Varron del. 1. V, 183. Tite-Live, II, 23, V
le témoignage de Tite-Live, parlant d’une dépulation envoyée en Grèce pour en rapporter les lois de Solon. Rien n’est moins établi que l’envoi de cette députalion : les auteurs grecs contemporains n’en font pas mention. D’ailleurs, 1l est certain que la loi des XII Tables est loin d’être une servile reproduction des lois de Solon.
On peut ürer un sérieux argument de ce fait, que dès les premiers siècles de Rome, il est question de « versura » : la versura, dit-on, est la conversion forcée et de plein droit du capital et des intérêts en une nouvelle dette productive d'intérêts. Mais celte interprétation est loin d’être universellement admise : d’après Cujas, la versura désigne l'opération par laquelle un débiteur ne pouvant payer : capital et intérêts, va emprunter à intérêts chez un tiers la somme nécessaire pour désintéresser son créancier. Il y a bien encore dans ce système, conversion des intérêts en capital productif d’intérêls, mais en somme c’est un nouveau prêt, c’est une opération différente de l’anatocisme.
127. — Quoiqu'il en soit, vers la fin de la République, l’anatocisme élait permis. Cicéron dit en effet, dans une de ses lettres, qu’arrivant dans son gouvernement de Cilicie il aulorisa dans son édit, à joindre au capital liniérêt échu de l’année, « anatocismus anniversarius (1). » [Il devait en être de même à Rome : nous avons déjà dit que l’édit du prèteur de Rome servait de modèle aux préteurs des provinces.