OBSERVATION XXXIX
Gangrène des deux pieds chez un sujet diabétique et paludéen. — Amputation. — Guérison.
(Demler, Revue de chirurgie, 1883)
. Un homme de cinquante et un ans est pris d’un accès paludéen pernicieux, à forme délirante, pour lequel il est reçu à l'hôpital. L'examen de ses urines n’y fait pas trouver de sucre.
Quatre mois après, il y revint avec une gangrène des deux pieds et une glycosurie notable. L'amputation est pratiquée d’un: côté et suivie d’une amélioration de l’état général et d’une diminution importante dans la quantité de sucre rendu,
Ce résultat encourage le chirurgien à amputer l’autre pied; le sucre disparait rapidement après cette deuxième opération et le malade guérit.
On peut objecter dans ce cas, comme le fait M. Demler, que la glycosurie est consécutive à la gangrène, ce que confirmerait sa disparition rapide après l'opération, et que, par suite, les indications opératoires sont modifiées. Mais, d'autre part, M. Chauvel fait remarquer qu’on ne peut affirmer que la glycosurie n’ait pas précédé la gangrène. Dans tous les cas, cette observation est importante à cause de la disparition du sucre après l’amputation. Ce fait montre qu’il ne faut jamais désespérer en pratique, et que, même dans les plus mauvaises conditions, le traumatisme n’est pas toujours fatal chez les diathésiques.