‹ De l'intervention chirurgicale dans la péritonite tuberculeuse: étude critique et statistiqueChapitre 29 sur 54 · OBSERVATION LIV · texte numérisé non relu

OBSERVATION LIV

PEPPER. The Lancet, 1888. Traduction inédite de LACAZE.

Emilie L..…. entre le 15 avril 1888. Quatre ans auparavant, tuberculose de l'articulation sterno-claviculaire gauche. Arthrectomie, guérison. Deux ans après, récidive, fistule persistante dont l'écoulement a augmenté dans les quatre derniers mois. ;

À son entrée, la tuméfaction s'est étendue et atteint la partie moyenne du manubrium, mais iln'y a ni rougeur, ni fluctuation. La malade est pâle et a une grosseur dans la fosse iliaque dont l'apparition remonte à 15 jours environ. Cette grosseur avait débuté avec des phénomènes douloureux et de la fièvre. Elle est demi-fluctuante, occupe la cavité pelvienne, mais n atteint pas le ligament de Poupart. Elle est légèrement mobile, mais le toucher vaginal établit ses connexions avec la trompe. À gauche petite tumeur affectant les mêmes caractères. Rien au poumon. Après une ponction exploratrice qui donne issue à une petite quantité de pus très épais, le diagnostic de pyo-salpingite tuberculeuse est posé.

Le 2? mai, laparotomie. Le bord inférieur du grand épiploon est adhérent au péritoine pariétal : en le séparant on découvre les deux tumeurs, l’une grosse comme un œuf d’autruche, l'autre comme un œuf d'oie. Elles sont successivement enle-

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vées et le péritoine soigneusement lavé avec une solution de sublimé (un gramme pour trois mille) : suture ; pas de drainage. |

Guérison rapide : réunion par première intention, sans fièvre. État général très amélioré le 19 juillet suivant.

OBsERvATIONS LV et LVI

Mayo Rogson. 7he Lancet, 1888. Traduction inédite de LACAZE.

I. — E. L.., âgée de 16 ans, entre à l'infirmerie le 2 février 1888 avec une salpingite tuberculeuse et une péritonite aiguë. Malade depuis deux mois, ses forces avaient considérablement diminué : elle avait maigri et toussait péniblement.

Le 27 décembre, après une constipation de trois jours, elle ressentit une forte douleur abdominale, et les vomissements s’établirent bientôt. Le 27 janvier on trouvait l'abdomen fortement distendu et fluctuant dans sa partie inférieure. Ponction qui donne issue à quatre pintes d’un liquide gris jaunâtre fortement albumineux et alcalin et contenant des cellules granuleuses. Elle n’était pas réglée depuis le mois de décembre.

À son entrée, elle est très malade : son faciès est très altéré. P. 144, dur et filant. Le poumon est rempli de râles muqueux et les sommets sont d'une sonorité douteuse. L’abdomen est très distendu, mais nulle part de matité. Fluctuation cependant très nette d’un côté à l’autre, comme si les intestins flottaient librement dans le liquide. Urines normales. Après une consultation entre les médecins de l’hôpital, le dénouement fatal étant reconnu inévitable si l’on n’intervenait pas, on décida l’opération.

Le 4 février on pratique la laparotomie. Le péritoine est trouvé très épaissi et très adhérent à toute la masse intestinale. Les adhérences rompues, il s'écoule une assez grande quantité d'un liquide jaunâtre. A droite on trouve profondément une masse molle friable et irrégulière qui fut reconnue être la trompe distendue et fixée par des adhérences, et qu’on enleva.

RER, Noé

Les ahses intestinales étaient fortement agglutinées. Lavage antiseptique, drainage ; pansement. Les parties enlevées étaient parsemées de granulations miliaires.

La malade se remit très lentement. L'écoulement se faisait régulièrement par le drain et si abondamment que l’on dut pendant les premiers temps renouveler le pansement plusieurs fois dans la journée. Le tube de Bankock est remplacé par un tube de caoutchouc qu’on raccourcit à mesure que la plaie se ferme. Néanmoins la toux persistait, les symptômes thoraciques avaient une marche nettement progressive, de sorte que l'amélioration du côté de l'abdomen qui était très grande, parut sans influence sur l’état du poumon. La température qui avant l'opération était constamment élevée redevint normale le matin après l'intervention. Mort un mois après.

A l'autopsie, les plèvres sont couvertes de granulations miliaires, surtout à la base gauche, au niveau de laquelle le poumon et le diaphragme étaient fortement adhérents. Le diaphragme présentait des lésions tuberculeuses avancées. Les deux poumons étaient totalement infiltrés de granulations tuberculeuses. Le péritoine, très épaissi, présentait, lui aussi, les lésions spécifiques. Les anses intestinales étaient agglutinées.

II. — A.S.,31 ans, entre à l'hôpital, au mois d'avril 1884, en proie à des douleurs pelviennes, remontant à quelques mois. L'état général est très mauvais : il y à des sueurs nocturnes. À l'examen, on trouve dans la cavité abdominale, à gauche, une tumeur pelvienne qui est diagnostiquée : pyo-salpingite gauche.

Laparotomie, le 24 mai : les anses intestinales sont fortement - agglutinées ; l’épiploon fortement adhérent à la paroi. Le péritoine est criblé de granulations miliaires ; la tumeur ne peut être enlevée à cause de son adhérence avec les masses intestinales. Lavage et suture.

Amélioration rapide, bien que l'abcès pelvien n'ait pas été évacué. Douze jours après, on fait dans le cul-de-sac latéral gauche une ponction exploratrice qui donne issue à trois onces

d'un liquide fétide. La malade se rétahiit très vite, et put bientôt reprendre ses occupations domestiques.

Quelques mois après, sa santé n’était pas très forte, mais on ne put avoir d’autres nouvelles.

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