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profite de la détresse du vendeur pour acheter à vil prix, admet la révision du contrat pour cause de lésion.
L’analogie qu’on veut établir entre ces deux dispositions n'existe pas. L'acheteur qui abuse de la détresse de son vendeur pour acheter à un prix inférieur des 7/12 à sa valeur réelle, commet toujours un acte repréhensible : c’est toujours un contrat entaché d’une sorte de dol, qu’annule la loi. Peut-on en dire autant de l’emprunteur qui exige un intérêt supérieur au taux légal? Tantôt oui, tantôt nob, tout dépend des circonstances. 5 pour 100 peut être un intérêt trop élevé; peut-être un taux de 15 pour 100, 20 pour 100, est-il à peine rémunérateur, à une époque où le capital est rare, et le remboursement mal assuré.
Est-ce à dire que prêter à un taux quelconque soit toujours légitime? Non certes, on ne peut méconnaitre qu’à côlé du droit, il y a l’abus ; que ceux qui exercent ce qu’on a appelé justement la piraterie de l’argent ne sont dignes d'aucune pitié. Nous ne voulons pas à l’exemple de Benthans plaindre les créanciers et réserver pour les débiteurs toute notre sévérité; rechercher sile débiteur n’est pas le complice ou même le promoteur du délit de usure. Il y a des victimes de l’usure, c’est incontestable : qu’on cherche à les soulager, nous y souscrivons volontiers. Mais qu’on cherche à détruire l’abus, sans violer des droits respectables, et qu’on ne maintienne plus une loi toujours impuissante contre les usuriers, efficace seulement contre ceux qui veu-
lent bien la respecter !