Livre 6, titre
que nous appellerons plus tard l'interprétation légale.
En effet, dès l’époque d’Auguste, on peut considérer comme ayant un caractère officiel et pour ainsi dire législatif,les décisions de certains prudents, à qui étaient accordé le jus publice respondendi, décisions qui étaient pour la plupart interprétatives de volonté. Les écrits de certains jurisconsultes (Gaius, Paul, Ulpien, Papinien et Modestin) acquièrent plus tard force obligatoire à la suite d’une constitution de l'an 426. Ce fut bien pis encore, quand Adrien eut presque immobilisé le droit prétorien en donnant force de loi à l'Ædictum perpetuum de Julien. On peut encore regarder comme une atteinte portée au droit d'interprétation du juge, l'attribution progressive des pouvoirs judiciaires’et législatifs aux empereurs ; en effet, dès le début, les rescrits ou réponses faites par l'empereur sur des points spéciaux de droit, à des magistrats ou à des particuliers, enchaînaient dans une certaine mesure linterprétation du juge. Puis, cet obstacle ne fit que grandir lorsque les rescrits perdirent leur caractère de spécialité et cessèrent d’être des constilutiones personales, pour devenir de véritables dispositions législatives enchaînant Pavenir : dès lors, et par suite du très grand nombre de ces rescrits, chaque espèce dut bientôt se trouver réglée par lun d'eux et le travail du juge se borna le plus souvent à découvrir, pour chaque hypothèse, le rescrit applicable. Enfin, Justinien, en composant le Digeste avec les fragments des œuvres classiques, codifia et immobiisa plus que jamais l'interprétation à l’aide de décisions antérieures de quatre ou cinq siècles, auxquelles il donna force de loi. Et on sait que les jurisconsultes, auteurs de
ces fragments, donnaient rarement la formule abstraite
des principes : ils préféraient exposer et résoudre des espèces.