‹ De l'intervention chirurgicale chez les diabétiquesChapitre 12 sur 25 · OBSERVATION XXI · texte numérisé non relu

OBSERVATION XXI

Ablation d'un carcinome du sein chez une diabétique. (Rosenberger. Schmidés Jahrbücher der gesammiten Medicin, 1884).

Il s’agit d’une vieille femme de soixante et un ans, diabétique,

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mais dont la quantité de sucre était maintenue assez basse, grâce au traitement. Cette femme portait au sein un énorme carcinome qui fut enlevé en observant les règles de la plus sévère antisepsie, La plaie guérit très bien par première intention, sans fièvre, et, dix jours après l’opération, la malade était considérée comme complètement guérie, lorsque, subitement, elle fit appeler Rosenberger qui constata une peau chaude, une langue sèche, ét une fièvré intense. Il ne fut pas possible à Rosenberger de trouver la cause de cette fièvre ; du côté de là plaie, il n’y avait ni infiltration, ni . rougeur, ni érysipèle ; la plaie était cicatrisée à l'exception d’un petit coin où était placé le drain et qui présentait des granulations pâles. Dans la suite, la fièvre augmenta, tous les symptômes s'aggravèrent, puis survinrent de la surdité, du délire et du coma et la malade mourut treize jours après l'opération.

L'autopsie malheureusement n’a pas été faite.

Cette dernière observation est particulièrement intéressante, bien que la malade ait succombé 18 jours après l'opération, parce qu’elle nous montre que le diabéte n’a eu aucune influence sur la cicatrisation de la plaie qui a guéri en 10 jours, la mort étant probablement due, dans ce cas, quoique l’autopsie n’ait pas été faite, à une cause tout à fait secondaire et complètement indépendante de Pintervention.

.2 Le pronostic des accidents inflammatoires est évidemment plus grave que celui des plaies chirurgicales non infectées. Il dépend aussi, en partie, de la nature de la lésion inflammatoire. C’est ainsi qu'un furoncle ou un anthrax sont moins à redouter qu’un phlegmon ou une gangrêne. Mais nous pensons que, comme précédemment, ce pronostic est subordonné à l’asepsie et que, dans tous les cas, l'intervention rapide, loin de nuire au malade, lui est, au contraire, de la plus grande utilité.

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Abandonnés à eux-mêmes, ces accidents sont, en effet, le plus souvent mortels. Nous avons vu que leur caractéristique est de s'étendre rapidement en frappant les tissus de mortification et qu’en même temps, les phénomènes généraux qui les accompagnent prennent vite une forme alarmante ; la température s’accroît, les malades maigrissent, se cachectisent, tombent dans le coma et ne tardent pas à succomber avec tous les signes de la septicémie. Telle était la terminaison ordinaire de ces accidents, pen- : dant la période préantiseptique.

La découverte et les progrès de la méthode antiseptique ont singulièrement modifié ce pronostic. IL est de règle, aujourd’hui, qu’un furoncle ou un anthrax diabétique, incisé antiseptiquement, guérisse rapidement, sans com-— plications, et, quant aux fphlegmons et aux gangrènes, nous pensons qu’une intervention rapide et une anti sepsie rigoureuse, telles que les préconise et les pratique M. Poncet, enlèvent au pronostic de ces accidents une partie de sa gravité d'autrefois et permettent, dans la plupart des cas, de sauver ces malades voués à une mort fatale. |

Les exemples qui suivent semblent confirmer cette opinion.

1° Anthrax

O8s. XXII. — M. Léoty., — M. V..., quarante-huit ans. Beaucoup de sucre dans les urines. Anthrax dans le dos. Débridement. Incisions cruciales, Guérison.

OBs. XXIIT. — (Dublin Medical Press). — John Broadbent,

es A)

soixante-six ans. Beaucoup de sucre dans les urines. Anthrax de

la nuque. Incisions. Cataplasmes. Guérison.

Os. XXIV.— (Dublin Médical Press).— John Awin, soixante deux ans ; beaucoup de sucre dans les urines. Anthrax de la nuque. Larges incisions. Cataplasmes. Guérison. .

Os. XX V. — (Cabanellas). — X..., cinquante ans, 40 grammes de sucre par litre. Anthrax du cou et du menton. Incisions. Cautérisation au nitrate acide de mereure. Guérison.

Os. XXVI. — (Philippeaux et Vulpian). — M..., soixantetreize ans, diabétique. Anthrax de la région lombaire. Incisions. Guérison,

2° Phlegmons

Os. XXVII. — (Horteloup). — S.…, soixante et onze ans, 43 grammes de sucre par litre. Phlegmon de la fesse droite. Incisions. Guérison.

Ogs. XXVIII. — (Verneuil). — X..., cinquante-quatre ans, 19 grammes de sucre par litre. Phlegmon de la bourse séreuse olécrânienne. Incisions. Guérison.

O8s. XXIX. — (Verneuil). — B..., soixante -deux ans, 21 grammes pour 100 de sucre. Foyer purulent péri-articulaire, au genou droit. Larges incisions. Guérison.

Ors. XXX. — (Favrot). — B..., cinquante-neuf ans, 70 grammes de sucre par litre. Phlegmon diffus des deux pieds. Deux larges incisions à deux reprises différentes. Guérison.

Ozs. XXXI. — (Demarquay). — X.…., cinquante-huit ans, diabétique. Phlegmon du dos succédant à de nombreux petits furoncles. Incisions profondes. Guérison.

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