysième ne s’allaque pas seulement à l'intérêt : 1l est la négation même du droit de propriété. La propriété est indépendante du besoin qu’on en à : fruit du travail et de l’épargne, le propriélaire a sur elle un droit absolu et

fl = sans réserve. Est-il admissible, que celui qui a travaillé, qui s’est privé pour épargner, ait sur son capital moins de droits que le premier venu ? Un tel sysième se rèfule de lui-même.

Les doctrines plus récentes des collectivistes méconnaissent aussi à Ja fois la légitimité de l’intérêt et celle de la propriété.

Karl Marx donne du capital une définition très heureuse ; le capital est du travail cristallisé. Mais, selon lui, le capital est inerte, improductif par lai-même,.et louvrier seul, peut par son travail, en dégager la puissance. Toute Puthité est produite par louvrier, tout le produit doit lui appartenir, le capitaliste n’a droit à aucune rémunération.

L'ouvrier, dit-il, prenant au pied de la lettre les théories de l’école anglaise sur la population et le salaire nécessaire, l'ouvrier ne reçoit jamais comme salaire, que juste ce qui est nécessaire à la subsistance : en échange, le capitaliste reçoit toute la puissance productive de louvrier. L'ouvrier produit plus qu’il n’est nécessaire à ses besoins : ce surplus ne lui est pas payé et constitue Ja plus-value que le capitaliste prend tout entière. Les progrès de l’industrie augmentent-ils les bénéfices, Pouvrier continue à recevoir le strict nécessaire, et l'augmentation des bénéfices est tout eutière pour le capitaliste. La plasvalue est origine du capital, origine illégitime, et qui jusfie le retour du capital à l’ouvrier, la confiscation par l'État du capital, des instruments de produclion.

Karl Marx méconnait la part du capital dans la produc-

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