‹ De l'intervention chirurgicale chez les diabétiquesChapitre 16 sur 25 · OBSERVATION XXX VII · texte numérisé non relu

OBSERVATION XXX VII

Phlegmon gangreneux du dos du pied et de la jambe gauches chez un diabétique. — Larges incisions, . — Cautérisation au fer rouge. — Guérison.

(Recueillie dans le service de M. le professeur Poncet, — Inédite)

François N.., cinquante-quatre ans, cultivateur, a un état général qui laisse à désirer depuis longtemps. Il se plaint de douleurs rhumatismales, l'hiver. Depuis deux ou trois ans, à la suite de violents chagrins de famille, il a présenté des malaises divers. Il s'aperçoit que, depuis cette époque, il rend chaque jour une quantité considérable d’urines claires, légèrement jaunâtres. Il éprouve en même temps une faim et une soif très vives qui l’obligent à hoire beaucoup. L'examen des urines, pratiqué à ce moment par son médecin, décèle une quantité notable de sucre.

Le malade constate aussi à cette époque que sa vue s’affaiblit des deux côtés, mais particulièrement du côté gauche. Cet affaiblissement augmente de jour en jour, et le 1°" août 1890, le malade ayant complètement perdu la vue de l'œil gauche, se décide à entrer dans le service de M. le professeur Gayet. M. Gayet diagnostiqueune cataracte diabétique de l’œil gauche, et, trois jours après l'entrée du malade à l'Hôtel Dieu, c’est-à-dire le 3 août, il pratique l'extraction de la cataracte.

L'opération faite antiseptiquement est couronnée de succès. La cicatrisation marche rapidement, et, le 15 août, le malade quitte lhôpital complètement guéri, aussi rapidement guéri, raconte-t-il, que d’autres malades non diabétiques, ayant subi la même opération, le même jour que lui, La vue est bonne; le malade distingue les objets rapprochés et compte PRE les doigts qu’on lui présente.

De retour chez lui, François N.., reçoit, au mois de novembre 1890, un coup de pied de cheval sur la face interne du tibia

= 43° ets

gauche, à l'union du tiers inférieur et du tiers moyen. La peau, à ce niveau, est mâchée, contusionnée et éraillée. Il n’y a point de fracture. Quelques jours après, il éprouve des frissons, il a de la fièvre et des accidents phlegmoneux graves se déclarent, Le malade entre alors à l’Hôtel-Dieu, dans le service de M. le professeur Poncet. M. Poncet constate un phlegmon gangreneux s’étendant sur toute la face dorsale du pied et remontant tout autour de la jambe jusqu’au niveau de la plaie produite par le coup de pied de cheval.

Le lendemain 2 décembre 1890, M. Poncet pratique sur la face dorsale du pied et sur la jambe de larges incisions au bistouri, et il cautérise au fer rouge, suivant le procédé qu’il préconise. On fait un pansement antiseptique, après avoir soigneusement lavé la plaie au sublimé.

Le 3 décembre, la température qui, avant l'opération était de 89°,2, tombe dans la matinée à 38°,3. On soumet le malade à des bains antiseptiques composés d’eau bouillie additionnée d’une solution de sublimé à 1/1000. Le soir, la température rectale n’est

plus que de 37°,7,

Le 4 et jours suivants, les bains sont continués jusqu’à ce que la plaie soit complètement débarrassée des produits sphacélés. La température devient normale : 37°,5, et, le 27 décembre, la cicatrisation est complète, le malade quitte lhôpital entièrement

h guéri,

Gangrènes

OBsERvATION XXX VIII

Observation de Musset de Sainte-Terre (Gironde) (1852).

Malade de cinquante-huit ans, haute taille, jadis robuste, ayant eu pour toute maladie une sciatique fort douloureuse du côté droit, qui, pendant vingt ans, le fit souffrir à diverses reprises.

Cet homme présente, en 1850, du sphacèle du deuxième orteil; la phalangette se mortifie en un mois. Musset père fait l’amputation

Page 1