‹ De l'intervention chirurgicale dans l'hystérieChapitre 5 sur 14 · HOT · texte numérisé non relu

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tent souvent une zone hystérogène correspondant exacte ment comme situation topographique à la zone ovarienne de la femme, et que Charcot a désignée sous le nom de « point pseudo-ovarien des hystériques mâles ».

On pourrait peut-être conclure de ces faits que la douleur spontanée ou provoquée, localisée à la région de la fosse iliaque chez la femme, n’est pas due à Povaire, puisque chez quelques-uns l’hyperesthésie siège dans la peau, et que chez l’homme l'ovaire n'existe pas à la place où se manifeste la douleur. Mais il n’en est rien, et Charcot a démontré, pour ainsi dire pièces en main, que la douleur de la fosse iliaque chez la femme était bien réellement due à l'hyperesthésie ovarienne. « Une des grandes hystériques de la Salpétrière, chez qui l’ovaire existait antérieurement, devint enceinte. Or, à parür du début de la grossesse, on put voir la zone hystérogène remonter dans le ventre et changer de place, à mesure que l'ovaire, entraîné lui-même en haut par le développement graduel de l'utérus, remontait également. On put suivre ainsi le déplacement et l'ascension graduelle de la zone ovarienne, parallèlement au déplacement et à l'ascension de l'ovaire. Après l'évacuation du fœtus, Povaire reprit sa place et la zone hyperesthésique aussi. »

L'ovaire doit donc être mis réellement en cause dans l’ovarie, c'est certain.

Une autre preuve des rapports de l’hystérie et de l'ovaire est la corrélation qui existe entre la névrose et les fonctions ovariennes. On sait, en effet, combien est fréquente l'apparition de l'hystérie au moment de Pétablissement de la menstruation; on connait l'influence qu'exercent les troubles de celle-ci sur le développement des accidents hystériques.

L'action de la ménopause est également évidente, ame-

nant chez les unes la cessation des crises, chez les autres, au contraire, leur apparition.

«€ L'importance étiologique de la menstruation et de ses dérangements, dit Bernutz, est tellement évidente que les observateurs qui, depuis Charles Lepois, ont le plus combattu la théorie galéno-hippocratique, à laquelle ce fait a servi de fondement, ont, comme ceux qui ont accepté cette théorie, insisté sur ce point. Ils ont fait ressortir la fréquence non seulement des attaques hystériques à l’époque menstruelle, qui est, on peut le dire, le moment d'élection, mais celle des cas dans lesquels la névrose succède si directement à une suppression brusque des règles, qu'on est obligé de reconnaître qu'il existe dans ces faits une relation de cause à effet ; enfin, la fréquence des cas dans lesquels on observe une coïncidence si marquée entre les troubles menstruels et le développement de lhystérie, qu'on ne peut se refuser à admettre une intime corrélation entre les deux phénomènes pathologïques. Les circonstances très diverses dans lesquelles nous venons de voir l'hystérie succéder à des troubles variés de la menstruation, et dans lesquelles ces troubles ont été considérés comme la cause tantôt prédisposante, tantôt déterminante de la névrose, par les observateurs qui étaient les plus intéressés, par l'opinion qu'ils défendaient, à dénier cette action, conduisent à attribuer une influence procréatrice très considérable à la menstruation et surtout à ses perturbations. »

À côté des troubles qui sont sous la dépendance de l’état physiologique de l'appareil génital, on doit placer ceux qui relèvent des maladies de cet appareil. « On a souvent remarqué, en effet, dit M. Grasset, une coïncidence évidente des maladies de la sphère génitale et du développement de la névrose ; on a noté chez des hysté-

pres

riques des lésions de l'utérus, du col et des ovaires dont on ne pouvait nier le rôle important dans la production des attaques, puisque bien des fois, en traitant et en guérissant l’altération génitale, on a fait disparaître les accrdents névrosiques. Les malformations de lutérus, les métrites, les fibromes, les affections kystiques de lovaire sont de vrais agents provocateurs de l'hystérie.» Quantau mécanisme suivant lequel ils agissent, il est diversement interprété suivant les auteurs. Pour Guinon, l'affection génitale agit ici comme toute affection chronique, comme le diabète, le paludisme, la syphilis, par dénutrition générale, et, de plus, son rôle d'agent provocateur de la névrose est encore augmenté par ce fait qu'il s’agit d’une maladie des organes génitaux, avec lesquelles celle-ci affecte des rapports sinon aussi étroits que le prétendaient les anciens, qui ont créé le terme d’hystérie, du moins très réels et très particuliers.

Pour d’autres, il s'agirait de troubles nerveux réflexes, et selon Holst, dans les cas d’hystérie provoquée par une affection génitale, c'est à la faveur de ces troubles réflexes, dus primitivement à l'irritation locale de certains départements nerveux de la sphère génitale, que l'hystérie se constituerait. Tel nous semble, en effet, son mode de production, étant donné que les accidents surviennent le plus souvent non pas à la suite d’une affection grave et anémiante de l'utérus ou de ses annexes, mais bien plutôt à l'occasion d’une lésion souvent bénigne, mais douloureuse.

Enfin, à l'appareil génital de la femme, on doit rattacher une cause occasionnelle de l'hystérie résidant dans une modilication de ces organes, la grossesse, qui est également regardée par un bon nombre de médecins comme un puissant modificaleur de l'hystérie déja exis-

LE ARS lante. C'est en se fondant sur ce fait que Bernutz, par exemple, permet souvent et conseille quelquefois le marlage à des femmes hystériques. Mais si la grossesse amène dans certains cas une sédation notable des manifestations de la névrose, elle peut aussi quelquefois devenir un agent provocateur de l'hystérie.

Ilexiste donc, entre celle-ci et l'appareil génital de la femme, des rapports certains de cause à effet, bien mis en évidence par les modifications physiologiques ou pathologiques de cet appareil.

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