‹ De l'intervention chirurgicale chez les diabétiquesChapitre 23 sur 25 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Traitement

Les lésions inflammatoires et gangrèneuses chez les diabétiques sont justiciables du même traitement chirurgical que chez les sujets sains, chez lesquels l’urine ne renferme aucune quantité de sucre. L'intervention, chez ces malades, doit être, d’après M. Poncet, très rapide, car il s’agit d'accidents dont la marche et la gravité sont d'autant plus à redouter que lon est en présence des malades chez lesquels les tissus ont, de par le diabète, une vitalité douteuse, tout au moins, comme on le sait depuis longtemps, une tendance très marquée aux inflammations diffuses et au sphacèle. Nous avons vu, en effet, que le glycosurique était un terrain des plus favorable au développement des germes septiques.

Le traitement doit donc être envisagé à un double point de vue, nous voulons direpar là, qu’il doit être essentiellement prophylactique, lorsque la chose sera possible, et qu'il doit être des plus énergiques, le plus souvent igne et ferro, lorsque des accidents infectieux se sont produits.

Le traitement prophylactique consistera, et nous n’avons pas à nous étendre longuement sur ce sujet, dans des soins rigoureusement antiseptiques, de la plus petite excoriation, de la moindre écorchure, etc., toutes portes d'entrées par lesquelles les germes peuvent si facilement pénétrer. Ne voyons-nous pas, d’après nos observations, que des phlegmons gangrèneux du pied, que des gangrènes humides de tout le membre inférieur, sont survenus à la suite d’ulcérations plantaires peu étendues, le plus souvent indolentes, véritables maux plantaires perforants qui avaient été ensemencés par des instruments sales, par des pièces de pansement non aseptiques ? On recommandera également une immobilisation complète de la partie malade, et cela, jusqu’à complète guérison. Dans les cas de durillons enflammés, d’ulcérations plantaires, la station debout, la marche devront être formellement interdites. Il faut, à tout prix, maintenir la plaie aseptique, et, si des germes, jusqu'alors non nocifs, existent à sa surface, ne pas favoriser par des mouvements, par des contusions répétées de la région malade, leur pénétration dans les tissus voisins. Nous avons souvent entendu M. Poncet développer cette idée, que la plupart des phlegmons, des lymphangites, des érysipèles, etc.,reconnaissent, dans une large mesure, pour cause les irritations répétées d’une plaie insignifiante, par frottement tel que peuvent le produire les mouvements. Ce fait est si vrai, que plus souvent, ces complications de plaies, au début sans gravité, s’observent à peu près exclusivement dans la clientèle hospitalière. Ce sont des manouvriers, des hommes de peine, qui sont atteints et, alors que porteurs d’une plaie sans aucune gravité apparente, ils ont continué

à travailler, rendant ainsi des plus faciles l'infection et la diffusion des accidents infectieux.

Se trouve-t-on en présence de complications inflamma toires, phlegmons, gangrènes ? L'intervention doit, nous l'avons dit, être des plus hâtives. S’il s’agit d’un phlegmon avec tendance plus ou moins grande au sphacèle, il faut recourir à un traitement des plus énergiques. On ne saurait attendre que les accidents inflammatoires soient limités. Pour M. Poncet, il faut agir d'autant plus vite que l’on ne peut compter sur cette délimitation spontanée. et que le propre de ces lésions est précisément de s’étendre et de diffuser au loin.

Différents cas sont à envisager, pour lesquels les indi : cations ne sont pas toujours les mêmes.

À. L’inflammation de nature phlegmoneuse avec menace de sphacèle est survenue sur une plaie plus où moins étendue, déjà existante, et ellereconnaît pour cause lPinfection, à un moment donné, de cette plaie. En pareil cas, deux indications doivent être remplies le plus rapidement possible.

1° Permettre l'issue facile des liquides infectieux, des produits septiques retenus au milieu des tissus.

2° S’efforcer d’enrayer, de limiter les phénomènes 1inflammatoires. ï

On remplira la première indication par de larges incisions, des débridements étendus qui permettront l’écoulement du pus et des liquides infectieux. Ges incisions doivent être faites, comme le conseille M. Poncet, larga manu. « On nesaurait, dit-il, dans la plupart des cas de ce genre, ouvrir une porte assez grande à un ennemi

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