OBSERVATION LXX
Inédite. Due à l’obligeance de M. le professeur DEMONS, recueillie et rédigée par BRAQUEHAYE, interne des hôpitaux,
Henriette P.., 17 ans, tailleuse, entre à l'hôpital St-André le 6 mai 1889 pour une tumeur abdominale.
Pas d'antécédents héréditaires. Elle a toujours éte souffreteuse, a eu mal aux yeux dans son enfance. Réglée pour la première fois à 14 ans 1/2, élle l'a toujours été depuis très régulièrement. Les règles n’ont jamais été douloureuses : pas de sueurs nocturnes, ni de fièvre le soir.
Il y a quatre mois, c’est-à-dire vers la fin du mois de janvier 1889, elle ressentit sans cause appréciable des coliques assez vives qui l’obligèrent à différentes reprises à interrompre son travail. Elle n’y attacha pas tout d’abord beaucoup d'importance : néanmoins comme ses douleurs augmentaient, elle se décida à aller, le 23 avril dernier, consulter un médecin. Celui-ci découvrit la présence d’une tumeur dure dans son abdomen, et l’engagea vivement à entrer à l'hôpital. Vers cette même époque, ellé fut prise de vomissements alimentaires, auxquels elle est encore maintenant en proie.
Elle entre à l'hôpital le 6 mai, et elle est placée dans le ser-
vice de M. le professeur Demons.
A l'examen on sent au niveau de la région hypogastrique, une tumeur grande comme la paume de la main, située au-dessous de la paroi, mobile, et étendue en plaque. Inférieurement elle ne dépasse pas la ligne pubienne. Elle empiète un peu surle flanc droit principalement en haut : à gauche on lui distingue un prolongement large de deux travers de doigts. Ce prolongement très arqué, à convexité supérieure, semble se diriger vers l'épine iliaque antéro-supérieure. Au-dessous de l'ombilis et un peu à droite de laligne médiane, on sent une autre plaque ayant les mêmes caractères. Enfin dans l'hypochondre droit on sent une autre tumeur, difficile à délimiter. A la percussion ces